La Particule humaine. Film de Semih Kaplanoglu. 8ème Festival Atmosphères. Tous pollués de Red ! et Stéphen Kerckhove. Chris The Swiss. Film documentaire et d’animation de Anja Kofmel. L’Envers d’une histoire. Un film documentaire de Mila Turajlic. 6e Panorama du cinéma colombien

dimanche 7 octobre 2018
par  CP
popularité : 17%

La Particule humaine
Film de Semih Kaplanoglu (10 octobre 2018)

8ème Festival Atmosphères
du 9 au 14 octobre à Coubevoie-La Défense

Tous pollués
Dessins de Red ! et textes de Stéphen Kerckhove (le passager clandestin)

Chris The Swiss
Film documentaire et d’animation de Anja Kofmel (3 octobre 2018)

L’Envers d’une histoire
Film documentaire de Mila Turajlic (24 octobre 2018)

6ème Panorama du cinéma colombien
Du 10 au 16 octobre au cinéma Reflet Médicis


La Particule humaine de Semih Kaplanoglu (10 octobre 2018)

« À quel point les nouvelles “valeurs éthiques mondiales” qui tentent d’être établies dans les industries de la nourriture, de la santé et de l’élevage reflètent-elles les valeurs de l’humanité ? »

L’eau, l’air, le sol, l’espace sont des richesses communes et essentielles pour toutes et tous, néanmoins elles sont quotidiennement détournées avec pour résultat des catastrophes, la misère, la mort au nom du profit à court terme. Les études objectives qui alertent, anticipent les risques et les changements drastiques — orchestrés par les apprentis sorciers d’un capitalisme meurtrier — existent, mais elles passent à la trappe… Quant aux résistances des populations directement menacées, elles sont à très haut risque.

Le film de Semih Kaplanoglu, la Particule humaine, analyse dans un futur proche, et même très proche, les conséquences d’une fuite en avant de la destruction de la nature, non seulement concernant la vie sur terre, humaine, animale, végétale… Mais également l’impact de ces conséquences sur la pensée, les comportements et les liens sociaux. Si l’on en juge par les graines, les aliments modifiés présentés, à coup de promotions, comme étant la solution pour éradiquer la famine dans le monde… C’est exactement le contraire que l’on constate : la famine est décuplée, les forêts sont détruites, les terres sont empoisonnées et rendues stériles, et les plans les plus mégalos et les plus inutiles font florès… Le « progrès » ? C’est plutôt un gâchis organisé soutenu par les États, une gabegie environnementale au détriment de l’humanité ; ceci s’amplifiant sous la férule de grands groupes exploitant à tout-va dans un but mercantile… Et après nous le déluge !


La Particule humaine de Semih Kaplanoglu se déroule dans un futur proche, à la suite d’un brusque changement climatique provoquant l’extinction de la vie sur terre. Plus d’animaux, plus de végétaux, une terre dévastée… Des pluies acides, des migrations climatiques, des épidémies incontrôlables qui déciment des régions entières et, au milieu quelques îlots, des villes presque en ruine, fortement gardées par des clôtures électrifiées, des boucliers magnétiques, des gardes armés, et une population parquée alentour espérant entrer dans des zones, soi-disant protégées.


Gros plan sur les grilles d’un énorme check point. Zoom arrière, on découvre les gardes surarmés, juchés sur le mur de séparation, qui surveillent une foule espérant en vain un droit de passage. Une petite fille est emmenée par une femme qui porte une blouse et une sorte de gant avec des puces électroniques lui permettant d’accéder à un espace protégé. Dans une pièce, un appareil vérifie si la fillette est autorisée à passer la barrière. Refusée. Les gosses sont ainsi trié.es, séparé.es des familles ou renvoyé.es vers les terres délaissées et à une mort programmée. La foule s’ébranle vers un camp de fortune. Un adolescent s’élance, malgré ses proches qui tentent de le retenir, vers la route interdite bordée de tours qui font penser à des miradors. Dès qu’il l’atteint, il s’enflamme instantanément : éradiqué.


La caméra passe de l’autre côté de la route : un champ de blé contraste avec la nature désertique où sont parqué.es les réfugié.es. La Particule humaine met en scène un ingénieur en génétique spécialiste des semences, Erol, qui constate la mutation des semences après quelques récoltes, et Cemil, dont la théorie sur le « chaos génétique » l’ont amené à quitter la ville pour la zone tampon, entre terres délaissées et Terres mortes. La rencontre de ces deux hommes et le voyage qu’ils font ensemble dans les Terres mortes ressemble à la fois à une quête et une prise de conscience.


On pense évidemment au Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, avec en prime une bureaucratie interne qui n’est pas sans rappeler 1984 de George Orwell, adapté au cinéma par Michael Radford, ou encore Soleil vert de Richard Fleischer. La Particule humaine est une fable humaniste, qui s’ancre dans une réalité contemporaine et s’interroge en même temps, au plan philosophique, sur les fondements des sociétés humaines. Le choix d’un splendide noir et blanc accentue encore la dimension âpre des décors, la désertification de la nature, les ruines urbaines et le graphisme glacial des bâtiments officiels. La force du cadre renforce le malaise, sans être vraiment futuriste, car le film est filmé en décor naturel, notamment à Détroit et en Cappadoce.
Dystopie réaliste, la Particule humaine sort le 10 octobre.


8ème Festival Atmosphères
du 9 au 14 octobre à Coubevoie - La Défense

22 films sont proposés au public au centre événementiel de Courbevoie, à l’Espace Carpeaux et au Cinéma d’Art et Essai Abel Gance.
CENTRE ÉVÉNEMENTIEL ET ESPACE CARPEAUX, 7 et 15 boulevard Aristide Briand ; CINÉMA ABEL GANCE, 184 boulevard Saint-Denis à Courbevoie…

Informations sur le site www.athmosphèresfestival.com

Outre la Particule humaine, d’autres films de fiction et documentaires — des avant-premières, des inédits — seront projetés en présence de réalisateurs et réalisatrices pendant le Festival Atmosphères, par exemple :

Terra Libre de Gert-Peter Bruch , sur les ravages de l’Amazonie,

Tazzeka de Jean-Philippe Gaud , dont nous diffuserons un entretien samedi prochain. Tazzeka est un conte moderne sur les secrets de la cuisine traditionnelle, mais aussi sur les migrations…

La Mano invisible de David Macian, une critique de la société où le travail est déshumanisé… et beaucoup d’autres films, fictions et documentaires…

Le Festival Atmosphères, c’est également des débats, des rencontres, de la musique…

Pour consulter le programme dans son ensemble :
www.athmosphèresfestival.com

Le 8ème Festival Atmosphères, du 9 au 14 octobre à Coubevoie - La Défense.

Tous pollués de Red ! et Stéphen Kerckhove
Dans ce livre, le focus est mis sur la situation planétaire catastrophique. L’eau est souillée, l’air pollué, le climat déréglé, l’alimentation contaminée, la terre artificialisée, autant de faits dont les conséquences mettent en jeu la survie des espèces végétales et animales, et bien sûr des êtres humains. La « parenthèse humaine » est condamnée à court ou moyen terme par l’accumulation des menaces climatiques, énergétiques, génétiques, chimiques ou nanotechnologiques.

Tous pollués de Red ! et Stéphen Kerckhove se présente dans un inventaire alphabétique dans lequel dialoguent un écologiste et le dessinateur, qui détourne des œuvres connues en se les réappropriant. C’est à la fois un dialogue critique et humoristique qui réalise un tour d’horizon des « principales sources de pollution » et lève ainsi « un coin du voile sur les contaminations auxquelles nous sommes [quotidiennement et à notre insu] exposé.es ». Et il y a de quoi dire et se mobiliser : « Malbouffe, OGM, antibiotiques, pollution de l’air, nuisances sonores, déchets plastiques, nucléaire, transhumanisme… »

Quelques extraits, en passant :
Pesticides (avec en illustration un tableau d’Arcimboldo) :

Entre 2009 et 2014, la France a augmenté de 25 % sa consommation de pesticides. L’hexagone s’était pourtant engagé à diviser par deux le recours aux insecticides, herbicides et autres fongicides d’ici 2018. Forts de cet échec, les responsables politiques ont adopté un plan Écophyto2, dans l’attente de constater le prochain échec et l’adoption d’un énième plan 3, 4 ou 1562…
Vice-championne d’Europe, la France achète entre 60 000 et 75 000 tonnes de pesticides. Dans le monde merveilleux de l’agrochimie, chaque insecte est un prédateur à combattre et chaque adventice une mauvaise herbe à éradiquer. Collatéralement, ce sont tous les écosystèmes qui subissent les effets de cette guerre au vivant, engagée par l’industrie des pesticides aux insectes, vers de terre, oiseaux…

Linky (d’après Mondrian) :

Dans un monde qui multiplie les expositions aux champs électromagnétiques, le compteur électrique Linky est peut-être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Entre les téléphones sans fil et le wifi, le four micro-ondes et les puces RFID, la plaque à induction et le dernier gadget communicant, le compteur présenté comme « intelligent » va accroître le smog électromagnétique en émettant régulièrement un signal par voie hertzienne. Ce signal permet un relevé à distance des consommations de l’électricité et prochainement de l’eau et du gaz. Ce compteur est donc avant tout un outil permettant de réduire le nombre de salariés chargés de relever les compteurs. Mais le remplacement des 35 millions de compteurs d’ici 2021 par ces compteurs communicants rencontre l’hostilité grandissante de citoyens refusant cette exposition faible mais chronique à une nouvelle source d’émission électromagnétique.

Nucléaire (illustré par un détournement des colonnes de Burenne) :

Plus de trente ans après la première catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le bilan humain reste sujet à caution et a toujours été minoré par les apôtres de l’atome. La fourchette (radioactive) se situe entre 9 000 (!) et un million de morts, décès imputables directement à la radioactivité !

De la même manière que le réalisateur de La Particule humaine nous alerte sur l’imminence du danger en mettant en scène l’irrémédiable destruction de la terre, Tous pollués souligne, avec force détails, la responsabilité des autorités et leurs décisions imbéciles face aux risques encourus. Nous sommes tous et toutes concerné.es par cet écocide, largement minimisé ou récupéré par les intérêts financiers et il est temps de réagir.

Le 8ème Festival Atmosphères, La Particule humaine de Semih Kaplanoglu sur les écrans le 10 octobre, Tous pollués de Red ! et Stéphen Kerckhove, publié par le Passager clandestin le 18 octobre… Impossible de dire que l’on ne savait pas !

Un autre bouquin en remet d’ailleurs une couche :
Pas de plastique dans nos assiettes !
Des perturbateurs endocriniens à la cantine


C’est publié aux éditions Détour par l’Association Cantine sans plastique France, avec une préface d’Ana Soto.

Un scandale sanitaire à l’école : véritable « cocktail toxique » et « bombe à retardement ». Les scientifiques dénoncent le danger des perturbateurs endocriniens contenus dans les pesticides et les plastiques. Pourtant ils sont aujourd’hui massivement employés dans les cantines de nos écoles.

Chris The Swiss
Film documentaire et d’animation de Anja Kofmel (3 octobre 2018)


Croatie, 7 janvier 1992. Le siège de Vukovar par l’armée yougoslave, l’épisode d’une guerre atroce, dure depuis plusieurs mois. À 30 kilomètres de là, on découvre le corps d’un journaliste suisse de 27 ans, Christian Würtenberg. Il est vêtu de l’uniforme d’un groupe international de mercenaires. L’autopsie révèle qu’il a été étranglé. En réalité, le journaliste n’a rejoint le PIV (Première section internationale de volontaires) que quelques semaines plus tôt. Ce groupe paramilitaire fondé par Eduardo Rozsa Flores, surnommé « Chico », a été chargé de « purifier » de sa population serbe la région frontalière avec la Serbie.

20 ans plus tard, sa cousine, la réalisatrice Anja Kofmel, décide de mener une enquête à partir des carnets du journaliste pour reconstituer les dernières semaines de sa vie et comprendre son attirance pour la guerre. Les interprétations du meurtre de Chris diffèrent selon les personnes qu’elle rencontre. Selon des journalistes, il préparait un livre sur le groupe paramilitaire chargé de «  nettoyer » des zones des populations civiles. Ses notes ont disparu. D’anciens mercenaires pensent qu’il s’est trop approché des enjeux occultes du groupe raciste, sans doute financé par l’Opus Dei.

Dans ses reportages, tirés des archives de l’époque, Chris condamne une guerre sale faite aux populations civiles, de part et d’autre, en impliquant les puissances internationales et les marchands d’armes. S’il était vêtu de l’uniforme d’une milice étrangère, il est difficile de penser qu’il faisait partie d’un groupe qui tuait pour le plaisir. Anja Kofmel interroge Carlos en prison qui émet l’idée que le journaliste assassiné était un agent secret suisse. Personne jusqu’à présent ne connaît l’implication réelle de Chris dans le conflit. Seule demeure la souffrance d’une famille devant l’inexplicable.
Le film, qui utilise l’animation pour les images « manquantes », les hypothèses et les rêves de la réalisatrice, lorsqu’elle était enfant, est impressionnant ; son enquête — travail et documents remarquables — éclaire un conflit complexe.

« L’histoire de mon cousin [remarque Anja Kofmel] me conduit dans un monde inquiétant dominé par les hommes, qui attisent la haine et intimident la population pour assouvir leur soif de pouvoir. Elle me montre à quel point les structures de notre société sont fragiles, comme il en faut peu pour saper une cohabitation paisible, pas seulement dans l’ancienne Yougoslavie, mais partout dans le monde. » Sa démarche et sa réalisation est à rapprocher de celles de Mila Turajlic dans son film, L’Envers d’une histoire, où se mêle aussi le personnel et l’universel.
Chris the Swiss de Anja Kofmel est sorti le 3 octobre.

L’Envers d’une histoire
Film documentaire de Mila Turajlić (24 octobre 2018)


Je suis née en 1979, j’avais 1 an quand Tito est mort et 11 ans quand Miloševic est arrivé au pouvoir, 12 ans quand la guerre en ex-Yougoslavie a commencé, 16 quand elle s’est achevée, 20 ans quand l’OTAN nous a bombardés, 21 quand nous nous sommes finalement débarrassés de Miloševic, 24 lorsque notre Premier ministre a été assassiné, et aujourd’hui, à l’âge mûr de 39 ans, je veux parler de mon pays, d’un point de vue très personnel, et d’un point de départ très précis — l’endroit où je vis.

En 2010, Mila a réalisé un premier film documentaire, Cinema Komunisto, présenté au festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier. La mémoire manipulée lorsque Tito a utilisé l’industrie cinématographique pour créer l’histoire d’un pays qui n’existe pas, sauf au cinéma.

Dans son nouveau film, la réalisatrice s’attache à revenir sur une histoire confisquée, celle de la résistance serbe à la guerre durant les années 1990. Les deux films, l’Envers de l’histoire et Cinema Komunisto sont liés par un point essentiel : le processus de réécriture de l’histoire officielle au profit du roman national. L’Envers de l’histoireun Siècle yougoslave en second titre —, part d’une porte condamnée dans un appartement du centre de Belgrade, un lieu divisé qui révèle l’histoire d’une famille et d’un pays. Filmer les événements dans et depuis l’appartement familial, mêler l’intime et l’engagement politique donne une dimension différente à l’approche et à la compréhension de la situation. Bien différente en effet des interprétations médiatiques tant nationales et qu’internationales de l’époque.

Filmé sur plusieurs années, le film s’attache peu à peu au portrait de la mère de la réalisatrice, universitaire engagée et très critique du régime de Slobodan Miloševic. Leurs conversations deviennent alors le centre du film, autour duquel s’articulent les analyses de la lutte et de la responsabilité, soulignée avec lucidité par sa mère à propos du silence, du chaos, de la guerre et de la corruption : « On ne sait pas comment une guerre éclate, surtout une guerre civile ».

« Notre maison se trouve dans le centre politique de Belgrade [explique la réalisatrice] — de l’autre côté de la rue se trouvent le ministère de la Défense qui a été bombardé en 1999, la Cour suprême et l’ambassade britannique. J’ai filmé des protestations devant le tribunal, des gens faisant la queue pour des visas, des cordons de police et des gens qui se disputaient, et ces petits aperçus de vie dans la rue donnent un avant-goût des événements qui se déroulent en Serbie aujourd’hui. »


Le montage d’archives non officielles offre également un panel d’images inédites et inattendues, le film permet ainsi de « restituer le passé » des années 1990, un passé quelque peu dérangeant. En effet, « Les archives soulignent qu’à chaque étape de la montée du nationalisme, de l’éclatement de la guerre, de la répression brutale du régime et même de l’euphorie de la révolution, il y a eu des voix de la raison, qui se trouvèrent noyées dans l’hystérie. »

L’Envers de l’histoire sort le 24 octobre prochain.


Panorama du cinéma colombien (6ème)
Du 10 au 16 octobre au Reflet Médicis
Ouverture au cinéma l’Arlequin

www.panoramaducinemacolombien.com

FULLACHEDE (FULLHD)
Carolina Navas & Catalina Torres (Colombie / Documentaire)

FULL HD est une plongée dans un univers féminin où la danse, les rêves et l’amitié font de la résistance, face à l’adversité et la mort, dans l’un des quartiers les plus violents et complexes de Cali, en Colombie.

Les jours passent et Nicole, qui rêve de rejoindre son copain sans papiers à Houston aux États-Unis, attend son visa. Erika, une mère célibataire, voit grandir son enfant dans l’incertitude et la solitude causée par l’absence de ses proches, disparus à cause de la violence.

LA DEFENSA DEL DRAGÓN (LA DÉFENSE DU DRAGON)
Natalia Santa (Colombie)

Au cœur de Bogotá, trois vieux amis, Samuel, Joaquín et Marcos, passent leurs journées entre le légendaire club d’échecs Lasker, le Casino Caribéen et le café traditionnel La Normanda. Joueur d’échecs professionnel, Samuel vit des paris qu’il fait sur les petites parties qu’il est certain de gagner. Son meilleur ami, Joaquín, horloger accompli, est quant à lui sur le point de perdre la petite boutique qu’il a héritée de son père. Quant à Marcos, homéopathe espagnol, il consacre son temps à chercher la formule qui lui permettra de gagner au poker. Tous trois vivent à l’abri de leurs routines quotidiennes, évitant ainsi soigneusement de faire face à leurs échecs. Leur confrontation à la réalité va les faire chanceler.

LA TORRE (LA TOUR)
Sebastián Múnera (Colombie - Mexique / Experimental)

Trois personnages déambulent aux alentours de la Bibliothèque Publique de Medellín et à l’intérieur de la “Tour de la Mémoire”, dans laquelle se trouve l’une des plus grandes archives photographiques de Colombie. Trois personnages fantasmagoriques : un restaurateur de photographies, une ancienne employée de la bibliothèque et un ouvrier, qui habitent un espace dystopique, entre déménagement et reconstruction. En 2004, la bibliothèque fut victime d’un attentat terroriste qui laissa non seulement un registre de ruines, mais aussi une image photographique cachée pendant des années, qui se révèle peu à peu.

MARIANA
Chris Gude (Colombie / Experimental)

La Guajira est une péninsule traversée entre la Colombie et le Venezuela. Elle est peuplée d’indigènes combatifs mais aussi d’aventuriers déshérités. Certains profitent de la périphérie pour passer faire de la contrebande dans les ports isolés et sur le désert escarpé. Ils écrivent leur manifeste rebelle sur le sable des chemins entrecroisés et leurs moteurs brisés accompagnent leurs voix solitaires d’une musique hétérodoxe, encourageant leur indiscipline et leur adhésion au nomadisme pur.

SAL (SEL)
William Vega (Colombie – France)

Dans une immensité désertique magnifique, alors qu’il est à la recherche de son père disparu, peut-être à cause de la guérilla, Heraldo a un accident de moto. Grâce à un couple d’ermites solitaires qui le recueillent et le soignent avec du sel et des cactus aux effets hallucinogènes, Heraldo va se souvenir du passé et remettre en question le but de son voyage et de sa vie.

SEÑORITA MARÍA (MADEMOISELLE MARIA)
Rubén Mendoza (Colombie/documentaire)
Film d’ouverture

À Boavita, village catholique conservateur dans les montagnes colombiennes, la Señorita María Luisa vit paisiblement dans sa cabane, toujours vêtue d’une robe. 45 ans plus tôt, son état civil l’identifie comme une personne de sexe masculin. Inlassablement, elle mène son quotidien avec une intime conviction qui la conduit à s’affirmer face aux autres, cultivant sa terre comme elle cultive sa vie.

9 DISPAROS (9 TIRS)
Jorge Giraldo (Colombie/documentaire)

Je suis Jorge Giraldo et j’ai grandi parmi les déclics de l’appareil photo grâce auquel ma mère, abandonnée par mon père, a pu m’élever. Lorsque je suis né, ma mère, qui se trouvait dans le besoin, est devenue photographe de squares et d’églises, puis elle est passée à la vidéo qui lui a permis de gagner sa vie tout en filmant celle-ci dans les moindres détails. Aujourd’hui, je reconstruis ma vie en visitant les images que ma mère, puis moi-même, avons élaborées compulsivement, me souvenant de ces déclics mais aussi d’autres tirs qui m’ont transformé physiquement et mentalement de manière définitive. Si l’on naît pauvre en Colombie, comme je suis né, on est condamné à participer à la guerre, peu importe le camp.

COURTS-MÉTRAGES EN COMPÉTITION :
LA JUNGLA TE CONOCE MEJOR QUE TU MISMO (LA FÔRET TE CONNAÎT MIEUX QUE TOI MÊME)
Juanita Onzaga (Belgique – Colombie)

En Colombie, entre la violence de la ville et la sérénité quasi mystique de la jungle, un frère et une sœur évoquent leurs sentiments face au souvenir de leur père mystérieusement disparu.

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Du 10 au 16 octobre au Reflet Médicis

www.panoramaducinemacolombien.com


Le Corps des femmes. La bataille de l’intime de Camille Froidevaux-Metterie (éditions Philosophie magazine).

L’auteure revient sur les conséquences de l’affaire Weinstein et montre comment ce scandale s’inscrit dans un mouvement de réappropriation par les femmes de leur corps dans ses dimensions intimes. Elle analyse, en tant que philosophe et en tant que femme, des faits universels comme les règles, la maternité et le non désir d’enfant, les seins, la sexualité, etc.


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