RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…
INTERNATIONAL
CINÉMA… THÉÂTRE
LIVRES… REVUES
UN GUIDE MÉCHANT ET PARFOIS MOCHE DE PARIS
PHOTOS… VIDÉOS…
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INTERNATIONAL
CINÉMA… THÉÂTRE
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UN GUIDE MÉCHANT ET PARFOIS MOCHE DE PARIS
PHOTOS… VIDÉOS…
Le procès du militantisme par la direction nationale de la CFDT !
http://www.cie-joliemome.org/spip.php ?rubrique33
Le jugement a été mis en délibéré et ne sera rendu que le 17 septembre.
La mobilisation et le travail des associations auprès des autorités et de la presse ont payé… jusqu’à un certain point. Yassine Ferchichi a obtenu un logement, mais il est toujours sans ressources pour se nourrir ou pour se soigner.
Dakar (24 juillet 2010)
http://makaila.over-blog.com/article-affaire-yassine-ferchichi-ouf-de-soulagement-51571143.html
RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…
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FEMMES DISSIDENTES AU MOYEN-ORIENT
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MUSIQUES
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Podcastez les émissions pendant une semaine :
LA LETTRE SANS PAPIER de Marion Boutin
http://www.dailymotion.com/video/xbh0a0_la-lettre-sans-papier_news
http://divergences.be/spip.php ?article1949
http://divergences.be/spip.php ?article1954
FRANCE INTER EST PEUPLE D’UNE TRIBU DE CRETINS, ET DEPUIS LE MERCREDI 23 JUIN 2010, CETTE TRIBU EST EN DEUIL
Crétins parce que bêtement le jeudi 2 février 2006 nous avons cru entendre de la voix de notre Cher Président Nicolas Sarkozy qu’il vaut mieux un excès de caricature à un excès de censure. Crétins parce que le 18 juin 2010, 18h durant, nous avons cru entendre sur les ondes de notre chère radio France Inter les bienfaits et les vertus de l’esprit de résistance et du passage à l’acte. Crétins parce que quand on nous montre la lune nous croyons à la lune alors qu’il ne faut voir que le doigt, le doigt vengeur et rancunier, le doigt qui pointe et qui exclue.
Crétins parce que derrière tous ces beaux mots toutes ces belles phrases, il faut voir le contraire, parce que depuis le 6 mai 2007 nous n’avons pas encore compris que les discours étaient en creux quand l’idéologie était vide et qu’il fallait courber l’échine.
Alors pourquoi donner encore d’autres belles paroles, soyons modernes et dans l’air du temps, soyons vulgaires et disons crûment et simplement : Sarkozy l’a rêvé Hees l’a fait Hees he can !
Crétins nous étions , crétins nous resterons, têtus qui disons NON
NON à la mort de notre esprit critique, non à la mort de notre indépendance, non à la mort de notre différence, de notre insolence, de ce qui a toujours été notre devise, écrit en 4 par 3 à chaque rentrée sur les panneaux publicitaires et sur les culs des bus. C’est ce qui fait notre fierté et que nos auditeurs attendent, c’est ce que tous nous apprécions, et ce n’est rien d’autre que notre devoir.
Censeurs vous ne nous en priverez pas car nous ne lâcherons pas. Auditeurs nous vous en sommes redevables, c’est ainsi que crétins nous voyons les choses.
JNV Crétin échevelé
http://www.dailymotion.com/video/xdu8i5_appel-au-rassemblement_news
Nous, auditeurs-trices et salarié-es de Radio France (France INTER, France INFO, France BLEU et ses 42 locales, France CULTURE, France MUSIQUE, LE MOUV’, FIP) refusons la main mise du pouvoir en place sur les antennes de la radio publique. Les suppressions injustifiées d’émissions, les licenciements sans ménagement de producteurs-trices et de chroniqueurs-euses dont ceux de Didier Porte et Stéphane Guillon sont les plus symboliques, mettent en évidence la mission confiée par Nicolas Sarkozy à la direction de Radio France : transformer les antennes de la Radio Publique en machine de guerre électorale à son profit.
Les antennes de la radio de service public sont celles de tous les citoyen-nes et non pas la propriété d’un clan. Nous exigeons :
• Le respect et la garantie de la liberté d’expression, de l’indépendance des programmes et de l’information sur les radios de service public.
• Le respect du travail des rédactions de Radio France. Le droit à l’impertinence, à la différence.
• Des propositions professionnelles réelles et sérieuses pour les producteurs-trices écarté-es des antennes de Radio France .
Et demandons le retour sur l’antenne des chroniques de Didier Porte et Stéphane Guillon dans la matinale de France Inter et dans l’émission le fou du roi.
Nous, auditeurs-trices et salarié-es sommes attaché-es aux valeurs qui ont bâti la radio de service public.
ARRETEZ DE CASSER NOS ANTENNES !
SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN SUR :
http://www.pouruneradiopubliqueindependante.net
Avec le soutien de l‘intersyndicale de Radio France
(Rediffusion)
Football. Une aliénation planétaire
N° 12/13 mai 2010
Avec Fabien Ollier et Jean-Marie Brohm
Ça y est, les jours de gloire sont arrivés. Comptez quatre semaines d’idolâtrie pour les « demi-dieux » des stades entourés cette fois de towships misérables, quatre semaines d’occultation des réformes gouvernementales — bonne affaire pour le gouvernement ! —, quatre semaines où la novlangue sera guerrière et patriotique avec comme termes repères : coup franc, penalty, tir au but, ailier gauche, droit, centre et autres arrières et milieu de terrain.
L’imaginaire sera dopé au ballon rond et, si vous n’avez pas choisi d’équipe, à défaut de clan, vous allez ressentir un grand moment de solitude ! Dans la rue, les cafés, les gens seront scotchés aux écrans plats, grand format, en 3D, et dans les transports ce sera : « T’as vu, le shoot qu’il a fait hier ? Grandiose ! Et l’arbitre ? Putain, quel con ! On va perdre si ça continue ! La main, mais quelle main ! » Et je vous passe les commentaires sur les téléphones portables. « Pour que des centaines de milliers de supporters puissent bénéficier de leur train de vie usuel, une acculturation destructrice et une soumission aux valeurs du fric vont réguler les rapports humains pendant un mois de grand show planétaire. »
Les yeux de millions de téléspectateurs rivés sur la baballe, les cris de joie aux buts marqués, de frustration pour les balles manquées… Ce n’est plus « Va chercher la baballe ! », mais « Regarde dans quel camp atterrit la bababalle ». Pas étonnant qu’il faille s’abrutir de bière pour s’exciter sur un enjeu aussi absurde qu’illusoire. « On a gagné ! » hurlent les supporters à l’issu d’un match, d’une confrontation qui met face à face 22 mecs surpayés et hissés au rang d’idoles. Mais gagné quoi ? Un moment de nationalisme délirant qui gomme les frustrations quotidiennes, les problèmes, les médiocrités et les drames ?
Les politiques ne s’y sont pas trompés qui enfourchent le train des supra supporters « communiant » ainsi avec le peuple l’espace d’un match et d’un hymne national. Le foot, la coupe et tout le cirque marchand : beau miroir aux gogos et abrutissement assuré !
Va falloir se planquer dans un trou pour échapper à cette excitation footballistique et à ce moment d’hystérie collective ! Et je ne parle pas de tous les gadgets qui accompagnent ce délire orchestré… Il n’y a pas de petits profits. Le fétichisme de la marchandise va atteindre des sommets car elle se double d’une messe extatique dont les acteurs sont deux fois « onze bandits manchots » qui se disputent une balle, comme l’écrivent Fabien Ollier et Christophe Dargère dans "Afrique du Sud 2010 : la Coupe immonde des townships" (Quel sport ? N° 12/13 mai 2010).
La bande son ? Hymnes patriotiques, holas et hurlements de beaufs internationaux. Que vous souhaiter dans cette ambiance qui, selon les médias, concerne tout le monde ? Dans cet élan quotidien de beaufitude ?
Allez au cinéma et bon courage !
Jean-marie Brohm et Fabien Ollier
de Gail Holst (les nuits rouges)
Les touristes qui visitent la Grèce ne connaissent guère le rébétiko, musique urbaine importée de Turquie dans les années 1920, qu’on qualifie parfois de « blues grec », et qui se survit aujourd’hui dans quelques bonnes tavernes, après avoir influencé les compositeurs Hadjidakis et Theodorakis, et aujourd’hui des chanteurs comme Nikos Papazoglou, Haris Alexiou, Glykeria ou Dalaras. Gail Holst, Australienne de naissance, mais Grecque de coeur, a parcouru les bas quartiers et les campagnes de Grèce dans les années 1970, rencontrant chanteurs et amateurs de rébétiko. Elle en a tiré ce livre, abondamment illustré de photos et traduit en plusieurs langues. Son travail musicologique lui a valu la reconnaissance de plusieurs musiciens dont Theodorakis, qu’elle a d’ailleurs accompagné au clavecin à une époque. Elle enseigne actuellement à l’université Cornell aux Etats-Unis, mais ne dédaigne pas de pousser la chansonnette rébétique quand l’occasion se présente. Cette réédition comprend plusieurs nouveaux chapitres. Les chansons qui l’accompagnent ont été entièrement renouvelées, privilégiant les enregistrements originaux de la grande époque du rébétiko.
Nouvelle édition, nouveaux enregistrements sur CD…
Avec l’auteure et l’ensemble franco-grec SEX, DRUGS & REBETIKO
Rediffusion de l’émission du 3 juillet 2010
En Grèce, lors des manifestations organisées contre l’austérité décrétée par le Fonds monétaire international à l’encontre de la population grecque, la police anti-émeute ne lésine pas sur l’utilisation de gaz lacrymogènes et de toutes les formes de brutalité.
Grève générale, les manifestants masqués affrontent la police… Grève générale, les journalistes — télévisions, radios, presse écrite — sont aussi dans le mouvement. Les projets de réformes du gouvernement grec visent à faciliter les licenciements et à casser les droits acquis : la réforme des retraites notamment qui repousse l’âge de départ des salarié-es et allonge le nombre d’années de cotisations… Cela ne vous rappelle rien ? La crise, l’austérité nécessaire, la réduction des déficits dus à la crise financière… La crise… La crise a bon dos alors que la population grecque n’est pas responsable des déficits de l’État. En revanche, silence sur les gabegies étatiques et la corruption ! Tout comme ici, en France !
Tous ces événements remettent en question les luttes de classes — vision de l’évolution et du fonctionnement du système capitaliste. Et pourtant les idéologues rêvent de brouiller l’analyse soi-disant dépassée du système capitaliste, mode production basé sur la division de la société en classes sociales, autrement dit : les dominants et les dominés. La mondialisation du système entraîne de plus graves injustices au plan social et, en pleine paupérisation des populations, les serviteurs du système capitaliste tentent encore et toujours de promouvoir l’idée que les sociétés sont culturellement homogènes. Cela, évidemment, évite de parler des vrais problèmes.
Dans ce contexte, le rébétiko, les Chansons des bas-fonds, des prisons et des fumeries de haschisch rappellent leur dimension subversive, exprimant ce qu’est « l’homme souffrant, opprimé, pourchassé. […] Le rébétiko a été inventé pour [ceux et celles] qui avaient du chagrin et le balançait à la gueule du public. » Le rébétiko est une musique des dominés et il faut entendre « l’amertume des textes, les allusions méprisantes à la police et l’argot propre aux fumeurs de haschisch ».
Aux sources du Rébétiko. Chansons des bas-fonds, des prisons et des fumeries de haschisch. Smyrne – Le Pirée – Salonique (1920-1960) de Gail Holst nous fait voyager dans cet univers où « le narghilé était aussi doux que la vie était dure, [et où il était, pour les marginaux et les rebelles,] la seule manière d’oublier ce monde impitoyable. » Alors, si « le rébétiko parlait à la jeunesse un langage qu’elle pouvait comprendre », qu’en est-il aujourd’hui de cette musique populaire et hors norme ?
(Rediffusion)
(éditions du Sextant)
« Nous sommes tous et toutes dans la com ! » ai-je entendu dernièrement de la bouche d’une responsable des Ressources humaines, fière d’être de ce nombre croissant de cadres auto-proclamé-es créateurs/trices en communication. « Le “cadre-artiste” connecté nuit et jour, une clé USB dans la tête, est joignable et corvéable à tout bout de champ grâce à son téléphone portable et son micro-ordinateur. »
Le problème majeur étant, à mes yeux, de communiquer sur quoi ? « Buzzer », pour employer les nouveaux mots, sur quel contenu ? Bien sûr, l’enveloppe, l’emballage a son importance, mais lorsque cela s’arrête là… C’est un peu court, même pour des personnes googlisées, facebookées et téléformatées !
Bernard Demiaux, avec Le Programme et la main, offre le récit de son itinéraire artistique de même que l’exploration des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont envahi l’espace de notre vie quotidienne et dont on ne mesure pas encore les conséquences, notamment la dépendance implicite vis-à-vis de ces technologies. Dépendance de plus en plus addictive dont on sait plus si elle est nécessaire, et qui devient peu à peu symbole de connaissance ou de créativité. « Il faut s’alerter, écrit Bernard Demiaux, de l’instrumentalisation des artistes par les entreprises ou les sociétés de conseil. Dans un monde où chacun est sommé de créer, les entrepreneurs assimilent un peu vite la créativité entrepreneuriale à la création artistique. »
Le Programme et la main présente aussi le champ de plusieurs recherches, recherche de soi-même, de ses limites, recherche des différentes expressions d’où émergent des questions sur la nature humaine, sur la transformation de la société, sur le rapport des individus à l’accélération, à la fuite en avant des technologies. Fuite en avant qui induit évidemment et à notre insu des changements de société, de l’environnement et des modes de vie dans une sorte d’emballement du système capitaliste :
« Après la chute du mur de Berlin, en 1989, ce sont les débuts de la mondialisation et des délocalisations d’une économie qui va se transformer en casino planétaire, grâce à la technologie et à la recherche du profit maximal, moteur du système capitaliste. »
Sourates pour Dubaï ou les mille et une histoires d’une ville État qui se veut modèle du système capitaliste, dans un décor de riches… très coûteux, mais plutôt style décor en carton pâte. La mégalomanie architecturale y atteint des sommets et les conditions de travail sont les fioritures qui gomment les êtres humains pour ne garder que les fonctions qu’ils occupent dans ce chantier géant à ciel ouvert, sur lequel sont en place 20 % des grues de la planète.
Sourates pour Dubaï est le journal de bord d’une ballade dans un Las Végas économique, fantasmé, en pays d’Arabie. Journal où se côtoient les impressions d’un Candide au pays des émirats, d’un Aladin occidental qui parle à tout le monde — quand c’est possible —, les constats, les chiffres officiels et les impressions à chaud… Mais un Aladin qui ne possède nulle lampe merveilleuse, donc pas de génie magique, ni de tapis volant !
Sourates pour Dubaï, beau titre pour décrire le débordement de fric basé sur l’exploitation qui offre — qui vend, devrais-je dire — la projection nouveau riche d’une ville État « trop étendue, trop dépendante de l’automobile, une ville lacérée par d’immenses autoroutes impassables ; une ville, peut-être la plus cosmopolite qui n’ait jamais existé, mais dont le cosmopolitisme a été stérilisé au bénéfice des bazars infiniment répétés ».
Dubaï la clinquante et l’hyper contrôlée, la ville moderne et factice, « une ville bigoto-pécheresse où la tolérance se résume à celle de la prostitution et de l’alcool, tant que ces deux bonheurs des bourgeoisies extérieures se tiennent dans les limites de la nuit et des bars d’hôtel ; une ville dont on ne sait si elle mine l’islam en y injectant les insidieux poisons de la modernité, ou si au contraire elle le conforte en lui procurant une soupape de sûreté géante. »
Sourates pour Dubaï… « Le Dubaï menaçant dépasse le Dubaï rêvé, mais procède de lui. Ou plutôt de l’écart entre le rêvé et le réel. Car pour que les mythes du Dubaï rêvé ne soient pas trop mis à mal par la réalité, il fallait que le pays ne soit pas un pays.
Un vrai pays regorge de vieux, d’adolescents, de malades, de mendiants, ces inutiles qui empêchent de croire qu’on peut vivre comme des dieux. Il faut que le pays [Dubaï] ne soit qu’une entreprise, que la société ne soit une société qu’au sens commercial.
De là, comme dans une entreprise explicite, l’usage des travailleurs jetables. Ils ne viennent que pour travailler, sans leurs familles. »
Mythe et capitalisme à l’ombre de nouvelles tours de Babel : l’économie a tout « conquis, le pouvoir, l’espace, le temps, la perception, la réalité, l’imaginaire. Le règne nu de la marchandise enfin débarrassé des fictions politiques, des oripeaux constitutionnels, du cache-misère appelé démocratie. »
Sourates pour Dubaï… Un récit intéressant qui commence par les égouts…
Guérilla et contre-insurrection 1943-1981
De Laura Castellanos (LUX)
(Rediffusion)
Laura Castellanos est journaliste à La Jornada, El Universal, Reforma et pour la revue Gatopardo.
Les femmes et un nouveau phénomène, les jeunes Mexicains qui se réclament du mouvement éco-anarchiste.
Dans un climat marqué par la violence et l’impunité, Laura Castellanos, journaliste d’enquête et auteure du livre Le Mexique en armes, a été la cible de harcèlement à cause de son travail de journaliste et de ses reportages sur les groupes armés et les mouvements radicaux au Mexique.
La récente violation du domicile de la journaliste s’ajoute à une longue liste d’actes d’intimidation qui comprend menaces téléphoniques, piratage de son courrier électronique et surveillance constante.
« Je suis consciente que l’objectif est de m’intimider et de me faire taire. Or, maintenant que j’ai décidé de continuer mon travail, ce qui m’inquiète vraiment, c’est le fait que ces actes sont de plus en plus menaçants. »
Castellanos a écrit Le Mexique en armes, guérilla et contre-insurrection 1943-1981 (Lux éditeur, 2010), un livre traitant de la radicalisation du mouvement populaire mexicain qui dévoile les violations des droits humains commises par les acteurs de la stratégie contre-insurrectionnelle. Son travail est une référence pour tous ceux et celles qui luttent pour le droit à la vérité sur les événements de ce que l’on appelle la « guerre sale ».
Entretien réalisé le 9 mai 2010, dans le cadre du Salon du livre libertaire.
Caméra militante
Luttes de libération des années 1970
Dotée d’un sens aigu de l’Histoire, Carole Roussopoulos se saisit de la caméra vidéo au tout début des années 1970. Elle fonde à Paris, avec son compagnon Paul Roussopoulos, le premier groupe vidéo, « Vidéo Out », pour donner la parole aux « sans-voix », opprimé-es et exclu-es que les médias ignorent ou évoquent sans jamais écouter.
Une sélection de six films tournés au cours de la « décennie rouge » témoigne de son engagement, caméra au poing, dans les luttes de libération – ouvrières, homosexuelles et féministes. Ces documents uniques, libres et inventifs, sont accompagnés d’une série de contributions portant sur la pratique et les usages militants de la vidéo, dont Carole Roussopoulos est une figure majeure et pionnière.
Carole Roussopoulos (1945-2009) est réalisatrice et militante féministe d’origine suisse. Elle a vécu et travaillé à Paris pendant près de trente ans puis est revenue s’installer en 1995 dans le Valais, près de Sion.
Dans un coffret DVD-livre, "Caméra militante. Luttes de libération des années 70", six films de Carole Roussopoulos [Genet parle d’Angela Davis (1970), Le F.H.A.R. (1971), Monique (Lip I - 1973), Christiane et Monique (Lip V - 1976), S.C.U.M. Manifesto (avec Delphine Seyrig - 1976), Maso et Miso vont en bateau (avec Nadja Ringart, Delphine Seyrig et Ioana Wieder - 1976)] et un livre (4 articles - de Nicole Brenez, Jean-Paul Fargier, François Bovier et moi-même -, ainsi qu’un entretien avec Carole Roussopoulos).
Caméra militante. Luttes de libération des années 1970.
136 pages + DVD réunis en trousseau, prix:35€/54CHF
Suisse : MētisPresses / www.metispresses.ch
France : Association Carole Roussopoulos / www.carole-roussopoulos.com / contact@carole-roussopoulos.com
JUILLET 2011. Les déplacements du président provoquent des manifestations si violentes qu’il se bunkérise à l’Elysée. Sa paranoïa atteint des sommets. Le 14, il est absent des cérémonies. Les rumeurs les plus folles courent. Carla l’a-t-elle quitté ? A-t-il perdu la raison ? Est-il toujours vivant ? En désespoir de cause, Claude Guéant et les stratèges élyséens imaginent un stratagème pour sauver le président. Mais un coup de théâtre va ruiner leurs derniers espoirs…
Je suis partout (les derniers jours de Nicolas Sarkozy)
un roman visionnaire de Jean-Jacques Reboux (Editions Après la Lune)
http://jesuispartout2010.blogspot.com/
http://nicolasminus.blogspot.com/
La malédiction du béton 15 récits croisés de Fred Morisse (éditions chant d’orties)
Zépadbol n’était pas intéressé par ces maisons proprettes. Plus grand-chose ne l’intéressait. Il était soucieux. Un ancien lui avait dit qu’on avait dû lui lancer une malédiction depuis le bled, un maraboutage en bonne et due forme. Il était sombre, taciturne, songeur. Le monde semblait lui en vouloir ; il en voulait au monde. Il n’y croyait pas, ne pouvait pas y croire. C’était son fils, un courrier à la main, qui avait crié :
— Papa, je te l’avais dit… c’est Kafka !
— Quoi, Kafka ? Qui Kafka ? Tu m’ veux quoi avec ton Kafka ?...
— Faut qu’on déménage !
Il s’effondra presque. C’était sûr, il était maudit. Pas d’autre explication.
Il hurla, insulta, gémit, menaça, maudit à son tour, sanglota, mais rien n’y fit. Tous les employés qui le recevaient s’affaissaient sur leur chaise, s’excusant maladroitement, essayant vainement de trouver des raisons, et surtout des explications à ces faits regrettables. Ils comprenaient sa colère tout en la subissant. Lui ne comprenait plus rien à rien.
— Et Kafka, où qu’il est ?
— Qui ? répondit craintivement une responsable de la société immobilière.
— Y a pas un KafKa qui travaille ici ?
La famille Zépadbol et son quartier sont victimes d’une tragédie : la destruction des tours les unes après les autres au profit d’une rénovation urbaine qui exclut les plus pauvres.
Quand il apprend que la Ville a un projet de grande ampleur pour son quartier, le père se réjouit. Mais très vite, c’est la désillusion. La mère, au moment de quitter l’immeuble, ressent un épouvantable déchirement car, comme pour toutes les mères au foyer, c’est son univers qui s’effondre. Nassim, le fils, aspire à autre chose, mais sait bien que le quartier, les potes et les habitudes sont ancrées dans sa vie.
De l’indigénat.
Anatomie d’un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’Empire français
Olivier Le Cour Grandmaison (Zones)
Internement administratif pour une durée indéterminée, responsabilité collective appliquée à des tribus et des villages entiers, séquestre des propriétés « indigènes » et transfert de celles-ci aux colons, Code de l’indigénat enfin, adopté en 1875 puis régulièrement reconduit par les députés de la IIIe République : telles sont les principales dispositions répressives appliquées dans l’Algérie coloniale, jusqu’en 1945.
Citant largement les textes - dont le fameux « code de l’Indigénat » enfin publié dans son intégralité - et les commentaires dont ils firent l’objet, Olivier Le Cour Grandmaison les analyse de façon précise, et met ainsi en évidence l’existence d’un racisme d’État longtemps théorisé et pratiqué par la République. Qualifiées de « monstres » juridiques par plusieurs juristes de l’époque, ces différentes mesures furent exportées dans les autres territoires de l’Empire au fur et à mesure de l’extraordinaire expansion coloniale de la France entre 1871 et 1913.
L’exception politique et juridique est ainsi devenue la règle pour les « indigènes ». À cela s’ajoutent le travail forcé et l’esclavage domestique, lequel a continué de prospérer au vu et au su des autorités françaises.
Hier essentielle à la pérennité de la République impériale, cette législation coloniale est aujourd’hui trop souvent ignorée. Exhumer ses principes, étudier ses mécanismes et leurs conséquences pour les autochtones privés des droits et libertés démocratiques élémentaires, tels sont les objets de ce livre.
Sommes-nous complètement affranchis de ce passé ? Hélas non. L’internement des étrangers sans-papiers et le « délit de solidarité » le prouvent. L’un et l’autre ont des origines coloniales.
Consultez gratuitement le "lyber" de ce livre en ligne :
http://www.editions-zones.fr/spip.php
D’Alger à Mai 68
Mes années de révolution
de François Cerutti (Spartacus)
Ceux qui, dans les années 1960 et 1970, ont cru à l’effondrement du vieux système d’exploitation et d’oppression, n’ont pas tous sublimé leur révolte et accepté de se couler dans les institutions.
Né à Alger en 1941, François Cerutti a rapidement rejoint ceux qui, en France, ont milité pour l’indépendance de l’Algérie. Pour lui, la révolte des peuples colonisés contre la domination criminelle des colonisateurs était un signe de l’imminence du renversement de la société bourgeoise. Insoumis, il part pour le Maroc. À Alger, de 1962 à 1965, il travaille dans une entreprise autogérée. Avec un petit groupe de membres de la IVe Internationale, il milite pour la consolidation du secteur autogéré face à la volonté de mainmise toujours plus forte du FLN et du gouvernement sur celui-ci.
En 1965, le coup d’État de Boumediène le fait rentrer en France, où l’armée l’oblige à faire le service militaire auquel il s’était soustrait. Il s’y heurtera à la bêtise et à la vindicte de l’institution, qui l’enverra pour quelques mois en prison.
Mai 68 le trouve aux premières loges, puisqu’il habite au Quartier latin et y travaille dans une librairie militante, vouée à la critique du léninisme et des régimes qui s’en réclament. Il participe à la coordination des comités d’action des entreprises de la région parisienne. Surtout, le mouvement de Mai renforce sa conviction que « le monde va changer de base » et que les vieilles organisations du mouvement ouvrier, piliers de l’ordre existant, devront être balayées.
Le récit de ce cheminement qui, d’un « pied-noir » fera un « pied-rouge », d’un révolté un révolutionnaire, c’est aussi celui de rencontres, d’actions militantes, de réflexions qui ont influencé toute une génération, dont une partie continue à affirmer, comme François Cerutti : « La nécessité de changer ce monde est de plus en plus évidente et urgente. »
Avant-propos de Mohammed Harbi.
On trouvera en annexe ces textes de François Cerutti :
La Commune de Paris, quelques leçons d’une insurrection passée pour une insurrection future (1970).
Le Mouvement communiste, n° 41, mai 1972.
Des extraits de Les jeunes au boulot, éditions Casterman, 1973.
Avec l’auteur.
Trois romans, trois styles, quatre auteur-es, un constat, celui d’une société de plus en plus aliénante, injuste, autoritaire…
(Rediffusion)
TUE TON PATRON
De Jean-Pierre Levaray (Libertalia)
LA RÉVOLUTION DU GRAND RENONCEMENT
De Fabien Ollier et Nathalie Vialaneix (Sulliver)
BARCELONE
De Miranda Caserio (éditions du Monde Libertaire)
Avec quatre comédien-nes : Jean-Luc Debry, Sonya Mellah, Nicolas Mourer et Serge Utgé-Royo.
Deux auteurs : Fabien Ollier et Jean-Pierre Levaray.
Deux animateurs : Laurent Nicolas (Nuits off) et Mohamed (la Santé dans tous ses états).
Le Grand Renoncement règne et s’affiche comme une révolution… Place au cauchemar du rien, de la « dégénérescence du vouloir » et de l’abandon de soi ! Le décervelage collectif devient la jouissance suprême. Mais cette société contrôlée, cadrée et surveillée comporte, malgré tout, des poches de rébellion. Barcelone de Miranda Caserio est l’itinéraire d’un laissé-pour-compte, de sa prise de conscience à travers la violence, la violence de la société, des institutions, des nantis… Un pauvre qui se révolte contre le pouvoir, l’argent et échappe à tout contrôle. Une révolte individuelle qui finalement se joint à la lutte collective, là-bas de l’autre côté des Pyrénées… Barcelone.
La Révolution du Grand Renoncement… Barcelone… Deux romans que l’on pourrait croire d’anticipation si l’on ne sentait la proximité d’une réalité imminente, concoctée par des dirigeants cyniques, dans le déni des droits qui s’installe peu à peu et le laminage des acquis sociaux… Jack London parlait déjà de la barbarie dans le Talon de fer en 1908, contre-utopie basée sur la montée du fascisme, de même que Sinclair Lewis en 1935 dans son roman, Impossible ici. Une problématique sociale qui résonne au-delà des périodes historiques, une analyse croisée de comment le pouvoir tente d’écraser l’émancipation des êtres humains.
Dans Tue ton patron de Jean-Pierre Levaray, le héros est déjà dans une perspective d’action. Depuis un appartement squatté dans le quartier de la Défense, il échafaude des projets de meurtre de son patron, d’un coup à porter contre le système…
« En haut de cette tour, du haut de mon mirador, j’observe et je réfléchis à comment faire. Je suis le ver dans le fruit. Patrons, décideurs, entrepreneurs, boss, crapules, tremblez, je vais faire un exemple… »
Avec le pistolet d’un anarcho-syndicaliste, clin d’œil à la révolution espagnole et à la CNT, la victime de l’un des fameux plans de « sauvegarde de l’emploi » se rebiffe. De prédateur, le patron devient gibier. Action directe, violence contre les violences des patrons :
« J’ai comme des désirs de meurtres collectifs, de bombes bien placées. Juste se débarrasser d’eux. Casser tout et recommencer autre chose. Sur d’autres bases. Je pense à ces ouvriers qui ont retrouvé le réflexe de séquestrer leurs patrons. Je pense à ces Indiens qui ont tué le leur. Un jour, peut-être qu’un patron défoncera la baie vitrée de son bureau, lancé par des ouvriers excédés. La terreur doit changer de camp… »