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UN GUIDE MÉCHANT [ET PARFOIS MOCHE] DE PARIS
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Surrenchère des slogans et des petites phrases assassines, la campagne présidentielle occupe le terrain de la rumeur et gagne chaque jour en indigence politique. De combats politiques ? Point. Un œil sur les sondages des côtes de popularité, l’autre sur les chiffres scoops et les réparties préparées par leurs professionnel-les de la com, les candidat-es à la course au pouvoir sont en attente de l’assaut final. Le décompte est lancé pour trois mois de matraquage de mensonges, de promesses décoratives et de coups bas à l’adversaire. Le fond ? La paupérisation de la population ? Pas question d’en parler ou bien, si cela est évoqué, on botte rapidement en touche pour revenir à la vacuité habituelle. C’est ça une campagne présidentielle : une supercherie démocratique et un cirque convenu que nous finançons évidemment.
SEPTEMBRE 2011
http://www.divergences.be/
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« Un autre capitalisme est possible », titre en couverture une revue de gauche. Ce ne serait donc pas le système qui serait source d’inégalités sociales et de misère, mais la dérive de quelques-un-es des nanti-es ? Conclusion : inutile de réfléchir à un autre monde ou à un autre système, il suffit de quelques réformes pour sauver les apparences et voilà le système « incontournable » relooké pour un autre tour !
SEPTEMBRE 2011
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La contestation s’amplifie, les révoltes s’expriment, mais les murs s’érigent aussi qui transforment des régions en nouveaux ghettos, celui des riches et celui des pauvres. Des ponts contre la domination, pas des murs !
JUIN 2011
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Vous avez dit égalité pour toutes et tous ? Oui, mais tout de suite ! Et « que les hommes et les femmes soient belles ! »
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Quand le capitalisme se met au vert
Fukushima. Le nucléocrate et le catastrophiste
Les fous gouvernent nos affaires
INTERNATIONAL
Brésil-France, même combat ?
Contestations populaires au Burkina Faso
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Quand le cinéma « descend dans la rue »
Santiago 73. Post mortem. Film de Pablo Larrain
¡ Viva Mexico ! Film documentaire de Nicolas Défossé
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Podcastez les émissions pendant une semaine :
Juliano Mer Khamis, comédien, réalisateur, militant israélien-palestinien et fondateur du Freedom Theatre de Jenine (Cisjordanie) a été assassiné le lundi 4 avril 2011, devant l’entrée de son théâtre.
Pour aider le Freedom Theatre :
chèque à l’ordre d’ATL Jénine, Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine, boite aux lettres 84, 15 passage Ramey, 75018 Paris
site du Freedom Theatre (paiement sécurisé) : www.thefreedomtheatre.org
Contact e-mail des Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine : theatrejenine@yahoo.fr
Pétition :
http://www.solidaritefreedomtheatrejenine.com/spip.php ?article1
Malgré la loi d’amnistie générale du 20 février 2011, Yassine Ferchichi, ressortissant tunisien expulsé par les autorités françaises à Dakar depuis le 24 décembre 2009, est toujours en attente de régularisation dans cette ville, sans papiers d’identité, sans travail et sans droits sociaux.
http://divergences.be//spip.php ?article21121lang=fr
http://www.youtube.com/watch ?v=YwEhKu3T51Q&feature=youtube_gdata_player
Film documentaire de Ossian Gani et Fabien Trémeau
(DVD – 16:9 - PAL - 55’ 19" - Son mono - Editions Delga).
Intervenants : Jean-Pierre Garnier, Jean-Pierre Levaray, Aymeric Monville, Dominique Pagani. Voix off : Michel Favory.
http://www.youtube.com/watch ?v=s8y7TinwP0Y
http://www.youtube.com/watch ?v=ohFVP_m76iI&feature=related.
Le capitalisme n’est pas qu’un système économique, il intègre pour s’accomplir un ensemble de changements sur le comportement de l’individu et de la société. Cette totalisation du système capitaliste par le biais de la culture et de l’idéologie a été au cœur de la réflexion du philosophe Michel Clouscard. Tout est permis, mais rien n’est possible met en question le système idéologique qui sous-tend le néocapitalisme à travers des images d’archives et des interventions de philosophes, d’économistes et d’ouvriers se réclamant ou non de la pensée de Michel Clouscard, afin de déboucher sur une plus juste compréhension du monde contemporain.
La crise financière de 2008 n’a fondamentalement pas remis en cause la conception et la pratique de l’économie : la solution avancée n’est que l’éternelle recette mise en place dès 1929, la moralisation et la régulation du capitalisme. Le problème de l’existence d’une pensée alternative à la société néolibérale se pose : les dogmes libéraux apparaissant comme parole d’évangile et le capitalisme comme la fin de l’Histoire.
Or derrière tout dogme, il y a une idéologie. Et, l’idéologie actuelle n’est pas uniquement économique, elle est également culturelle. La logique libérale-libertaire, concept théorisé pour la première fois par Michel Clouscard en 1972, conjugue libéralisme économique et libertarisme sociétal, tous deux fonctionnant en étroit rapport, tous deux représentant la même face d’une pièce. Tout est permis, mais rien n’est possible propose, à partir des principaux concepts de Michel Clouscard, de décrire les processus qui ont mené à l’émergence de ce système, d’en décrypter les enjeux idéologiques et d’aborder les conséquences sociales, culturelles et économiques. Nous reviendrons ainsi sur l’émergence historique du néolibéralisme ; sur le consumérisme, les rites de consommation, le rôle et la place des « marchés de la séduction » dans l’économie ; et sur la disparition de la figure du travailleur de la scène médiatique.
Avec Ossian Gani et Fabien Trémeau, Jean-Pierre Garnier…
Film de Jean Henri Meunier
À Najac, on vit libre, on bricole et on transforme tout ! Le voisin répare la voiture du voisin, le retraité fait office de psychologue,le chef de gare déguste un Paris-Brest, la pêche devient un exercice de haute voltige et un clown surgit là où on attendait un train.
Nous sommes en 2001 et, à l’autre bout du monde, deux avions percutent deux tours. À Najac, on s’indigne et on compatit, puis l’existence reprend son cours à coup de gestes simples et d’élans solidaires. L’amitié s’y dresse en rempart contre la solitude et le café fumant a un sacré goût de réconfort. Octobre 2008, l’hiver frappe à la porte du petit village de l’Aveyron et M. Sauzeau, mécanicien génial au coeur bien huilé, disparaît… Alors le rêve d’une vie se disperse, pour engendrer d’autres vies, d’autres rêves.
http://www.youtube.com/watch ?v=aEC5GcPdH1I
Y’A PIRE AILLEURS
Libre Suite Désordonnée de
La Vie Comme Elle Va & Ici Najac, à vous la Terre
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’ENVIRONNEMENT - CINÉMA DES CINÉASTES - 75 017 PARIS
le vendredi 10 février - 19h
entrée libre
http://www.iledefrance.fr/festival-film-environnement/programmation-2012/ya-pire-ailleurs/
Denis Langlois (éditions de l’aube)
Un avocat français, militant révolutionnaire déçu, est chargé d’une étrange mission au Liban. Il s’agit de retrouver la trace d’un nommé Elias Kassem qui a disparu au cours de la Guerre du Liban lors des affrontements entre Druzes et Chrétiens.
Le silence, la gêne de ses interlocuteurs, les obstacles rencontrés, lui font vite comprendre que cette disparition – ce « déplacement » – est beaucoup plus mystérieuse qu’il n’y paraît.
D’un monastère au-dessus de la baie de Jounieh jusqu’aux montagnes du Chouf, en passant par un Beyrouth en reconstruction, il découvrira la réalité de la guerre, ses atrocités et la difficulté pour les différentes communautés à revivre ensemble après s’être massacré entre voisins.
Récit contre la guerre porté par une belle écriture, ce livre est aussi une quête initiatique. Comment ne pas être un déplacé dans une société tragique où l’être humain a si peu d’importance ?
Ce recueil de 12 nouvelles met en scène des hommes et des femmes écrasés par ce qui les entoure et ce qu’ils ont vécu. Certains ont la force de se rebeller, d’autres s’enfoncent dans la solitude. Exclus par ceux qui décident, tous sont devenus des déracinés ne sachant plus communiquer.
Jean-Pierre Levaray (Chant d’orties)
Annabelle est une petite fille de 10 ans. C’est elle la narratrice du roman. Elle se pose beaucoup de questions sur le travail à l’usine de son père. D’autant plus qu’il en parle très peu. Cette usine, elle la voit de la fenêtre de sa chambre. Elle lui semble gigantesque, comme une armada de navires. Attirante et repoussante à la fois. Attirante la nuit par toutes ses couleurs qui la font rêver. Repoussante à cause de ses odeurs désagréables. Dangereuse aussi à cause des accidents. Quand elle entend la sirène, elle s’inquiète pour son père qui n’est pas encore revenu. Elle écoute en cachette les conversations entre son père et sa mère. C’est comme cela qu’elle apprend que l’usine va fermer. Bientôt le chômage. Avec ses collègues, son père occupe l’usine, c’est la grève. Il y a des manifestations. Annabelle se demande ce que sa famille va devenir.
Ce premier roman jeunesse de Levaray est une réussite. Il permet aux jeunes lecteurs de comprendre ce qu’est une usine SEVESO (comme celle d’AZF à Toulouse), le travail qu’on y fait, l’évolution actuelle des ouvriers et de l’industrie en suivant les pas d’Annabelle.
Illustrations de David Rebaud.
Avec Thierry Périssé et Nicolas Mourer.
Et
RFI riposte
Radio France Internationale est en péril. Menacée, jusque dans son existence, par la fusion juridique et rédactionnelle avec la télévision France 24, voulue par le président de la République française et menée à marche forcée par les responsables actuels de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF).
Rapprocher des outils publics d’information internationale semble, de prime abord, logique. Mais fusionner une radio multilingue, expérimentée, avec une télévision, trilingue, née il y a 5 ans, ne l’est assurément pas. Ni dans l’organisation technique, ni dans les pratiques professionnelles. On se souvient que France 24 n’a pas été conçue au sein de l’audiovisuel public extérieur de la France, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne pour BBC TV, mais qu’elle est la résultante d’une étrange alchimie, qui a d’abord mêlé des intérêts privés (groupe TF1) et publics (France Télévision), avant d’être abritée par la holding de l’AEF, un montage juridique auquel TV5 Monde a dû résister pour conserver sa spécificité de chaîne francophone.
La référence à la BBC, si souvent brandie par le Pdg de l’AEF, Alain de Pouzilhac, n’est donc pas pertinente. Pas plus que le ‘modèle’ tout aussi fréquemment avancé des chaînes de télévision américaine, CNN ou qatarienne, Al Jazeera. Ni l’une ni l’autre n’a éprouvé la nécessité de créer, en son sein, une radio. Plus inquiétant : cette fusion exige le départ de près de 130 salariés supplémentaires, après 206 suppressions de postes, imposées en 2009. Ces licenciements sont évidemment en totale contradiction avec les promesses de « développement » faites par M. de Pouzilhac. Ces coupes sombres fragilisent la richesse de RFI, média d’information et de magazines, en français et dans plus de dix autres langues. Elles mettent en péril sa capacité à demeurer une radio qui nous informe du monde des autres et qui leur dit aussi qui nous sommes.
Quelle est alors la raison d’être de ce projet, en dehors de tout cadre éclairant sur le rôle futur de RFI : ni cahier des charges finalisé, ni objectifs et moyens précisés, ni projet éditorial formulé, à ce jour ? S’agit-il de ponctionner des moyens humains, techniques et financiers, légitimement affectés à la 3ème radio mondiale, pour perfuser une télévision sous-dotée depuis sa création ? Nous le redoutons, comme l’écrasante majorité de celles et ceux qui font quotidiennement RFI et qui s’opposent résolument à une direction pressée de rendre cette fusion irréversible.
C’est pourquoi nous prenons position :
contre cette fusion RFI-France 24
pour le maintien de RFI, dans sa dimension multilingue, multiculturelle, en tant que radio internationale publique de la France.
http://rfiriposte.wordpress.com/
Film de Valérie Gaudissart
Violette sait qu’elle va partir et, une nuit, Violette partira. Hors de sa maison, elle marchera sur les pas de Rosa. Rosa, sa Rosa, Rosa Luxemburg, celle, dont du haut de ses onze ans à peine, elle se sent l’héritière, la mémoire. Dans l’énergie de cette révolutionnaire, elle se reconnaît, et elle se sent portée, transportée par l’utopie et la force de ses lettres de prison, écrites en 1917 !
Avec la réalisatrice, Valérie Gaudissart
Qu’est-ce que la dette publique ? D’où vient l’inflation ? Le profit est-il source de progrès ? Le chômage est-il un mal nécessaire ? L’État nuit-il à l’investissement ? Mystérieuse et confuse, l’économie est trop souvent mise hors de la portée du citoyen ordinaire, qui n’en paie pas moins les frais de ses crises. Seuls les experts semblent autorisés à répondre à des questions dont dépend pourtant l’avenir de tous.
Le Petit cours d’autodéfense en économie de Jim Stanford arrive à point nommé pour rompre ce déséquilibre.
Dans un article intitulé « Looking Back on the Spanish War » (Réflexions sur la guerre d’Espagne), rédigé en 1942, George Orwell, qui a participé à la guerre civile espagnole en tant que combattant, a écrit ces quelques phrases qui annoncent presque mot pour mot le monde fictif qu’il a décrit dans son célèbre roman, 1984, publié en 1949.
Beaucoup de gens connaissent 1984 pour avoir lu le roman ou vu le film qui en a été fait. Peu savent que son inspiration première est la participation d’Orwell à la guerre civile espagnole et la terreur stalinienne qu’il y a découverte.
Il semble évident de nos jours que l’hégémonie étatsunienne ne compte pas s’affirmer par la construction d’un empire colonial. Pourtant, la puissance militaire des États-Unis est la plus importante et la plus redoutable que le monde ait jamais connue. Comment expliquer ce paradoxe ?
En rappelant l’histoire des grands empires (britannique, chinois, espagnol, etc.), qui furent à la fois des empires territoriaux et commerciaux, Ellen Meiksins Wood montre la nature singulière de l’impérialisme étatsunien qui, lui, ne repose pas sur les conquêtes territoriales. Son projet, rendu possible par le capitalisme, est celui d’une domination économique mondialisée, administrée localement par des États souverains, mais protégée par la puissance militaire des États-Unis.
L’empire du capital, explique la politologue, débouche ainsi sur ce paradoxe : tout indifférent qu’il soit à la conquête du monde, il a mis en place la monstrueuse machinerie militaire américaine, dont l’existence est d’autant plus troublante qu’elle est sans objet déterminé.
Ellen Meiksins Wood est aussi l’auteure de L’origine du capitalisme (Lux Éditeur).
Les femmes sont absentes de l’histoire officielle de l’Amérique — ne le dit-on pas assez ? Les Amérindiennes certainement, mais aussi toutes les autres, sans distinction culturelle : Inuites, Canadiennes, Anglaises, Noires, Françaises et Métisses. Plusieurs d’entre elles sont des êtres d’exception dont le contact avec ce vaste continent a révélé l’intelligence et le caractère. Elles ont fait l’Amérique rétablit la mémoire de quinze de ces « remarquables oubliées », héroïnes aux exploits invisibles, résistantes, pionnières, aventurières, diplomates, scientifiques, exploratrices ou artistes...
Trois personnages emblématiques caractérisent la guerre contre le terrorisme : le « dangereux » musulman, la musulmane « en péril » et l’Européen « civilisé ». Le présent ouvrage étudie la manière dont ces trois figures sont utilisées pour créer une véritable fable, celle d’une grande famille de nations occidentales qui s’estiment contraintes d’employer la force, tant militaire que politique et juridique, pour se protéger contre la « menace » des populations du tiers-monde. Sherene Razack montre qu’on entretient délibérément cette fable pour justifier l’expulsion des Musulmans de l’espace politique, en les stigmatisant d’abord, puis en les plaçant sous surveillance, en les emprisonnant, en les torturant, ou en larguant des bombes sur leurs pays.
Et bien d’autres livres.
Présentation par Alexandre.
Dans un contexte d’emballement de lois racistes, de violences policières et de banalité de la barbarie, il est plus que jamais nécessaire de rappeler les liens entre l’histoire et l’actualité, entre la violence d’État, le racisme et le néocolonialisme.
samedi 17 mars : mobilisation nationale
Contre le racisme et les idéologies d’exclusion !
Pour en finir avec le colonialisme partout dans le monde !
Pour l’auto-détermination et l’indépendance des peuples en lutte !
Pour les libertés individuelles et collectives !
Pour l’amitié et la solidarité avec les peuples en lutte !
Pour en parler, Olivier Le Cour Grandmaison dans les Chroniques rebelles.
Tunisie, Égypte, crise du « libéralisme » financier, mouvement des indignés… Depuis quelque temps, on parle beaucoup de liberté, mais justement : de quelle liberté parle-t-on ? Pour nous, la liberté est l’aiguillon de nos actes et le but de nos vies. Mais cette liberté n’a pas grand’chose à voir avec la liberté du tyran opprimant le peuple, la liberté du patron exploitant l’ouvrier, la liberté qu’ont les puissants de jouir des biens que d’autres ont produits. Cette liberté-là, on ne la nomme pas liberté, mais privilège.
La liberté n’est rien sans l’égalité.
Devant les prétentions libérales de donner pour acquis un concept étriqué qui autorise toutes les corruptions de l’idée de liberté, Réfractions, dans ce numéro 27, se propose d’explorer de multiples manières une façon de voir radicalement autre. Cette conception fait de la liberté la résultante d’une expérience et d’une construction communes ; elle est fondée sur l’autonomie, la critique de la représentation et du principe majoritaire. Elle est développée ici à travers la genèse de l’idée de liberté et selon des approches diverses, inspirées de Bakounine, de Spinoza ou de Castoriadis. Au-delà de sources philosophiques différentes, voire opposées, elles convergent vers une même finalité : celle de l’émancipation.
Une des lignes de force qui structure ce numéro, c’est l’analyse des différences fondamentales existant entre une conception libérale et une conception anarchiste ou libertaire de la liberté.
Avec Jean-Jacques Gandini
Deuxième rencontre avec Jean Henri Meunier
Après Bricoleurs de paradis ou le gazouillis des éléphants présenté dans les Chroniques rebelles avec le livre de Bruno Montpied, Éloge des jardins anarchiques (L’Insomniaque), Putain d’usine (documentaire de Rémy Ricordeau et Alain Pitten, en collaboration avec Jean-Pierre Levaray), Les Anges de la piste (L’Harmattan), Un nouveau film de Rémy Ricordeau : Inventaire avant liquidation.
Les Anges de la piste
Au cœur de la Chine rurale, loin des grands centres urbains modernisés, la troupe de cirque « Fei Fei » sillonne les routes de la province du Shanxi pour tenter de vivre de cette activité traditionnelle de divertissement populaire. Mais les bouleversements économiques et sociaux du pays précarisent tous les jours un peu plus la vie de la troupe : le public rural, majoritairement impécunieux, se fait de moins en moins nombreux ; et le matériel se révèle toujours plus défectueux, à défaut de pouvoir être remplacé.
Entre spectacles et déplacements, ambiances foraines et véhicules en perdition au bord des routes, moments de joie, de peine ou de fatigue, la troupe est ainsi confrontée aux rudes conditions d’existence des campagnes chinoises. Une déclinaison du mythe de Sisyphe en métaphore de la Chine rurale contemporaine…
Putain d’usine, 52’ (Zarafa films, 2006)
Adapté du livre Putain d’usine de Jean-Pierre Levaray, le film s’attache à restituer son témoignage et celui de quelques uns de ses collègues sur leur quotidien de salariés dans une usine chimique. En levant le voile sur les non-dits de la condition ouvrière, ils s’interrogent sur le sens de leur travail, sur les finalités du salariat et plus généralement sur les contradictions d’une société dans laquelle chacun, à des degrés divers, s’en ressent tout autant la victime que le complice involontaire.
« Rien n’est jamais donné, rien n’est perdu non plus, tout est à réinventer encore… »
Inventaire avant liquidation de Rémy Ricordeau, 54’ (Réal production, 2012)
sortie le 27 mars 2012 :
Un monde est en train de finir où plus rien ne semble pouvoir continuer comme avant. Les bouleversements s’imposent à tous, l’avenir paraît incertain. Le pire est-il pour autant inévitable ? À travers l’évocation de leurs expériences, des jeunes travailleurs et chômeurs témoignent des méfaits d’une société qui formate les hommes et leur mode de vie. Ils engagent une réflexion sur la nécessité d’initier d’autres pratiques politiques et d’autres rapports sociaux que ceux induits par le salariat et le consumérisme. S’esquissent alors des perspectives de transformations sociales où l’utopie se substitue au réalisme mortifère.
Le film a été tourné avec des travailleurs et des chômeurs dans le nord de la France entre Lens, Lille et Dunkerque. Le film n’est pas une suite directe de Putain d’Usine (Jean-Pierre Levaray), mais plutôt une suite indirecte sur la thématique de l’utopie sociale.
Comment imaginer d’autres rapports sociaux, d’autres rapport au monde en partant du constat désabusé de Putain d’usine ?
Et enfin une coopérative de production audiovisuelle :
http://www.lesmutins.org/-Les-films-.html
Elio Petri : Un cinéaste à ne pas oublier !
Retour du cinéma d’Elio Petri.
Après la nouvelle sortie, il y a deux ans, d’Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970), et l’année dernière, de La Classe ouvrière va au paradis (1971), voici qu’une copie restaurée d’un de ses films, inédit en France, arrive sur nos écrans. Ce sera donc une première distribution de I Giorni contati (Jours comptés) au mois de mai, avec dans le rôle principal Salvo Randone, acteur que l’on retrouve dans la filmographie d’Elio Petri.
Sorti en 1962, I Giorni contati est un film sur la prise de conscience et l’aliénation par le travail.
Retour du travail d’un ouvrier plombier quinquagénaire. Lors de son trajet quotidien dans le bus, il assiste à la mort d’un homme et prend conscience de la vacuité de sa vie et du peu de temps qui lui reste pour en jouir. Il est veuf et père d’un adolescent, et dans ce "temps compté" il va s’efforcer de vivre autrement. Il abandonne son travail et décide de changer de vie… Mais ce n’est pas aussi simple de casser les habitudes, d’accepter la frustration qui a été la sienne pendant bien des années, de s’accepter lui-même et d’aller à contre-courant de ce qu’il a vécu jusque là.
Il retournera travailler avec une amertume qui remplace l’espoir auquel il s’est raccroché pendant quelque temps, et toujours convaincu de l’inutilité de son existence.
Rencontre avec Paola Petri