Hind Meddeb et le Soudan : concert, livre, rencontres d’Arles, tournage… Petite maman de Céline Sciamma. The Amusement Park de George Romero. Les Séminaristes de Ivan Ostrochovsky. Théâtre : Manifeste Rien : Rappel à l’ordre d’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel. Voix du théâtre en Palestine de Jonathan Daitch.

lundi 31 mai 2021
par  CP
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Hind Meddeb présente plusieurs projets évoqués samedi dernier lors de l’entretien à propos de son film sorti le 26 mai : Paris Stalingrad

Petite maman de Céline Sciamma (2 juin)

The Amusement Park de George Romero (2 juin)

Les Séminaristes de Ivan Ostrochovsky (2 juin)

Théâtre : Manifeste Rien débarque à Paris et à Montreuil
Avec Rappel à l’ordre d’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel

Un livre : Voix du théâtre en Palestine
de Jonathan Daitch.

Hind Meddeb présente plusieurs projets évoqués samedi dernier lors de l’entretien à propos de son film sorti le 26 mai : Paris Stalingrad

Le concert : 14 juin au Trianon
Deux ans après le massacre perpétué à Khartoum le 3 juin 2019 contre les manifestants opposés au régime militaire, l’Institut du monde arabe, le collectif Mix Bros, le Paris-New York Heritage Festival et le Trianon présentent une soirée à l’initiative de Hind Meddeb. Une soirée pour rendre hommage au peuple soudanais, célébrer son combat pour la liberté avec un programme en deux temps.
Première partie : le groupe Yalla Sawa, musiciens soudanais en exil installés à Paris, suivi d’un espace de création pour commémorer les dix ans des révolutions arabes orchestré par le collectif « Mix ta race » avec la participation du groupe Arat Kilo et la complicité d’artistes engagés, français ou issus d’autres diasporas, tels que le flûtiste soudanais Ghandi Adam, installé en Europe depuis une dizaine d’années, la chanteuse Rasha Sheikh El Din installée en Espagne, Awa Ly, T.I.E., Camélia Jordana, Abd Al Malik, Arthur H, Bachar Mar-Khalifé, Lynn Adib, Zeid Hamdan, Emel…

Les Rencontres d’Arles
THAWRA ! REVOLUTION !
SOUDAN, HISTOIRE D’UN SOULEVEMENT
4 JUILLET - 26 SEPTEMBRE 2021 (10H00 /19H30)

Après trente ans de dictature religieuse et militaire et des années de guerre civile, le 11 avril 2019, les Soudanais ont entraîné la chute d’Omar el-Bechir, l’homme qui leur avait imposé un règne sans partage depuis son coup d’État en 1989.
Le soulèvement populaire soudanais débute en décembre 2018. Malgré le risque de se faire arrêter et torturer par la police politique du régime, pendant cinq mois, les Soudanais descendent par milliers dans la rue. Portée par le désir de documenter la résistance et la répression, une nouvelle génération de photographes se distingue. Ils ont entre 19 et 30 ans, diffusent leurs images sur les réseaux sociaux, et sont à la fois acteurs et observateurs de ce moment historique.
L’exposition montre le travail de huit photographes issus de cette scène émergente.

Un livre :
2019. SOUDAN, année zéro

Sous la direction de Jean-Nicolas Bach et Fabrice Mongiat (Soleb)

Paris Stalingrad
projections avec débats Hind Meddeb et invité.es


Cinéma 3 Luxembourg
Mercredi 02/06 : Barbara Cassin + Hind - 18h30
Mercredi 16/06 : Bastamag + Hind - 20h
Mercredi 23/06 : GISTI + Hind - 20h
Mercredi 30/06 : Marie-José Mondzain (philosophe) + Hind - 20h
Lundi 21/06 : Cimade et Hind - 20h
Lundi 28/06 : Michel Agier (anthropologue) + Hind - 20h
L’Entrepôt
Samedi 05/06 : Agathe Nadimi (Midis du MIE) + Hind - 15h30
Samedi 12/06 : Paris d’exils + Hind - 15h30

Théâtre : Manifeste Rien débarque à Paris et à Montreuil
Avec Rappel à l’ordre d’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel

Spectacle vivant et débat !
Manifeste Rien débarque à Paris et à Montreuil
Avec Rappel à l’ordre
D’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel

À Paris, le 4 juin 19H au Studio de l’Ermitage
8 rue de l’Ermitage dans le 20ème
et À Montreuil le 5 juin 18H à la Parole Errante
9 Rue François Debergue

Du racisme en France ? Les conséquences du colonialisme ? Allons donc ! C’est du passé. Pourtant, le passé semble bien présent. Sur scène, un comédien — Olivier Boudrand — mène l’enquête depuis l’histoire coloniale jusqu’à la crise des migrants...
C’est la crise ! et là, le refoulé surgit, façonne, conditionne…
En 1881, à Marseille, lors du retour des troupes coloniales, des travailleurs d’origine italienne ayant sifflé la Marseillaise, sont pourchassés par la population. Bilan : trois morts. Certains journalistes affirment que ces immigrés forment une « nation dans la nation et qu’ils refusent de s’intégrer », ça vous rappelle rien ?
Rappel à l’ordre d’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel par le Collectif Manifeste Rien
Du foot des black blancs beurs aux pogroms… Rappel à l’ordre !

Manifeste Rien à Paris et à Montreuil
Avec Rappel à l’ordre
D’après Gérard Noiriel et Michelle Zancarini-Fournel
À Paris, le 4 juin 19H au Studio de l’Ermitage
8 rue de l’Ermitage dans le 20ème
et À Montreuil le 5 juin 18H à la Parole Errante
9 Rue François Debergue
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Toutes les infos sur manifesterien@gmail.com

Un livre : Voix du théâtre en Palestine
de Jonathan Daitch.

Entretien avec Sonia Fayman de ATL Jenine

Voix du Théâtre en Palestine de Jonathan Daitch qui, en fait, est une œuvre collective de 50 co-auteurs et autrices, avec l’idée partagée de montrer que la lutte pour la paix se joue aussi sur le terrain de l’art et de l’éducation.
Sonia Feyman revient l’origine du livre, de même qu’elle rappelle les dernières nouvelles du Freedom Theatre de Jenine et les projets.
Voix du Théâtre en Palestine est un livre essentiel pour connaître la vie culturelle en Palestine, sa résistance et les différentes formes de création… L’édition est participative pour ce livre de témoignages et de photos qui, comme l’espère Sonia Fayman et l’association ATL Jenine, paraîtra à la rentrée en deux versions, française et anglaise.
Voix du Théâtre en Palestine de Jonathan Daitch
Pour plus d’informations, voir le site : Voix du Théâtre en Palestine

Petite maman de Céline Sciamma (2 juin)

Nelly a huit ans et regrette de ne pas avoir dit longuement au revoir à sa grand-mère qui vient de mourir. C’est sans doute pour cela qu’elle s’attarde auprès de quelques dames qui habitent le même établissement. Elle rejoint sa mère, Marion, puis la famille part vider la maison de la grand-mère, emplie des souvenirs d’enfance de Marion. Nelly est heureuse d’explorer la maison et les bois qui l’entourent où sa mère avait construit une cabane. Mais où est la cabane ? Lorsque sa mère quitte la maison — trop difficile pour elle de rester avec cette charge de souvenirs —, Nelly demeure seule avec son père et rencontre alors, dans les bois, une petite fille qui construit une cabane, elle lui ressemble, elle a le même âge et s’appelle Marion. C’est sa petite maman.

Petite maman est une histoire merveilleuse d’enfance. En effet, qui n’a pas eu l’envie de rencontrer sa mère enfant et de jouer avec elle, sans les bornes de la parenté, en toute complicité. Céline Sciamma décrit son film comme une « nouvelle proposition de récit de voyage dans le temps. Un voyage intime où l’enjeu n’est ni le futur ni le passé mais le temps partagé. Un voyage sans machine ou véhicule. C’est le film qui serait la machine et plus précisément le montage. C’est la coupe qui télé-transporte les personnages et les réunit. » Et la maîtresse du temps, de la réalité, c’est Nelly qui trouve tout à fait naturel de retrouver sa mère au même âge qu’elle, sa grand-mère plus jeune et vivante et pour laquelle elle n’aura plus le regret qu’elle soit partie sans un adieu.

Céline Sciamma fait un choix de cinéma magique, comme Mankiewicz dans L’aventure de Madame Muir, à la différence qu’il ne s’agit pas là de fantôme, mais de se projeter dans un espace temps reconstruit, quelque décennies auparavant. Tous les détails, aussi infimes soient-ils, rappellent la présence de celles qui ont habité cette maison en pleine nature, le placard que l’on pousse laissant apparaître l’ancien papier peint, les objets rangés, les cahiers — « elle gardait tout » dit sa mère — et Nelly de lui rétorquer avec malice qu’elle n’était pas la reine de l’orthographe. Fabriquer un temps commun, c’est peut-être le plus important pour Nelly, curieuse de la vie de ses parents avant sa naissance : « raconte moi quelque chose de ton enfance » dit-elle à son père, qui répond, mais « on te raconte tout le temps », « oui [insiste-t-elle] mais que des petites histoires ».

Pendant l’écriture du film, la réalisatrice dit s’être posé bien des questions : « si je rencontre ma mère enfant, est-ce que c’est ma mère ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt ma sœur ? Mon amie ? Est-ce que c’est tout ça à la fois ? Ces questions procuraient un certain vertige qui parlait du trouble au cœur du film. »
La mère et sa fille sont donc incarnées par deux sœurs.

La dimension temps est différente dans l’enfance, de même le merveilleux peut-être perçu comme la normalité, Nelly ne s’étonne pas de la situation, elle avoue : « j’ai un secret, j’suis ton enfant » et « la petite maman » de répondre : « Tu viens du futur ? ». La magie est naturellement une évidence. D’ailleurs, Nelly en rêvait, la construction de la cabane, l’exploration, le voyage en canot, la pyramide au milieu du lac, faire des crêpes, revoir sa grand-mère… Toutes les choses importantes pour elle.

De la demande de la petite Marion à connaître la musique du futur, naît l’idée de la chanson finale, que Céline Sciamma a voulu être un hymne interprété par des enfants :
Des voix d’enfants chanteront de nouveaux rêves
Le rêve d’être enfant avec toi
Le rêve d’être enfin loin de toi
Ma chanson n’aura pas peur de dire ce qu’on a dans le cœur

À n’en pas douter Petite maman de Céline Sciamma est un des plus beaux voyages dans le temps. Un film magique ! Sur les écrans le 2 juin.

The Amusement Park de George Romero (2 juin)

Film inédit, The Amusement Park est à l’origine un film de commande fait par une organisation religieuse — mais si — afin d’éveiller les consciences sur la maltraitance des personnes âgées aux Etats-Unis. On est en 1973, et on ne peut que s’étonner que la réalisation du film soit confiée à George Romero, célèbre cinéaste de La Nuit des morts-vivants sorti en 1968. Non seulement c’était un film d’horreur, mais il était aussi politiquement très subversif. Les commanditaires voulaient sans doute faire du sensationnel, avec quelqu’un de connu qui accepterait de le faire rapidement et avec un budget restreint. Romero, alors complètement fauché, accepta le deal, mais la réalisation est du pur Romero, c’est-à-dire politique, hyper réaliste et violent.

« Son esthétique est aussi brute que celle de la Nuit des morts-vivants et son message est aussi fort que celui de Zombie : le crépuscule des morts -vivants, dans lequel les zombies auraient été remplacés par des vieillards en béquilles, déambulateurs et fauteuils roulants. Le parc d’attraction annonce clairement la fonction de supermarché dans ce dernier comme un microcosme où la société capitaliste réduit les êtres à des comportements inhumains. Toutes les institutions sont représentées : les hôpitaux, les forces de l’ordre, les mutuelles, mais aussi les classes sociales » qui se distinguent entre parvenus et mendiants noirs. Autrement dit, être pauvre et vieux aux Etats-Unis, c’est l’horreur ordinaire.

Le contrat de Romero était rempli, sauf que de message d’espoir ou de s’en sortir, aucun. Bien au contraire, car la construction du film est un éternel recommencement… Un cauchemar en boucle qui fait que même averti, on est broyé… et on y retourne !

Une après-midi au parc, qui devait être ludique pour un vieil homme, se transforme rapidement en un périple cauchemardesque où il est bousculé, battu, volé, humilié, blessé… Les commanditaires du film ne le diffusèrent jamais, bien trop grinçant et brutal. Disparu donc, le film, qui est un véritable pamphlet contre la société états-unienne, a été retrouvé à la mort de Romero et restauré… À voir évidemment ! À partir du 2 juin.

On s’est demandé si la chanson folk dans le film était de Mimi Farina, mais non, c’est bien sa sœur, Joan Baez, qui en est l’interprète, dixit la compagne de Romero.

Les Séminaristes de Ivan Ostrochovsky (2 juin)

Tchécoslovaquie, début des années 1980. Le régime communiste musèle l’église, surveillée étroitement par la police secrète. Deux jeunes séminaristes devront choisir entre la soumission et la fidélité à leurs convictions.

Tiré de faits réels, le récit pose ainsi l’éternel dilemme : que faire en régime totalitaire : résister, louvoyer ou collaborer ? Le film débute sur un plan de voiture s’arrêtant sous un pont sur lequel passe un train avec du matériel militaire, un endroit sordide et désert où le corps d’un homme est abandonné. On saura par la suite qu’il s’agit de l’assassinat politique d’un prêtre qui ne suivait pas les règles de l’Église officielle.

Le film dépeint très bien le contexte de l’époque et l’ambiance d’oppression continuelle. Quelle est l’alternative pour ces deux jeunes hommes ? La religion ou l’armée. Le responsable des services secrets, atteint d’une maladie de peau — seul indice peut-être de sa perversité —, est totalement glaçant, il est le bureaucrate servile d’un système à broyer les individus, illustrant ainsi parfaitement la « banalité du mal ». Mais lui aussi est tenu par le système, coincé par les quelques privilèges minables que son statut lui octroie, alors il ne se pose pas de questions. Les supérieurs du séminaire, eux-mêmes font allégeance à l’État, jouent la carte de la dénonciation pour sauver la congrégation, enfin pour sauvegarder leur place. Le secret de la confession ? Ils s’en accommodent et se « sacrifient » en trahissant les jeunes séminaristes sous leur responsabilité.

L’image contrastée, en noir et blanc, accentue encore l’impression d’étouffement générée par la surveillance continuelle, les deux jeunes séminaristes y perdront leur amitié et l’un d’eux, pour y échapper, choisira le suicide.
Les séminaristes de Ivan Ostrochovsky dans les salles le 2 juin.

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