La Question sociale n° 3. Le syndicalisme alternatif : France, Espagne, Italie

Avec Nicole Thé et Gianni Carozza
dimanche 27 janvier 2008
par  CP
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Pour son troisième numéro, La Question sociale — revue libertaire de réflexion et de combat — aborde un thème essentiel : le syndicalisme alternatif.

Qu’est-ce que le syndicalisme alternatif ? Se définit-il seulement en opposition au syndicalisme institutionnel ? Est-ce un « outil pour permettre aux gens de s’autogérer dans la lutte [et] favoriser un mouvement anticapitaliste, radical et anti-autoritaire » ? Est-ce « un syndicat qui [a] un projet de société » ?

Par syndicalisme alternatif, faut-il entendre les coordinations — sans lesquelles « on reste tributaire des syndicats traditionnels » —, les comités de grève, les luttes autogérées et menées quotidiennement au-delà des manifestations, les liens construits au cours des luttes ?
Autant de questions qui reviennent dans ce Dossier de la Question sociale sur la nature du syndicalisme aujourd’hui et à travers les expériences dans trois pays, la France, l’Italie et l’Espagne.

Et cela sous formes de débats, d’échanges croisés, de points historiques qui permettent de prolonger une réflexion sur les différentes formes de syndicalisme, sur ses dérives, son efficacité et les attentes en général dans le contexte actuel…
Avec la conscience, comme le souligne un militant, que « c’est l’idéologie du capital qui inspire l’action syndicale et qui en marque les limites. »

Les pratiques syndicales, les remises en question de celles-ci, les observations, les commentaires, la parole en direct offrent, dans ce numéro, une perspective très riche et très ouverte du « vécu militant ».
La rubrique Luttes sociales complète le Dossier et la dernière partie, historique, sur les IWW et le syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis, revient sur des pratiques et des principes de lutte toujours importants à se remettre en mémoire ou à connaître.

L’allusion au sabotage dans l’une des illustrations des IWW permet d’ailleurs de revenir sur la rubrique — Leur paix sociale — avec Des considérations sur les récentes émeutes dans les banlieues de Nicole Thé qui met en lumière le risque de ghettoïsation et de lutte entre salarié-e-s et « marginalisé-e-s du travail », ce qui arrangerait bien les dirigeants et les patrons :
« Il faut viser tout ce qui peut faire l’unité des classes subordonnées. Car le risque le plus grand est peut-être de voir se développer une guerre entre pauvres, alimentée par le heurt de deux logiques, celle de la révolte brute et celle de la peur. »

Il faut en effet chercher des pistes positives, s’interroger sur les répercussions du « on n’a plus rien à perdre ! » qui a sous-tendu la révolte des banlieues.
« La peur engendre le besoin de sécurité, le besoin de sécurité justifie la répression. Du coup les émeutiers sont passés rapidement au statut de délinquants, et le gouvernement a pu profiter de l’occasion pour faire un pas de plus dans la logique répressive. »

Comment s’opère le processus de prise de conscience ? Est-il possible d’anticiper les conséquences d’une lutte spontanée, d’une émeute ? La formation par la lutte, sans prise de conscience préalable, est aussi une réalité. Construire un mouvement amène une réflexion, comme le remarque un lycéen, « sur l’ensemble de la société », permet de nouer des liens et de développer l’émancipation.

Pour finir cette présentation du nouveau numéro de La Question sociale et avant d’y revenir en détail avec les auteur-e-s et traducteur-e-s, je voudrais citer cette phrase de Karim :
« Que m’importe qui est à la tête du combat, si tête il y a, et quelle est la dénomination de la révolution, du moment qu’elle m’émancipe. »



Photos CP