Les féministes maghrébines et les mouvements politiques et syndicaux

Avec Nadia Chaabane
dimanche 27 janvier 2008
par  CP
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« C’est grâce aux femmes que l’on sortira le pays de l’ornière. » Le Harem politique, Fatima Mernissi.

Dans les trois pays du Maghreb, les mouvements féministes revendiquent l’égalité des droits qui, au-delà du statut personnel, touche les droits politiques, sociaux et économiques. La situation est contrastée dans les pays du Maghreb sur le plan normatif. C’est en Tunisie que l’égalité juridique est la plus avancée mais tout comme en France, l’égalité effective des droits demeure formelle quand elle est prévue. Cette revendication des droits interpelle avec plus d’acuité les mouvements politiques et syndicaux dans des pays dominés par des pouvoirs autoritaires.

Le mouvement féministe est-il mort dans les trois pays du Maghreb ? Pour en débattre et faire un état des lieux, l’ATF, APEL, ASFAD, Pluri-elles Algérie et le RAJFIRE organisent un cycle de séminaires :
«  Histoire croisée des luttes des femmes maghrébines pour les droits  ».

Maroc : 8000 associations sont sur le terrain du social, mais il n’existe pas de lutte contre le pouvoir, rien sur le terrain politique ou contre l’islamisme et pas de priorités sur la question des droits. Le social prime au détriment du politique.

Algérie : les femmes étaient actives pendant la guerre d’indépendance. À la différence des deux autres pays sous protectorat, le colonialisme français avait annexé l’Algérie. Après la lutte, on retourne aux rapports traditionnels quand il n’y a pas régression au nom des difficultés sociales. Le code de la famille de 1984 a été une terrible régression du droit des femmes et ont fait d’elles des "mineures à vie". Toutes les associations sont contre le code de la famille de 1984.

Mentalités et lois : la polygamie ? Le mariage des femmes avec des non musulmans (mariages mixtes interdits par la loi pour les femmes) ? Les codes de la famille dans les trois pays du Maghreb ?

—  Héritage ?

—  Séparation et garde des enfants ?

— Concubinage ? (interdit en Tunisie)

— Mère célibataire ?

— Contraception et droit à l’IVG ?

— L’éducation des filles ?

— Les mariages forcés ?

— Égalité des salaires ?

Les mentalités changeront-elles après le vote de nouvelles lois ? Bataille politique : comment l’initier si les droits sont de plus en plus rognés ?

Religion et État. L’Islam est une religion d’État dans les 3 constitutions : article 1 en Tunisie, 2 en Algérie et au Maroc.
La première bataille passe par la loi. Quelle est l’indépendance des associations vis-à-vis des pouvoirs ? Si l’on défend les droits des femmes, on est contre la dictature, pour la laïcité et la démocratie.

L’ATF, APEL, ASFAD, Pluri-elles Algérie et le RAJFIRE organisent un cycle de séminaires «  Histoire croisée des luttes des femmes maghrébines pour les droits  ».
Les premiers mouvements féministes ont émergé dans les années 1970 et 1980 aussi bien en France que dans les trois pays du Maghreb et ont évolué dans leurs luttes pour l’égalité des droits. Il n’est donc pas inintéressant de faire croiser les expériences et d’en évaluer l’impact sur les sociétés.
Plusieurs interrogations et plusieurs thématiques nous semblent incontournables afin d’effectuer un travail de bilan et d’en rendre compte. Cette interrogation autour de la mémoire et de l’histoire permet de réfléchir le présent et d’échanger autour des expériences. Cela ne peut qu’enrichir le débat et aussi rendre visible les luttes souvent méconnues et parfois dénigrées.
Comment les femmes maghrébines ou/et originaires du Maghreb se sont-elles organisées en France et au Maghreb ?
Quelles stratégies ont-elles adoptées (au niveau organisationnel et revendicatif) ?
Quels en ont été l’évolution et l’impact dans les différentes sociétés au niveau législatif, des pratiques sociales et de la prise en charge ou non de leurs revendications par les autres composantes de la société civile et des partis politiques ?
Y a-t-il eu une interaction Sud/Sud, Nord/Sud, Sud/Nord et comment s’est-t-elle exprimée ?
Quelles priorités aujourd’hui et quelles perspectives peuvent être envisagées ?

Séminaire I (23 septembre 2006, Mairie du 10ème, Paris) :
Les mouvements des femmes en Algérie, au Maroc, en Tunisie et des femmes maghrébines en France depuis les années 1970.

Pour introduire ce cycle de conférences, il est nécessaire de situer les mouvements de femmes Maghrébines dans une perspective historique, d’en recenser les expressions les plus significatives, les formes organisationnelles et les axes prioritaires.

Séminaire II (21 octobre 2006, Mairie du 10ème, Paris) :
Les féministes maghrébines et les mouvements politiques et syndicaux.

Dans les trois pays du Maghreb, les mouvements féministes revendiquent l’égalité des droits qui, au-delà du statut personnel, touche les droits politiques, sociaux et économiques. La situation est contrastée dans les pays du Maghreb sur le plan normatif. C’est en Tunisie que l’égalité juridique est la plus avancée mais tout comme en France, l’égalité effective des droits demeure formelle quand elle est prévue. Cette revendication des droits interpelle avec plus d’acuité les mouvements politiques et syndicaux dans des pays dominés par des pouvoirs autoritaires.
Ces mouvements se sont-ils appropriés les revendications des mouvements de femmes, et si oui, comment ?
Ont-ils intégré ou non les militantes féministes ? Quels témoignages d’expériences vécues ?

Séminaire III (11 novembre 2006) :
Les féministes face à l’islamisme

À partir des années 80, dans les trois pays du Maghreb, l’Islam politique a été l’une des alternatives proposées par des mouvements porteurs d’un projet de société inégalitaire envers les femmes.
Comment les féministes se sont-elles positionné face à l’islamisme ?
Quels discours et quelles stratégies ont-elles développés ?

Séminaire IV (16 décembre 2006) :
Les interactions Nord/Sud, Sud/Sud, Sud/Nord et les stratégies de lutte

Dans leur lutte pour les Droits, les femmes maghrébines (aussi bien en France que dans chacun des trois pays du Maghreb) ont confronté des résistances et des obstacles, mais ont aussi développé des solidarités. De par la proximité, l’histoire, et parce qu’elle est le principal pays d’accueil de l’immigration maghrébine, la France est au cœur des interactions possibles entre le Nord et le Sud. Quelles ont été ces interactions et quelles significations dans l’histoire récente des mouvements de femmes ? Quel a été aussi l’impact des mouvements des femmes dans les pays du Maghreb sur les luttes de femmes maghrébines en France ? Dans le même temps, la situation des femmes dans les trois pays est inégale : quelles ont été les stratégies et priorités des mouvements de femmes et quelles interactions Sud/Sud ? Autour de ces questionnements, une conférence réunira des actrices des trois pays du Maghreb et de France.

Séminaire V (20 janvier 2007) :
L’impact des luttes, les avancées et les perspectives

Les mouvements et luttes des femmes maghrébines aussi bien en France que dans les pays du Maghreb ont incontestablement un impact dans les deux sphères (Maghreb/France) Quel a été cet impact ? Au niveau des droits : quels acquis ? Quelles avancées, quelles perspectives et avec quels outils ? Autour de ces questionnements prospectifs, interviendront des militantes associatives et des universitaires.


Cette série de séminaires ont eu lieu à la
Mairie du 10ème arrondissement de Paris
72, rue du faubourg St Martin
métro : Château d’eau / Gare de l’Est