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CQFD n°177 JUIN 2019






Synonymes de Nadav Lapid (27 mars 2019)




Still Recording de Saeed Al Batal & Ghiath Ayoub (27 mars 2019)




Los Silencios de Beatriz Seigner (3 avril 2019)




Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (3 avril 2019)




Ray and Liz de Richard Billingham (10 avril 2019)




Seule à mon mariage de Marta Bergman (17 avril 2019)




Working Woman de Michal Aviad (17 avril 2019)




L’époque de Matthieu Bareyre (17 avril 2019)




El Reino de Ricardo Sorogoyen (17 avril 2019)




Monrovia, Indiana de Frederick Wiseman (24 avril)




68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui (1er mai 2019)




Tremblements de Jayro Bustamante (1er mai 2019)




Cœurs ennemis de James Kent (1er mai 2019)




Her Job de Nikos Labot (1er mai 2019)




Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska (1er mai 2019)




The Reports on Sarah & Saleem de Muayad Alayan (8 mai 2019)




Meurs, monstre, meurs d’Alejandro Fadel (8 mai 2019)
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Petra de Jaime Rosales (8 mai 2019)




Fugue d’Agnieszka Smoczynska (8 mai 2019)




Le réveil du dimanche, La fille en noir, Fin de crédit
Trilogie Cacoyanis (Tamasa)



Deux chef d’œuvres de Fritz Lang (copies restaurées)
Le testament du Dr Mabuse et M le maudit (Tamasa)



Les Hommes le dimanche (1929-1930) de Robert Siodmak, Edgar Ulmer, Billy Wilder, Fred Zinneman, Kurt Siodmak et Eugène Schüffan (Tamasa)




Un Havre de paix de Yona Rozenkier (12 juin 2019)




Buñuel. Après l’âge d’or de Salvador Simo (19 juin 2019)




Dirty God de Sacha Polak (19 juin 2019)




Contre ton cœur (Colo) de Teresa Villaverde (19 juin 2019)



Samedi 22 juin 2019

Burning Country
Au cœur de la révolution syrienne

Leila Al-Shami et Robin Yassin-Kassab (L’Échappée)


Entretien avec Leila Al-Shami.
Lors de notre rencontre avec Leila Al-Shami, co-auteure de Burning Country. Au cœur de la révolution syrienne, nous avons choisi d’aborder un chapitre du livre, « La culture et la révolution ».
La culture a été l’une des dynamiques du changement social après les décennies de silence : « il s’agissait d’une révolution culturelle “par le bas”. Les artistes n’étaient plus appréciés en fonction de leur notoriété, mais pour ce qu’ils pouvaient apporter à une société en pleine transformation. » Ils et elles, car les femmes étaient en première ligne, « ne demandaient plus la permission pour s’exprimer, et n’avaient plus envie d’avoir leurs entrées dans les cercles de la culture d’État. Ils [et elles] prenaient la parole dans la rue et en ligne via des slogans, des caricatures, des danses et des chants, mais aussi à travers d’interminables débats qui avaient cours désormais dans les zones libérées. […] Leurs protestations ciblaient le régime, l’État islamique, l’ASL, la Coalition internationale, les pays étrangers et d’autres encore. Les conversations quotidiennes étaient le reflet de cette ébullition. »

Anna, un jour
Film de ZSofia Szilàgyl (19 juin 2019)


Anna jongle avec sa quarantaine, son travail, trois enfants, un mari qui décroche et des soucis financiers. Dépassée par le rythme frénétique de ses journées, entre le travail, la maison, les enfants et un mari qui s’éloigne d’elle, Anna est perdue et s’enfonce peu à peu dans une situation où tout lui échappe. Anna, un jour… Sacrée journée !

Ville neuve
Film de Félix Dufour-Laperrière (26 juin 2019)


Un été en bord de mer sur les côtes arides de la Gaspésie. Joseph s’installe dans la maison d’un ami. Il convainc Emma, son ex-femme, de venir l’y rejoindre. Tandis que la campagne référendaire de 1995 sur l’indépendance du Québec bat son plein, des maisons brûlent, des discours s’affrontent, un couple se retrouve et s’aime.

Bixa Travesty
Film de Claudia Priscilla et Kiko Goifman (26 juin 2019)


Portrait électrisant de Linn da Quebrada, artiste à la présence scénique outrageusement provocante et subversive face au machisme brésilien.
Le corps féminin trans comme moyen d’expression politique dans le contexte totalitaire brésilien actuel.

Yves
Film de Benoît Forgeard (26 juin 2019)


Installé chez sa grand-mère, Jérem partage son temps entre son ordinateur, composer un album de rap et parler à son chien. C’est alors que débarque dans sa vie une représentante de la start-up Digital Cool qui le persuade d’essayer Yves un frigo intelligent nouvelle génération. C’est gratuit et ça va changer sa vie…



Samedi 29 juin 2019
Les Véganes vont-ils prendre le pouvoir ?
Thomas Lepeltier (Le Pommier)


Imaginons un monde sans consommation de produits d’animaux… De l’anticipation ? Abolition des abattoirs, viande in vitro, changement de cap de l’agriculture, des choix de sociétés qui pourraient nous faire basculer dans l’ère du véganisme ? Des choix réalistes qui répondraient à des exigences éthiques fondamentales ? Et finalement d’où provient le « goût » de la viande ?
Autant de questions soulevées dans l’essai de Thomas Lepeltier. À chacun.e de se forger une opinion. Une réflexion intéressante sur le système avec, en épilogue, Le jour de l’abolition… 4 août 2033.
Entretien avec Thomas Lepeltier et lectures d’extraits par Nicolas Mourer.

Rojo
Film de Benjamin Naishtat (3 juillet 2019)


Rarement un film retranscrit à ce point l’ambiance d’une immédiate avant dictature. 1975, en Argentine, mais cela pourrait avoir lieu dans un autre pays. Un avocat connu, bourgeois et notable local de sa ville, mène une vie de compromissions sans s’autoriser à remarquer les pratiques du régime. Au cours d’un dîner avec sa compagne dans un restaurant, il est agressé verbalement par un inconnu et celui-ci revient à la charge lorsque le couple sort de l’établissement. L’inconnu menace Claudio et ce dernier le tue par accident. En voulant étouffer l’affaire et faire disparaître le corps, il s’enfonce alors dans une paranoïa permanente qui ne lui permet plus d’ignorer le contexte social du pays.

Pauvre Georges
Film de Claire Devers (3 juillet 2019)


Georges a quitté la France pour le Québec et s’est installé à la campagne avec sa femme, Emma. Un soir, en rentrant du collège où il enseigne le Français à Montréal, il surprend Zack, un adolescent déscolarisé, en train de fouiller leur maison. Georges voit en ce gosse un nouveau projet de vie et se met en tête de le sauver.

The Mountain : une odyssée américaine
Film de Rick Alverson (3 juillet 2019)


États-Unis, dans les années 1950. Le Docteur Wallace Fiennes emploie Andy, un jeune homme introverti, comme photographe pour documenter sa méthode de lobotomie, de plus en plus controversée. Au fur et à mesure de leur expédition d’asile en asile, Andy, témoin de l’effritement de la carrière et de la vie du docteur, va peu à peu s’identifier aux patients.
À leur arrivée dans une petite ville de montagne, berceau du mouvement New Age, Andy et Wallace font la rencontre d’un guérisseur français peu conventionnel et de sa fille.

So Long, My Son
Film de Wang Xiaoshuai (3 juillet 2019)


Le drame de l’enfant unique. La vie d’un couple est bouleversé par la mort de leur fils unique. Quarante d’une vie en parallèle avec l’évolution de la société chinoise.



Samedi 6 juillet 2019

Prenez garde à la peinture … Et à Francis Picabia de Rémy Ricordeau

« Le goût est fatigant comme la bonne compagnie ». « La peinture est faite pour les dentistes ». « L’art est un produit pharmaceutique pour imbéciles ». Autant de phrases qui s’inscrivent dans la provocation et, surtout, dans la détermination de passer vraiment à autre chose.

La vie de Francis Picabia est entourée de légendes, que d’ailleurs il a entretenu, la principale demeurant peut-être celle de faussaire. Un faussaire génial, qui pouvait autant jouer de l’imposture critique que de l’humour le plus acerbe. Peintre, écrivain, poète, Picabia est certainement l’un des artistes les plus inventifs de l’art moderne, de même que celui qui se prenait le moins au sérieux. La vitesse, comme « la vie dans tous ses excès était à ses yeux préférable à son œuvre ; et le jeu des passions à la morbidité des dogmatismes. »
Le nouveau film de Rémy Ricordeau, dans la mouvance de la révolution surréaliste, nous fait découvrir, après son film sur Benjamin Péret, un créateur finalement assez méconnu, non seulement en raison des légendes à son encontre, mais aussi pour la diversité des styles qu’il a développés dans une œuvre prolifique. Le DVD du film Prenez garde à la peinture et… À Francis Picabia s’accompagne d’un livret sur son parcours de vie et son œuvre en mouvement.

Inna de Yard
Film de Peter Webber (10 juillet 2019)


C’est bien plus qu’un film musical… Inna de Yard est un collectif de chanteurs légendaires de reggae, qui remontent aux sources de leur musique. Inna de Yard signifie « dans la cour », puisque c’est là en fait que sont nées les musiques jamaïcaines : le ska, le rocksteady et le reggae. La cour, en fait c’est la terrasse d’une maison perchée sur les hauteurs de Kingston, où vingt musiciens et musiciennes se retrouvent pour enregistrer un disque exceptionnel. L’album regroupe des interprètes mythiques tels que Ken Boothe, Kiddus I, Winston McAnuff, Cedric Myton, les Viceroys, Horace Andy et Judy Mowatt, ainsi que des espoirs de la nouvelle génération reggae — Jah9, Var, Kush McAnuff et Derajah. Ensemble, ils et elles revisitent les grands titres de leur répertoire dans une nouvelle orchestration acoustique, piano, basse, guitare sèche, percussions traditionnelles, cuivres, un accordéon et, en bonus, l’ambiance de la nature jamaïcaine.

Her Smell
Film d’Alex Ross Perry (17 juillet 2019


Sur scène et dans les coulisses avec un groupe de filles punk rock… Becky, la star du groupe, interprétée par Elisabeth Moss — incroyable — adopte un comportement complètement auto-destructeur. L’alcool, la drogue, tout y passe et tout dérape pour le groupe, de même que l’inspiration de She — nom de scène. Becky fout décidément tout en l’air.



Samedi 13 juillet 2019

Une œuvre sans auteur
Film de Florian Henckel von Donnersmarck (17 juillet 2019)


1937. À Dresde, le régime nazi organise une exposition sur « l’art dégénéré » avec un guide qui ridiculise cet art décadent dont certaines seront détruites à la fin de l’exposition. Avec sa jeune tante, Kurt visite l’exposition avec sa tante et est fasciné par les toiles et les sculptures. Elisabeth lui confie qu’elle aime cet art et l’enfant découvre sa vocation de peintre.

Après la guerre, Kurt est étudiant aux Beaux-arts, mais il a des difficultés à accepter les règles du « réalisme socialiste » de la RDA. Il a du talent, mais sans liberté, impossible de créer et de trouver son style. Il rencontre Ellie et c’est le début d’une aventure amoureuse. Ellie est la fille d’un célèbre médecin, ancien nazi qui a su retrouver sa place et son influence dans le nouveau régime. Kurt ignore encore le terrible secret qui lie cet homme à sa famille. Ellie et lui décident de quitter la RDA, juste avant la fermeture entre les deux Allemagnes, et s’installent à Düsseldorf où règne une effervescence artistique…

Une œuvre sans auteur de Florian Henckel von Donnersmarck se déroule sur trois décennies et, outre l’itinéraire du jeune peintre dans une époque tourmentée, il est question dans ce film de la relation de l’art à la politique, de la création et de son engagement. Un film très fort.
Le dernier film de Wajda, les Fleurs bleues, se déroulait également dans l’après guerre, en Pologne, et retraçait la vie d’un des plus grands peintres d’avant-garde qui avait été mis à l’index pour son refus de se plier aux exigences de l’esthétique du « réalisme socialiste ».

La guerre en Ex Yougoslavie à travers quatre films :
Manipulation et roman national…


When Pigs Come
Film documentaire de Biljana Tutorov (Festival CINEMED)


Chris The Swiss
Film documentaire et d’animation d’Anja Kofmel (3 octobre 2018)


L’Envers d’une histoire
Film documentaire de Mila Turajlic (24 octobre 2018)


Teret (La charge)
Film de Ognjen Glavonic (13 mars 2019)



Samedi 20 juillet 2019

Vivre ma vie
Une anarchiste au temps des révolutions

D’Emma Goldman
Traduction et présentation par Jacqueline Reuss et Laure Batier
Première version intégrale en français du texte d’Emma Goldman (l’Échappée)



Emma Goldman quitte la Russie en 1885 — elle a 16 ans —, et débarque aux États-Unis dans la période des grandes vagues d’immigration, entre 1880 et 1910. En effet, durant ces décennies, trente millions d’immigré.es arrivent sur le continent états-unien en provenance d’Europe centrale, du sud de l’Europe, de Scandinavie, de Russie, d’Asie et de l’empire ottoman. Ce sont des personnes dont la plupart fuient la misère et sont sans qualification, issues pour beaucoup de la paysannerie, de même que des réfugié.es politiques… Tous et toutes étant attiré.es par cette nouvelle « terre promise », semblant offrir des opportunités de construire une vie meilleure. Or, malgré les paroles accueillantes inscrites sur le socle de la Statue de la liberté —
Donne-moi tes pauvres, tes exténués
Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envois moi les déshérités,
Que la tempête me les rapporte
De ma lumière, j’éclaire la Porte d’Or !”
 —,
malgré donc ces belles paroles, il faut souligner qu’à l’origine, la construction des États-Unis s’est établie par la violence, d’une part avec la politique génocidaire élaborée contre les populations indiennes et, d’autre part, avec l’institutionnalisation du racisme et la pratique de l’esclavage.

1973
Jean-Pierre Levaray (ACL)


1973. Début d’un bail de quarante-deux ans en usine… C’est pas rien et ça compte ! Surtout pour quelqu’un qui n’avait pas vraiment prévu d’y rester si longtemps en usine.
« C’est un exercice étrange que de faire revivre ses souvenirs. Moi qui essaie de ne pas me tourner vers le passé, parce que c’est fini et que ça me flanque le bourdon, voilà que je me prête à cet exercice et que les images reviennent. Qu’est-ce qui me prend ? Est-ce que c’est parce que j’ai quitté l’usine et que j’ai envie de réfléchir sur mon entrée dans la vie active et ce qui l’a précédée ? Plus de quarante ans se sont écoulées, il m’est arrivé des tas d’autres choses. »

1973. Juste après la révolution ratée de mai 68, il y a les mouvements étudiants… Alors 1973, c’est les premières manifs… Les discussions, la prise de conscience… Une courte chronique de lutte lycéenne.
Et c’est aussi le dernier été de liberté… Septembre 1973, c’est l’entrée à l’usine… Putain d’usine !
En compagnie de jean-Pierre Levaray



Samedi 27 juillet 2019

Carte blanche. L’État contre les étrangers
Karine Parrot (la fabrique)


De l’invention de la nationalité comme mode de gestion et de criminalisation des populations (et notamment des pauvres, des « indigents », des vagabonds) jusqu’à la facilitation de la rétention, en passant par le durcissement des conditions d’asile et de séjour, ou encore les noyades de masse orchestrées par les gouvernements, l’Union européenne et leur officine semi-privée et militarisée (Frontex), Karine Parrot révèle qu’il n’y a aucune raison vertueuse ou conforme au « bien commun » qui justifie les frontières actuelles des États.

Le droit de l’immigration ne vise qu’à entériner la loi du plus fort entre le Nord et le Sud ; il n’a d’autre fin que conditionner, incarcérer, asservir et mettre à mort les populations surnuméraires que la « mondialisation armée » n’a de cesse reproduire à l’échelle du monde.

L’actualité la plus récente a donné à voir une fracture au sein de la gauche et des forces d’émancipation : on parle d’un côté des « no border », accusés d’angélisme face à la « pression migratoire », et d’un autre côté il y a les « souverainistes », attachés aux frontières et partisans d’une « gestion humaine des flux migratoires ». Ce débat se résume bien souvent à des principes humanistes d’une part (avec pour argument qu’il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil des migrants) opposés à un principe de « réalité » (qui se prévaut d’une légitimité soi-disant « populaire », selon laquelle l’accueil ne peut que détériorer le niveau de vie, les salaires, les lieux de vie des habitants du pays).

Cinéma et migrations. La fiction comme le documentaire s’en font l’écho.

Halte
Film de Lav Diaz (31 juillet 2019)

Présenté à la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, le film de Lav Diaz est engagé et annonce un cataclysme prochain dans toute l’Asie du Sud-est, en 2030.
Trois ans après la catastrophe et des éruptions volcaniques en chaîne, l’humanité est plongée dans le noir, le soleil a disparu et des apprentis sorciers dirigent les pays, les communautés, les enclaves et les villes. Des épidémies ont décimé le continent. Des millions de personnes sont mortes et les déplacement de population se comptent aussi en millions.



Samedi 3 août 2019

Les femmes roms au cinéma
Carmen y Lola d’Arantxa Etchevarria

8 avenue Lénine.Heureuse comme une Rom en France de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

Seule à mon mariage de Marta Bergman.

Entretiens avec les réalisatrices.



Samedi 10 août 2019
Syrie : une autre vision
Burning Country. Au cœur de la révolution syrienne de Leila Al-Shami et Robin Yassin-Kassab (éditions L’Échappée).

Burning country donne la parole à des Syriens et à des Syriennes qui, dès 2011, ont participé à une révolution, construite au jour le jour, dans chaque quartier, chaque village repris au régime de Bachar el-Assad.
Ce soulèvement populaire a continué malgré la guerre contre-insurrectionnelle menée par le régime syrien et ses alliés. Régime qui a eu recours à l’instrumentalisation des antagonismes religieux et communautaires, de même qu’à l’emprisonnement et à la torture.
Burning country se compose de témoignages pour tenter de comprendre, de démêler une information vite brouillée sur les résistances populaires en Syrie.
Entretien avec Leila Al-Shami.
Lectures de Nicolas Mourer.

Still Recording, un film de Saeed Al Batal & Ghiath Ayoub (2019).

Still Recording est « un document exceptionnel sur l’histoire récente de la Syrie et sur la nécessité vitale que peut avoir le cinéma », explique Mohammad Ali Atassi, producteur, et lui-même réalisateur d’un film documentaire avec Ziad Homsi (2014), Our Terrible Country.
Entretien avec Ghiath Ayoub.



Samedi 17 août 2019

« Il est pas facile de raconter à présent »
Crise de l’expérience et création artistique après la Grande Guerre

Sous la direction de Luca Salza (éditions Mimésis)


Dans les années 1930, Walter Benjamin élabore une thèse essentielle sur l’héritage culturel de la Grande Guerre : les soldats auraient perdu la capacité de raconter leur expérience de la guerre, face à un univers dominé par les machines de mort : « l’effrayante amplitude du dispositif des armes et des stratégies nouvelles mises en acte par cette guerre, comme les tranchées, les gaz, la puissance inédite des obus, l’apparition des avions sur les champs de bataille et la déferlante de toutes les autres inventions techniques ont donné à la Grande Guerre le nom de “guerre de matériel” ». Céline semble confirmer la thèse de Benjamin lorsqu’il fait dire à son personnage du Voyage au bout de la nuit : « Il est pas facile de raconter à présent ».
La Grande Guerre ébranle l’expérience ; et ceux qui l’ont vécu « sont plongés dans une “pauvreté“ inédite qui concerne toute l’histoire de la civilisation. » Il n’y a plus de parole en partage, « le conteur a disparu ». Ceux qui en réchappent, « ceux qui réussissent à survivre ne peuvent rien dire, ou si peu. Ils ne sentent plus rien. Ils s’emmurent dans le silence. Ils ne font aucune publicité » à la guerre.

« Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares » de Radu Jude (20 février 2019)

« Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares », cette phrase prononcée par le maréchal Antonescu au Conseil des ministres en juillet 1941, en même temps qu’il proposait la « purification » du peuple roumain, reprise par le réalisateur en dit long sur son intention. L’intervention du maréchal, considéré alors comme l’homme providentiel, justifiait idéologiquement .

Mettre en scène dans une reconstitution cet épisode — le massacre de 20 000 Juifs à Odessa par l’armée roumaine pendant l’automne 1941 —, gommé pendant la période communiste, provoque évidemment des oppositions de certains comédiens-figurants. Mariana, la metteuse en scène du spectacle, n’est pas prête à faire la moindre concession sur la réalité d’une politique génocidaire qui a fait des centaines de milliers de victimes parmi les populations juive et rom. Pas question de céder aux arguments négationnistes qu’on lui oppose, davantage par méconnaissance et par effet de répétition d’une propagande distillée pendant des années. Finalement, peut-être est-ce plus confortable de ne pas se poser de questions et de continuer à garder la tête dans le sable.
Le phénomène du déni historique est central dans le film de Radu Jude comme faire entendre une voix dissonante face à l’Histoire officielle.



Samedi 24 août 2019
La crise de la masculinité
Autopsie d’un mythe tenace

Francis Dupuis-Déri (éditions remue ménage)


Après Démocratie, histoire politique d’un mot ; Les black blocs. La liberté et l’égalité se manifestent ; La peur du peuple ; deux ouvrages de Francis Dupuis-Déri sont également publiés cette année — Les nouveaux anarchistes et L’anarcho-indigénisme, co-écrit avec Benjamin Pillet —, après cette liste impressionnante, sort une nouvelle édition de la Crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace.
Un mythe tenace certes d’autant que le thème de la masculinité fait vendre. Cependant, que sa résurgence ait acquis une telle ampleur, suscite des colloques, des essais sur le « phénomène », jusqu’à des délires aux relents paranoïaques exprimés par les « mâles », cela provoque évidemment de nombreuses questions. Les hommes seraient soi-disant « diabolisés, dénigrés », une « espèce en voie de disparition »…
«  Le discours de la crise de la masculinité est […] fondamentalement misogyne, puisque ce qui est féminin est présenté comme un problème, une menace, un élément toxique qui plonge le masculin en crise, qui le détruit, qui le mue en son contraire : le féminin. »

La « crise de la masculinité » serait-elle donc à terme une crise du système ? Car pour surmonter cette « crise de la masculinité, […] il est très souvent proposé de (re)valoriser une identité masculine conventionnelle associée à certaines qualités, mais aussi à des rôles et des fonctions dans la société, dans la famille et dans le couple. Un homme, un vrai, est évidemment hétérosexuel, autonome, actif, agressif, compétitif et possiblement violent. On prétend que ce modèle de la masculinité doit être (re)valorisé pour assurer un sain développement des garçons et des hommes et une complémentarité équilibrée avec les femmes. Ces dernières doivent adhérer à l’identité féminine conventionnelle, c’est-à-dire être elles aussi hétérosexuelles, mais également attentives, attentionnées, coopératives, pacifiques et douces — et dépendantes des hommes. »



Samedi 31 août 2019
Pouvoir de détruire, pouvoir de créer
Vers une écologie sociale et libertaire

Murray Bookchin (L’échappée)


Pouvoir de détruire, pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire de Murray Bookchin paraît aux éditions L’échappée, sous forme de plusieurs textes rassemblés dans une chronologie de 1969 à 1995.
Tous les aspects du problème écologique abordés par Bookchin sont liés au système capitaliste. Il dénonce les dangers destructeurs du capitalisme dès les années 1960, comme dans ce texte de 1969 : « Dans pratiquement toutes les régions, cette société empoisonne l’air, pollue les cours d’eau, délave les sols, déshydrate la terre, détruit la flore et la faune. Ni les régions côtières ni les profondeurs de la mer n’échappent à cette souillure. Plus grave encore à long terme est le dommage peut-être irréversible qui est infligé aux cycles biologiques fondamentaux, comme ceux du carbone et de l’azote dont dépendent le maintien et le renouvellement de la vie de tous les êtres vivants, y compris l’être humain. »
Autodidacte, critique anticapitaliste, précurseur de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire, Murray Bookchin naît à New York en 1921. Très jeune, il travaille en usine et prend conscience de la course en avant de l’exploitation capitaliste. Les êtres humains sont considérés comme des « ressources », des objets et non des sujets et, par voie de conséquence, la nature devient aussi une ressource, un objet, une matière à exploiter. « Depuis la naissance, nous sommes conditionné.es par la famille, la religion, l’école et le travail à accepter la hiérarchie, le renoncement et le pouvoir d’État comme les prémisses de toutes pensées. » C’est pourquoi il faut abolir les systèmes de domination et de répression dont l’origine se perd dans un passé très lointain. « Si nous voulons trouver les racines de la crise écologique […], nous devons nous tourner vers les changements institutionnels, moraux et spirituels qui sous-tendent notre société humaine et qui ont produit la hiérarchie et la domination » depuis l’aube des civilisations.
« Ou bien nous réaliserons une écotopie fondée sur les principes écologiques, ou bien nous régresserons en tant qu’espèce. » Ce qui, à terme, peut provoquer la disparition des conditions organiques de la vie humaine : « Un tel aboutissement de la société de production pour la production n’est » qu’une question de temps.
En compagnie d’Helen Arnold et Daniel Blanchard.
Et d’Élise Gaignebet, traductrice de la Vie de Murray Bookchin. Écologie ou catastrophe de Janet Biehl.

Lectures d’extraits de Pouvoir de détruire, pouvoir de créer
Vers une écologie sociale et libertaire
par Nicolas Mourer

Le déserteur
Film de Maxilme Giroux (28 août 2019)


La guerre. Philippe fuit Montréal et se réfugie à l’Ouest des États-Unis où règne la barbarie. Il vit tant bien que mal de concours d’imitation de Charlie Chaplin. Mais Philippe ne va pas tarder à découvrir la face obscure du « rêve américain ».



Samedi 7 septembre 2019
Le Capitalisme patriarcal
Silvia Federici (La fabrique)

Entretien avec l’auteure

Lectures :
Articles politiques
Errico Malatesta (LUX)

L’anarchisme
Une histoire des idées et mouvements libertaires

George Woodcock (LUX)

Albert Camus, journaliste
Reporter à Alger, éditorialiste à Paris

Maria Santos-Sainz (Éditions Apogée)
Misère de la Kabylie

Revue Lignes (n°59)
Les Gilets jaunes : une querelle des interprétations

Gravité
Sur Billy Wilder
Emmanuel Burdeau (LUX)

Pouvoir de détruire, pouvoir de créer
Vers une écologie sociale et libertaire

Murray Bookchin (L’échappée)
Une société écologique



Samedi 14 septembre 2019
Ordo Sexualis
Réflexions sur l’ordre (et le désordre) sexuel

Alain Brossat et Alain Naze (Eterotopia France/Rhizome)


Jusqu’à quel point est-il possible de placer de façon prioritaire dans les champs du droit et de la loi des enjeux concernant la vie sexuelle, les rapports entre les sexes, les questions de genre ? C’est l’enjeu central de la discussion ouverte par cet essai.

Le « mariage pour tous », les débats autour de la majorité sexuelle, la campagne contre le harcèlement sexuel, les scandales de pédophilie dans l’Eglise catholique – autant de thèmes actuels de discussion qui, aussi divers soient-ils, se trouvent placés, d’une façon toujours plus impérieuse et exclusive, dans le champ de l’instance juridique, appelée à trancher. Et ce, que ce soit sous la forme de l’établissement de nouveaux droits ou bien sous celle de la codification de nouveaux délits et de leur sanction.

L’extension proclamée de la sphère des droits devient ici indissociable d’une accentuation de la répression frappant les inconduites sexuelles. L’accent est désormais placé avant tout sur les protections et les garanties immunitaires que les sujets individuels se voient accorder, sous ce nouveau régime de la politique et de la morale sexuelles. Ce nouveau pli contraste vivement avec d’autres topographies dans lesquelles la sexualité se trouvait étroitement associée à l’émancipation individuelle et collective, domaine d’exposition et d’expansion, associée aussi à la quête du bonheur, à l’expérimentation, inscrite dans l’horizon des plaisirs.

A l’évidence, notre époque est celle d’une accélération en matière de changements des normes régissant la vie sexuelle et les relations entre les sexes, la codification des questions de genres. Cette évolution rapide se place elle-même spontanément sous le signe du progrès. Les choses sont-elles cependant aussi simples ? Ce sont précisément les évidences nouvelles dont sont tissés ces processus qu’examine dans une perspective critique et ouverte cet essai.
En compagnie des auteurs



Samedi 21 septembre 2019



Samedi 28 septembre 2019

Ennemis d’État
Les lois scélérates,
des « anarchistes » aux « terroristes »

Raphaël Kempf (la fabrique)

Raphaël Kempf, avocat connu pour sa défense des manifestants et gilets jaunes victimes de violences policières ou de la répression judiciaire, propose dans ce volume un court pamphlet historico-juridique accompagné de la réédition d’articles publiés en 1898, notamment par Léon Blum et l’anarchiste Émile Pouget, contre « les lois scélérates » votées à la fin du xixe siècle.
La relecture de ces textes est aujourd’hui fondamentale : l’arbitraire des gouvernements de la IIIe République contre les anarchistes n’a rien à envier au président Hollande décrétant l’état d’urgence contre les musulmans ou les militants écologistes, non plus qu’à Macron et Castaner enfermant de façon « préventive » des gilets jaunes avant qu’ils ne rejoignent les manifestations.
La critique formulée par Léon Blum contre ces lois reste actuelle et ses arguments peuvent – doivent – encore être utilisés aujourd’hui : des lois d’exception se normalisent avec le temps ; des lois ne visant que quelques groupes représentant le mal absolu (de l’anarchiste au terroriste) finissent par toucher tout le monde ; le gouvernement joue avec la peur pour faire passer ses textes ; et ces lois donnent un pouvoir sans partage à la police et à l’État.
Cette critique permet de déboucher sur une perspective politique simple : la demande d’abrogation des lois scélérates et l’amnistie des condamnés qui en sont victimes. Cette exigence était portée à la fin du xixe siècle par Émile Pouget, elle doit l’être aujourd’hui pour les opposants politiques et autres gilets jaunes lourdement condamnés.
Raphaël Kempf montre ainsi que les lois scélérates n’ont – contrairement à une idée reçue – pas toutes été abrogées et isole des critères qui permettent d’identifier une loi scélérate en montrant que, depuis au moins 2015 et l’état d’urgence, de telles lois, il y en a trop.



Samedi 5 octobre 2019



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Samedi 26 octobre 2019



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Samedi 16 novembre 2019
"Ennemis mortels"
Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale

Olivier Le Cour Grandmaison (La Découverte)

Entretien avec l’auteur.



Samedi 23 novembre 2019


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