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LE MONDE LIBERTAIRE N° 1794 Avril 2018


CQFD n°164 Avril 2018

Le postulat de la rareté des richesses à l’origine du système capitaliste n’avait juste aucun sens pour eux. Quant à une prétendue nature humaine violente qu’il faudrait canaliser au moyen d’une concurrence de tous contre tous, il ne s’agit là que d’une pièce idéologique supplémentaire du dressage humain.

En représentation au Salon de l’agriculture de février, Jupiter lâchait : « Je ne peux pas avoir, d’un côté, des agriculteurs qui n’ont pas de jour férié et n’auront peut-être pas de retraite, et dire, le statut des cheminots, il ne faut pas le changer ». Tous contre tous et tous dans la merde d’une précarité érigée en horizon indépassable. Considérant que le thatchérisme n’est pas mort avec l’iron lady, on retrouverait bien une petite pulsion animale enfouie par des millénaires de domestication, pardon, de civilisation…

Macron, le visage nouveau et souriant d’un très ancien monde qu’on aimerait encore et toujours écraser à coups de tatanes.



Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico (28 février 2018)



Féminin plurielles de Sébastien Bailly. (7 mars 2018



L’ordre des choses d’Andrea Segre (7 mars 2018)



La Nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher (7 mars 2018)




9 doigts de F.J. Ossang (21 mars 2018)



Razzia de Nabil Ayouch (14 mars 2018)



Un Juif pour l’exemple de Jacob Berger (14 mars 2018)



Les bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra (21 mars 2018)



(21 mars 2018)



The Captain. L’usurpateur de Robert Schwentke (21 mars 2018)



Demons in Paradise. Film documentaire de Jude Ratnam (21 mars 2018)



Les destinées d’Asher de Matan Yair (28 mars 2018)



Candelaria de Jhonny Hendrix Hinestroza (28 mars 2018)



The Rider de Chloé Zhao (28 mars)




Nul homme n’est une île de Dominique Marchais (4 avril 2018)



The Third Murder de Kore-Eda Hirokazu (11 avril)



Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (18 avril 2018)



Notre enfant de Diego Lerman (18 avril)


Samedi 21 avril 2018

Nobody’s Watching

Film de Julia Solomonoff (25 avril 2018)

Nico, comédien argentin dans une série télévisée, s’est installé à New York dans l’espoir de décrocher un rôle dans un film, mais surtout pour rompre avec sa vie antérieure et le producteur de de la série. Le projet est hélas repoussé à plusieurs reprises et, en attendant, Nico séduit, joue et se joue la comédie, enchaîne les petits boulots…
Bref, il galère dans la ville de New York, surprenante, à la fois proche et vue de la perspective d’un étranger. Une ville inédite à travers toutes les saisons.

Rencontre avec Julia Solomonoff

Et

Cinq ans de métro

Fred Alpi (Libertalia)

Ou « le récit d’une vie trépidante sous terre, avec une bonne dose d’humour, d’analyse et d’espoir ».

« Ce roman, à caractère autobiographique, s’inspire de mon expérience de cinq années passées à chanter dans le métro à Paris. Tout ce qui y est raconté n’est donc pas vrai, ou ne s’est pas passé exactement comme cela est relaté, ou au même moment. Pourtant, tout n’y est pas faux, loin de là, et les reflets blafards des néons qui ont éclairé cette époque nous illuminent encore aujourd’hui.  »

En 1989, Fred Alpi arrive à Paris après avoir passé plusieurs années à Berlin. Sans le sou, il trouve un poste dans une agence de communication. Très vite, il démissionne, et, pour assurer le loyer, prend sa guitare et descend dans le métro.

Paris s’éveille
« Je suis l’dauphin d’la place Dauphine et la place Blanche a mauvaise mine. » Jusque-là, ça va. Mais j’ai l’impression d’avoir oublié tout le reste de la chanson. Ah merde, j’y vais ou j’y vais pas ? Ça fait une demi-heure que je tourne autour des escaliers qui plongent dans la station du métro Châtelet. Février, soleil sur Paris, et une petite dizaine de degrés au-dessus de zéro. Une belle lumière éclaire les façades des immeubles de la place Sainte-Opportune. Une lumière d’hiver, très blanche, très froide, mais j’ai chaud, très chaud. Respiration rapide, saccadée, anxieuse. Ma bouche desséchée semble incapable d’envoyer le moindre souffle vers mes poumons, oppressés par mon estomac en une inextricable torsade. Mes doigts sont paralysés, engourdis, incapables de sortir un son décent de la guitare que je serre fébrilement contre ma poitrine, de la même façon que si je voulais m’y accrocher. Je n’arrive pas à me décider à des- cendre dans le métro. L’impression de me jeter volontairement dans un précipice. En quelques jours, j’ai appris à jouer et chanter deux titres de Jacques Dutronc, plutôt simples, mais je ne les maîtrise pas encore. Surtout le texte, dont je n’arrive plus à me souvenir. Alors j’ai le trac. Un trac pétrifiant, tel je n’en ai jamais ressenti. Je me chante timidement les deux chansons, mais ma voix ne sort pas, prisonnière de mes tripes tétanisées. Et je transpire. Abondamment. Je dégouline de sueur sous le soleil pourtant bien innocent ce mois de février 1991.

Entretien avec Fred Alpi.


Samedi 28 avril 2018

Faire l’économie de la haine

Essais sur la censure

Alain Deneault (écosociété)

Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent, à tout prix. Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme : faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. Sous les données, sous les calculs et sous la spéculation : des crimes, du sang, du vol et des morts, mais assourdis par ce savoir économique et ses prérogatives légales.

Car l’argent fait écran : faut-il délocaliser des usines, licencier du personnel, polluer des rivières, contourner le fisc, soutenir des dictatures ou armer des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse ? Cette culture de l’argent nous autorise précisément à faire l’économie de ces questions, sur le mode de l’autocensure. Alain Deneault tire un à un les fils de cette censure diffuse, pour s’émanciper du filtre marchand qui codifie le social.

Rencontre avec Alain Deneault





Samedi 5 mai 2018

Errico Malatesta Vie extraordinaire du révolutionnaire redouté de tous les gouvernements et polices du royaume d’Italie

Vittorio Giacopini (LUX)

La vie épique de l’« Ulysse de l’anarchie » intriquée de l’histoire de l’Italie moderne, de l’anarchisme et du mouvement ouvrier.

Ce « roman qui n’est pas un roman » (ou exofiction) offre une voix amie à l’histoire d’Errico Malatesta, célèbre anarchiste italien de la charnière entre les XIXe et XXe siècles, auteur d’innombrables pamphlets (dont le plus célèbre, L’anarchie est réédité, suivi du Programme anarchiste), articles, lettres et livres, qui a toujours fermement refusé d’écrire son autobiographie. Jusqu’ici racontée exclusivement par les rapports rédigés par les policiers qui l’ont surveillé en permanence, la vie de ce révolutionnaire italien, internationaliste et partisan de la propagande par le fait, est ici relatée dans les mots de celui qui l’a vécue, tel que l’imagine Giacopini après avoir étudié de près la correspondance et l’œuvre de celui qu’il surnomme l’« Ulysse de l’anarchie ».

Entretien avec Vittorio Giacopini.



Samedi 12 mai 2018

Des spectres hantent l’Europe

Film de Maria Kourkouta et Niki Giannari (sortie nationale le 16 mai)

Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Où vont-ils ? Il semble qu’ils soient ici depuis toujours.
Ils se cachent et, au moment où le danger disparaît,
Il réapparaissent comme l’accomplissement d’une prophétie presque oublié du regard.

(Extrait de Lettre de Idomeni de Niki Giannari)

La vie quotidienne des migrants Syriens, Kurdes, Pakistanais, Afghans et autres dans le camp de Idomeni en Grèce. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, pour boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les « habitants » de Idomeni, décident, à leur tour, de bloquer les rails qui traversent la frontière.

Entretien avec Maria Kourkouta et Niki Giannari.



Samedi 19 mai 2018

Young Lords. Histoire des Blacks Panthers latinos (1969-1976) Claire Richard (L’Échappée)

)

L’histoire des Young Lords est un moment essentiel de l’imaginaire politique des Latinos aux États-Unis, et un pan méconnu des luttes des années 1960.

Août 1969, à El Barrio, le quartier portoricain de New York, des jeunes gens descendent dans la rue, en treillis et bérets à la Che Guevara. Dans leurs mains, pas de fusils, mais des balais. Ils nettoient les rues délaissées par les pouvoirs publics. Une émeute éclate. L’embrasement menace, la mairie accepte d’envoyer plus souvent ses éboueurs. El Barrio vient de découvrir ses Black Panthers, les jeunes membres du Young Lords Party. Ils ont entre 16 et 25 ans, sont les enfants de l’immigration portoricaine, arrivée en masse depuis la colonisation de l’île par les États-Unis.

Inspirés par les Black Panthers, et les nationalistes portoricains, ils veulent remplacer l’État capitaliste et raciste par des alternatives communautaires et politisées. Ainsi, ils défilent pour l’indépendance de Porto Rico mais sont surtout très actifs dans les quartiers, où ils développent notamment des programme autour de la santé. Pour eux, la révolution est aussi une transformation personnelle. Sous l’influence des femmes, qui font comprendre aux hommes qu’on ne peut être révolutionnaire et machiste, les membres du parti travaillent ensemble à se libérer du sexisme, de l’homophobie et de leur propre racisme.

En 1971, ils sont quelques milliers sur la côte Est.

Entretien avec Claire Richard



Samedi 26 mai 2018

Le 10 juin 1968, des étudiants en cinéma filment la reprise du travail aux Usines Wonder de Saint Ouen. Une jeune ouvrière en larmes crie, dit qu’elle ne rentrera pas.

1997 : le réalisateur Hervé Le Roux part à la recherche de cette femme en rencontrant d’anciens ouvrier.es, militant.es et syndicalistes, en leur donnant la parole . Cette enquête amoureuse et cinématographique, quasi obsessionnelle, va dérouler un pan d’histoire enfoui.

Avec Reprise, Hervé Le Roux, disparu en juillet dernier, a redonné ses lettres de noblesse au monde ouvrier.

Non, j’rentrerai pas, j’mettrai plus les pieds dans cett’taule... Vous, rentrez-y, vous allez voir quel bordel que c’est... On est dégueulasses jusqu’à là ! On est toutes noires, hein faut l’voir vous !

« Au début, c’est une photo, dans une revue de cinéma. Un photogramme. L’image d’une femme qui crie.
Et puis un titre : « La reprise du travail aux Usines Wonder ». Cette femme, reprise du travail, comme on dit « repris de justice », et ces usines nommées Wonder... Wonder, Wonderland, Alice à l’Usine, l’Usine au Pays des Merveilles. Le film a été tourné par des étudiants de l’IDHEC le 10 juin 1968, à Saint-Ouen. On y voit des ouvrières qui reprennent le travail après 3 semaines de grève. Et cette femme. Qui reste là. Et qui crie. Elle dit qu’elle rentrera pas, qu’elle y foutra plus les pieds dans cette taule...

Les années ont passé. L’usine de Saint-Ouen est fermée. Mais j’arrive pas à oublier le visage, la voix de cette femme. J’ai décidé de la retrouver. Parce qu’elle a eu droit qu’à
une prise. Et que je lui en dois une deuxième. »



Samedi 2 juin 2018



Samedi 9 juin 2018



Samedi 16 juin 2018



Samedi 23 juin 2018

Refuzniks

Dire non à l’armée en Israël
Martin Barzilai (Libertalia)

La militarisation de la société israélienne et ses conséquences sur la population sont profondes et graves. « Depuis la création d’Israël en 1948, on désigne chaque génération de la société juive israélienne selon le nom des guerres, des conflits armés ou des opérations menées par son armée. […] L’armée fait partie intégrante de l’identité intime et collective de chaque Israélien et de chaque Israélienne. » Dans sa préface, Eyal Sivan qualifie même le passage obligé du service militaire de « rituel d’initiation collective » — 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles.

Refuzniks. Dire non à l’armée en Israël est un livre important, non seulement pour les témoignages, les itinéraires de prise de conscience, mais également l’ébauche de portrait d’un autre Israël et des problèmes qui l’agitent. Rendre compte de l’occupation et de la détermination des Refuzniks à Dire non à l’armée en Israël soulève bien des réflexions, notamment celle de Udi Segal : « Avant de parler d’une solution : un État, deux États, pas d’État… Il faudrait commencer par arrêter le contrôle israélien en Cisjordanie. »

Le socialisme sauvage Essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours Charles Reeve (L’Échappée)


Qu’est-ce que le socialisme sauvage ? Une expression dévalorisante utilisée par la social-démocratie allemande en 1919 ? « Un mouvement informe et immature » qui n’aboutit à rien sans avant-garde, leaders ou maître à penser ? À l’inverse, on peut considérer le socialisme sauvage comme un moment historique, une opportunité d’autonomie possible, un mouvement spontané où la hiérarchie est rejetée et reléguée comme instrument de la domination.

Aujourd’hui, avec le recul, l’échec du socialisme d’État et l’évolution de certains mouvements « révolutionnaires  » autoritaires font que le socialisme sauvage n’a plus ce caractère « immature » qu’on lui avait attribué et, bien au contraire, présente une voie à expérimenter contre les formes de domination et d’exploitation, une forme de conscience et d’action politique.

Le livre de Charles Reeve, le Socialisme sauvage. Essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours, est un ouvrage à la fois dense, ambitieux et structuré. Si bien que l’on peut aisément le consulter sur telle ou telle époque, en y décelant le fil conducteur qui unit l’action politique pour la construction d’une société anticapitaliste, l’importance de l’autonomie des individus contre la domination d’un parti ou d’un quelconque groupe s’autoproclamant d’avant-garde révolutionnaire.
Comme dirait l’autre, nous avons déjà vu le film…


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