Tunisie : internautes de Zarzis. Les prisonniers d’opinion et le système carcéral en Tunisie.

Le cas de Mohamed Abbou, avec Luiza Toscane, Térésa Chopin, Omar Chlendi…
dimanche 27 janvier 2008
par  CP
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Omar est l’un des internautes de Zarzis — ces jeunes qui, pour avoir téléchargé des documents sur Internet, ont subi de plein fouet la répression de l’Etat tunisien.
Leur condamnation à 13 ans de prison a été prononcé en appel et au terme d’un procès inique et effarant — inique dans la procédure, effarant par les chefs d’accusation sans aucun fondement.

Cette condamnation a donné la mesure du climat de répression qui règne en Tunisie. 13 ans pour avoir navigué sur Internet, 13 ans dans des geôles infectes où sont entassés les prisonniers, sans droits et sans soins…

Après plusieurs années d’une mobilisation internationale sans cesse relancée par Térésa Chopin, mère de Omar, le cauchemar a pris fin. C’est une bataille gagnée contre l’arbitraire bien que l’innocence des internautes de Zarzis n’ait pas été reconnue et que leur libération ait connu bien des rebondissements.

La dictature ne lâche pas facilement ses victimes. En Tunisie, la répression étatique s’amplifie alors que le pays est encore décrit par nos dirigeants comme une vitrine de la paix sociale, de la démocratie et comme un paradis touristique.

Le régime de Ben Ali — plébiscité à plus de 99 % des votants (cherchez l’erreur !) — est en effet soutenu par le gouvernement français. L’argument de la lutte antiterroriste permet au régime tunisien toutes les violations des droits humains.

En 2003 était publié, aux éditions Paris-Méditerranée, le témoignage d’un prisonnier tunisien, militant islamiste, sur les conditions carcérales en Tunisie :
« À l’exception de Rjim Maatoug, qui est un "camp de concentration" perdu dans le Sahara, toutes les prisons regorgent de détenus dont le nombre dépasse la capacité réelle d’accueil : le double dans quelques pénitenciers, le quadruple dans la majorité, si on applique les critères tunisiens. Mais si l’on se réfère aux normes humaines et sanitaires qui doivent être appliquées, lors il en résulte une disproportion incommensurable.
Les conditions de séjour diffèrent d’une prison à l’autre selon l’ancienneté et l’architecture de la prison, et sa compatibilité avec les normes nécessaires pour le séjour d’un grand nombre de détenus : la surface des cours, l’aération, les toilettes… La plupart des prisons sont des maisons d’arrêt, mais beaucoup de condamnés y purgent leur peine, bien que la loi stipule la séparation entre prévenus et condamnés.
Le nombre de détenus varie selon les saisons et les grâces. Le nombre 21570, pour une population de dix millions donne une proportion de 2,7/10000, à comparer aux 53 000 pour une population de soixante millions en France !
 »

Et l’on connaît l’inhumanité et les conditions carcérales déplorables en France !

Tunisie. Sous la plage, les barreaux…