Vivre l’anarchie. Entretien avec Tomas Ibañez. Entretien avec Diego Lerman, réalisateur de Notre enfant

dimanche 15 avril 2018
par  CP
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Vivre l’anarchie

Entretien avec Tomas Ibañez

réalisé par Josef Ulla

Entretien avec Diego Lerman, réalisateur de Notre enfant, qui a reçu le prix du meilleur scénario au Festival de San Sebastian.

Sonate pour Roos

Film de Boudewijn Koole

Rétrospective Rainer Werner Fassbinder, 15 copies restaurées en 2 coffrets, et ses films en salles et à la cinémathèque.

Drôles de temps où les dirigeants en marche parlent de « réconciliation de l’État et de l’Église » — l’émission Ni dieu ni maître sur Radio Libertaire aura des choses à dire sur cette mascarade — tout en lançant des attaques de flicaille sur les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, qui ne font qu’expérimenter d’autres manières de vivre et de produire… Alors, le trader suprême, qui n’en peut plus de son pouvoir, et ses sbires, leur envoient les flics et les gazent… La populace n’a qu’à bien se tenir, en marche ! Même chose pour les étudiant.es, si jamais leur venaient l’idée de se rebeller contre les réformes, les CRS les dégagent des universités manu militari et bien armés !

Drôles de temps, où l’on pleure sur la Syrie et les enfants qui se font tuer chaque jour depuis des années, mais qui sont refoulé.es aux frontières, de même les commentaires navrés sur le Yémen où la population civile est bombardée par les armes françaises achetées par l’Arabie saoudite…

Le commerce des armes est plus important pour ceux qui sont en marche, et finalement serrer la main du prince d’un pays où les droits humains ne comptent pas, ce n’est guère gênant… Les moralisateurs de la « réconciliation » tombent le masque et s’empressent de faire des affaires. Et voilà que le fanfaron du tweet et le trader, appuyés par la Grande Bretagne, lancent des « frappes ciblées » comme on dit près de Damas… Pour arrêter les massacres en Syrie ? Alors que toute une région est détruite depuis des années par des jeux de pouvoir, il faut encore plus de morts et de ruines… Décidément, la guerre antiterroriste et le commerce des armes font très bon ménage sur le dos de populations sacrifiées.

Alors si l’on parlait plutôt de solidarité, de soutien aux grévistes, aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes et d’ailleurs, et aux universités qui refusent ce qui se prépare…

Vivre l’anarchie

Entretien de Tomas Ibañez par Josef Ulla

Vivre l’anarchie. Beau titre pour cet entretien avec Tomas Ibañez, militant libertaire, auteur de nombreux articles, que nous avons d’ailleurs cité dans les chroniques rebelles de Radio Libertaire, avec Daniel Pinos, lors des émissions sur la Catalogne, Tomas Ibañez est également l’auteur d’un essai publié par les éditions rue des Cascades, Nouveaux fragments épars pour un anarchisme sans dogmes.

C’est à l’initiative de Josef Ulla que cet entretien a été réalisé, au cours duquel Tomas Ibañez évoque son itinéraire de militant libertaire, l’exil en France avec sa mère, l’anarchosyndicalisme, ses luttes, ses rencontres, Mai 68, ou encore l’origine du fameux A cerclé, de la Catalogne aujourd’hui…
Tomas Ibañez, c’est le désir inébranlable de vivre l’anarchie.

De cet entretien, une première version a été diffusée dans l’émission Dissonances, sur Radio St Affrique.

http://www.radiosaintaffrique.com/emissions/dissonances/TOMAS_IBANEZ-3076

On peut lire les articles de Tomas Ibañez publiés dans les journaux et revues suivantes : Jeunes Libertaires, Action Libertaire, Le Monde Libertaire, IRL, Les Temps Maudits, Le coquelicot, A Contretemps, Réfractions… entre autres.

Musiques : BO Land and Freedom de Ken Loach, G. Fenton. Yves Montand, Giroflé Girofla. Paco Ibañez, A Galopar. Cristina Pato, Escuiten senores. Leclou, Il est cinq heures. HK et les Saltimbanques, Para cuando la vida. Quiero ser libre. EKO Camp, Resiste y Grita.

Notre enfant Un film de Diego Lerman (18 avril) Entretien avec le réalisateur

La nuit, la route, la pluie… Ce sont les premières images du film de Diego Lerman, Notre enfant.

Un climat de thriller s’installe par ces images et le jeu crispé de la comédienne principale. La tension va, croissante, au fur et à mesure du récit, des détails entrevus, et de la découverte des motivations de celle qui visiblement vient socialement d’ailleurs. Les gouttes de pluie glissent sur le pare-brise et un long plan séquence accentue le mystère. D’où vient cette femme et où va-t-elle ? Tout laisse à penser que son « voyage » est improvisé. Alors, est-elle en fuite ?

Imperceptiblement, l’anxiété augmente, portée par le personnage de Malena. Ayant conduit d’une traite depuis Buenos Aires, à 800 kms, le voyage est l’aboutissement pour elle d’un long processus d’adoption, du moins elle l’espère tout en l’appréhendant. Mais tout se complique après la naissance du bébé. Marcella — la mère biologique — et Malena — la mère adoptive — sont issues de classes sociales différentes : l’une est pauvre et l’autre fait partie d’une classe urbaine bourgeoise. L’une fait des ménages et l’autre est médecin. Deux femmes qui n’étaient pas destinées à se croiser, si elles n’avaient soudain partagé le même drame.

Notre enfant révèle, par le biais de nombreuses confrontations et rebondissements, les contraintes imposées à ces deux femmes, car toutes deux sont victimes d’une société qui ne prend en compte ni leurs désirs ni leurs besoins. Sans parler du bébé qui devient, dès sa naissance, un enjeu économique et même une marchandise. Le corps des femmes et son utilisation jouent ici un rôle essentiel dans le film, l’État décrète son pouvoir de décision sur celui-ci, sans accorder un quelconque espace d’expression aux femmes, sinon par l’argent. « Tout est injuste, dit Marcella, ceux qui ont de l’argent, ils ont tout. » Constat simple et implacable d’un système qui orchestre la misère pour mieux contrôler les populations pauvres et en tirer profit. En l’occurrence, sur le ventre des femmes.

Notre enfant de Diego Lerman est un drame poignant ; le film adopte le point de vue des deux femmes et, finalement, devient un cri de révolte contre l’injustice sociale et les règles patriarcales. Les deux comédiennes sont absolument bouleversantes. À travers le portrait de ces deux femmes déchirées — l’une par l’abandon de son bébé par manque de moyens et l’autre par son désir d’enfant —, émerge une réflexion profonde sur la maternité, les droits des femmes, la pauvreté et l’adoption dont on fait commerce.
Notre enfant de Diego Lerman sort le 18 avril.

Cet entretien avec Diego Lerman a eu lieu le 11 avril.
Merci à Robert Schlockoff pour sa traduction.

Notre enfant de Diego Lerman touche également un sujet important discuté actuellement en Argentine, une révision de l’interdiction d’avortement.

Sonate pour Roos

Film de Boudewijn Koole (18 avril 2018)

Dans les décors impressionnants de la Norvège, Roos rend visite, comme chaque année en hiver, à sa mère, pianiste, et à son jeune frère. Mais, comme chaque année, la communication est quasi impossible entre la mère et la fille, sinon sous forme de reproches. Mais cette fois, c’est d’abord une sorte de statu quo du silence qui s’installe, sans pour autant écarter les non dits… Roos a une nouvelle grave à annoncer.

Sonate pour Roos est un très beau film dans lequel la musique, la recherche des sons par le jeune frère tiennent une place essentielle dans une nature presque magique où les animaux sont très présents dans l’univers de neige et de glace. Sonate pour Roos sort le 18 avril.

Rétrospective Rainer Werner Fassbinder Jusqu’au 16 mai

15 copies restaurées en 2 coffrets, en salles et à la cinémathèque.

Fassbinder a réalisé pas moins de quarante films, dont le dernier, Querelle, en 1982, est qualifié d’« apothéose de son idée d’artificialité et d’utopie au cinéma. » Son œuvre demeure forte et est certainement actuelle.

Tous les autres s’appellent Ali
Le Droit du plus fort
Lili Marleen

La trilogie :
Le Mariage de Maria Braun
Lola, une femme allemande
Le Secret de Veronika Voss

Une série TV : Huit heures ne font pas un jour

Les sorties du 18 avril :

Les Larmes amères de Petra von Kant,

L’Amour est plus fort que la mort

Prenez garde à la sainte putain

Le Marchand des quatre saisons

Tous les autres s’appellent Ali

Le Bouc