Appel du Printemps de la Psychiatrie. Opération « déconnexion ». Halte au codage de soins. CQFD N° 187. Réfractions n° 43. Chroniques Noir et rouge n° 1. Mémoire pour le futur - Memoria Libertalia…

lundi 1er juin 2020
par  CP
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Chroniques syndicales :
Appel du Printemps de la Psychiatrie
Opération « déconnexion »
Halte au codage de soins

Chroniques rebelles :
CQFD N° 187

Réfractions n° 43

Chroniques Noir et rouge n° 1
Revue critique bibliographique du mouvement libertaire

Mémoire pour le futur - Memoria Libertalia
Analyses et textes sur la mémoire libertaire espagnole
En compagnie de Daniel Piños

Suite à une enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie. Pour construire la grève des données.

Cette enquête est le fruit de nombreux échanges au sein de la Commission contre les outils gestionnaires (réunissant des soignant.es travaillant en psychiatrie et des personnes issues d’autres secteurs) créée pendant le Printemps de la Psychiatrie. Elle se veut être une contribution à la lutte contre la destruction d’une psychiatrie publique à visage humain, basée sur l’accueil, l’écoute et la relation. Cette lutte s’inspire des expériences d’accueil de la souffrance psychique ouvertes entre autres par le désaliénisme et la psychothérapie institutionnelle ainsi que de toutes les tentatives qui ont poussé à une modification des possibles en psychiatrie. L’idée du secteur tel qu’il a été mis en place dès 1960 doit rester que chacun.e, quels que soient son lieu d’habitation et sa situation sociale, puisse avoir accès à des soins psychiques de qualité.

Nous nous inscrivons dans un champ de pratiques hétérogènes qui respectent la singularité, l’histoire et le vécu des patient.es. Des pratiques qui tiennent compte de la globalité du sujet et de l’intrication du vécu psychique, propre à son histoire, avec ses conditions d’existence, relevant quant à elles de l’environnement social et politique. Car sans la prise en compte de la double aliénation psycho-sociale du sujet, le psychiatre finit par se prendre pour le psychiatre et le fou n’a plus qu’à se prendre pour le fou. Autrement dit, « sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est [l’être humain] même qui disparaît ».

Une grève des actes en psychiatrie serait un temps de possible invention du commun. La grève, ou plutôt les grèves, s’inscrivent dans une histoire sociale commune, elles sont la possibilité d’une rupture d’un sens qu’on nous impose et permettent l’élaboration en puissance du commun et du sens que l’on veut faire exister. Bien loin de l’unique poncif « C’est par la grève qu’on va gagner », déployer la grève c’est faire vivre l’idée qu’il est des espaces et des temps où tout est à construire, une fois libérés d’un salariat aliéné au taylorisme et au Lean Management jusque dans nos hôpitaux publics. « Toute grève est la possibilité d’émancipation de la communauté en tant qu’elle se saisit d’elle-même ». En d’autres termes, se réapproprier la grève, c’est ne pas se laisser déposséder par la machine technocratique capitaliste et le lot de catastrophe sanitaire et climatique qu’elle va continuer à nous faire vivre...
Commission contre les Outils Gestionnaires du Printemps de la Psychiatrie.
5 avril 2020 (Extrait de l’enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie).

Les Jeudis de la colère
Jeudi 21 mai 2020. Rassemblement devant l’hôpital Robert Debré (Porte du Pré St Gervais-75019).
Des centaines de participants pour soutenir les revendications du personnel soignant et en finir avec la gestion purement comptable du Service public. Quand médecins et infirmiers sont sortis de l’hosto en cortège pour nous rejoindre, ça été du délire. Pas grand chose à voir avec la messe des applaudissements de 20h.

Le rassemblement s’est transformé en mini manif : pratiquement tout le monde masqué, mais un vrai rassemblement et une vraie manif coude à coude et en rangs serrés, sans distances-barrières ; une vraie foule quoi !
Le personnel soignant a pris la tête du cortège direct sur les forces de l’ordre disposées devant leurs camions en travers de la voie. Ils ont eu juste le temps de remonter dans leurs véhicules et de se tirer nous laissant le passage. Sur le chemin du retour, j’ai pu constater que la Place des Fêtes étaient cernée par 20 cars de flics en renfort éventuel.

Outre le personnel de Robert Debré, il y avait des représentants de Tenon (75020), de Delafontaine (St Denis), des pédopsychiatres, un message de soutien du centre hospitalier de Toulouse. Ça s’est terminé par un appel à se rassembler devant tous les hôpitaux chaque jeudi à 13h30 (opération "jeudis de la révolte").
À SUIVRE…

Chroniques rebelles
CQFD n° 187
Réfractions n° 43
Chroniques Noir et rouge n° 1
Revue critique bibliographique du mouvement libertaire
Mémoire pour le futur - Memoria Libertalia
Analyses et textes sur la mémoire libertaire espagnole
En compagnie de Daniel Piños

Avant de parler des revues, un mot sur le cinéma, beaucoup de films sont suspendus à la décision d’ouverture des salles, d’autres sortent sur des plateformes VOD… Pour le moment les perspectives sont floues. La semaine dernière, nous avons diffusé un entretien avec Amin Sidi-Boumédiène, réalisateur de Abou Leila, et du comédien Lyes Salem, la sortie du film en VOD étant prévue auparavant le 27 mai. La décision a été prise finalement d’attendre la mi-juillet pour une sortie en salles. Il est vrai que les images de Abu Leila sont particulièrement étonnantes, filmées dans le désert saharien en novembre, au moment où les lumières sont superbes.

Des questions en suspens, par exemple, concernant L’envolée d’Eva Riley, Midnight Runner de Hannes Baumgartner, Pour l’éternité de Roy Anderson, La Nuit venue de Frédéric Farrucci, Les Mondes parallèles, très belle animation de Yuhei Sakuragi et bien d’autres encore…

Trois films à voir cependant :
The Room
Film de Christian Volckman (VOD depuis le 14 mai (Condor Distribution)


Un couple d’artistes new-yorkais emménagent à la campagne, dans une ancienne demeure et commencent des travaux de rénovation. Un soir, Matt découvre une porte dissimulée qui ouvre sur une pièce étrange où tout souhait formulé à voix haute est exaucé. C’est l’euphorie, mais celle-ci se transforme vite en angoisse. La maison réserve d’autres surprises et d’ailleurs les anciens habitants ont disparu dans des circonstances tragiques.
The Room de Christian Volckman est un film de terreur finement dosé, qui joue sur le quotidien et les désirs inavoués.

The Room de Christian Volckman, thriller fantastique, en VOD depuis le 14 mai (Condor Distribution)

L’oiseau de paradis
Film de Paul Manate sort en VOD le 24 mai


Teivi, jeune assistant parlementaire métis, opportuniste et impliqué dans la campagne électorale de son parrain, gère également pour lui le projet immobilier d’un complexe touristique, ce qui entraîne l’évacuation de populations vivant sur le site de la future construction. Teivi est le reflet même du pouvoir politique et économique détenus par les Blancs et les « demis », c’est-à-dire les métis, et n’a guère d’état d’âme quant aux dérives illégales pour chasser les habitants du site visé. Les archipels de la Polynésie française vivent essentiellement du tourisme, d’où la main mise capitaliste sur des endroits encore paradisiaques, mais pour combien de temps ?

À l’occasion d’une visite de l’une de ses tantes pour une cousine maorie, Yasmina, cette dernière est saisie d’une sorte de transe et lui révèle qu’il est en danger de mort. Troublé par cette prédiction, Teivi a, peu après, un accident sur le chantier. Il tente alors de revoir cette cousine dont tout le monde dit qu’elle a des pouvoirs magiques.

C’est tout d’abord le récit d’une légende, celle d’une ogresse habitant une des îles de la Polynésie, puis le film mêle à la fois le contexte social, culturel et politique d’une région que l’on connaît surtout par le tourisme et l’exotisme. L’Oiseau de paradis raconte une légende contemporaine. Un film fascinant.
L’oiseau de paradis de Paul Manate en VOD le 24 mai

Technoboss
Un film de Joao Nicolau (sortie nationalle 27 mai )
où il est question de la retraite d’un homme excentrique, de chansons, d’une rencontre romantique, d’un chat, de famille et de vieillir autrement.

CQFD n° 187

PAS DE VACCIN CONTRE LA COLÈRE SOCIALE
À l’heure où le coronavirus contamine la planète, nous à CQFD, on a bête- ment contracté... la rage.
Qu’on nous comprenne : comment ne pas avoir la bave aux lèvres dans un pays qui, en 2004, a transformé l’hôpital en supérette de la santé avec, entre autres, la tarification à l’activité (T2A) ? Comment ne pas serrer les dents face à la fermeture de plus de 13 600 lits en six ans dans les établissements publics 1 ? Pendant ce temps, et très activement depuis un an, le personnel des hostos, des aides-soignants aux chefs de service, a tenté par tous les moyens de faire savoir qu’il était à l’os. Il n’a récolté que mépris – et gaz lacrymos.

La rage contre cette bourgeoisie, petite ou grande, qui finit par reconnaître du bout des lèvres – et avec condescendance – l’utilité sociale des agents d’entretien ou de caisse, des infirmiers, éducateurs, paysans, éboueurs... Tous ces quidams bien plus utiles que n’importe quel responsable marketing en télétravail et qui étaient descendus en flamme quand ils arboraient fièrement leurs gilets jaunes.

La rage aussi contre Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, qui se pose la question « du temps de travail, des jours fériés et des congés payés » pour nous faire trimer « un peu plus » afin « d’accompagner la reprise 2 ». Soit une vieille revendication de son syndicat patronal toujours pas rassasié par le détricotage du Code du travail.

La rage contre les contrôles de police et les violences qui en découlent. La rage contre ces gardes à vue pour de simples banderoles, comme celle de cette Toulousaine qui a eu le tort – mais bien raison – d’afficher devant chez elle : « Macronavirus : à quand la fin ? »…

Réfractions n° 43
La question de l’universel a ressurgi avec l’émergence de la pensée coloniale, et le déplacement des approches théoriques et militantes de l’émancipation qu’elle a entraîné, mettant en avant les particularismes et les identités et voulant renvoyer les visées universelles émancipatoires dans un passé dépassé ; or, ces nouvelles approches ont pris le risque de ne pas échapper à des effets re-essentialisants, identarisants et excluants.

Ce numéro entend donc repenser la question selon ces enjeux, en interrogeant ce que serait un universalisme accueillant les différences (et à quelles conditions il peut être utile à une visée libertaire de l’autonomie), ou en pariant au contraire sur son inutilité et sa disparition. Comme souvent, il offre une pluralité d’approches et de points de vue et ne prétend pas trancher dans le débat ni apporter de solutions.

Traditionnellement, l’anarchisme est ouvert à un relativisme garant des différences et gage de tolérance, mais aussi profondément attaché à l’universalité des valeurs de liberté et d’égalité. On retrouvera ce balancement au fil des textes, le plateau penchant alternativement dans un sens ou un autre.

Monique Rouillé-Boireau s’essaie à penser un universel renouvelé, en revenant sur les limites de la critique postmoderne des Lumières trop oublieuse de son héritage critique et émancipatoire, qu’elle s’emploie à repréciser, pour envisager ensuite un universel repensé dans la pluralité et respectueux de la diversité culturelle, et conclure à l’indispensable conservation d’un universalisme régulateur, seul garant de l’appartenance au genre humain, car si les droits de l’homme ne sont pas universels, leur défaut fait ressurgir à vif un universel de l’humain. L’universel peut être alors un horizon, une figure de la résistance.

Tomas Ibañez quant à lui soutient que les tentatives, politiquement fort louables, de renouveler l’universel introduisent par la fenêtre les travers du vieil universalisme qu’elles chassent par la porte. Le fait de proclamer l’universalité de certaines valeurs n’ajoute rien à la volonté anarchiste de les défendre mais revient à les situer hors du champ des décisions humaines, qui sont inévitablement contextualisées et historiques a contrario de ce qu’implique l’universalisme. Ce n’est là que l’une des raisons qui lui font dire que l’anarchisme se doit d’être un anti-universalisme.

Suivent deux textes prenant du recul historique. D. Colson confronte sur cette question les deux grands courants politiques qui ont rivalisé dans les luttes sociales pendant plus d’un siècle et demi : le marxisme et l’anarchisme. Il précise l’affrontement historique entre le pragmatisme anarchiste et le dogmatisme marxiste, avec d’un côté « la classe ouvrière » du marxisme et de l’autre côté « les classes ouvrières » de Proudhon porteuses par leur nombre et leur singularité d’un possible émancipateur. […]
La rubrique Anarchive reprend un texte d’Eduardo Colombo publié dans l’ouvrage Tout est relatif. – Peut-être. Pour l’auteur, l’absence de certitudes fondamentales (le relativisme radical) exige une vision universaliste qui ne peut être affirmée sans expliciter les valeurs qui soutiennent cette vision. etc. (La commission du numéro 43)

Chroniques Noir et rouge n° 1
Revue critique bibliographique du mouvement libertaire

L’ “Hérodote de la CNT” : José Peirats et “la CNT dans la révolution espagnole”.
L’anarchosyndicalisme défini par josé Peirats.
Kiva maidanik : un écrivain soviétique de la guerre d’Espagne.
William Godwin : un écrivain à l’atelier de création libertaire.
Fils de voleur un roman de l’écrivain chilien Manuel Rojas.
Le miroir des passions tristes.
Chronique de la fin annoncée de notre monde.
L’homme sans horizon.
Punk is not dead.

En compagnie de Daniel Piños
Mémoire pour le futur - Memoria Libertalia
Analyses et textes sur la mémoire libertaire espagnole

Lectures Nicolas Mourer