Appeler une chatte… Mots et plaisir du sexe

Florence Montreynaud (Calmann-Lévy)
dimanche 17 février 2008
par  CP
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Quand on parle de sexe, c’est le double langage, celui de la “ haute ” et celui de la racaille. Double langage pour mieux contrôler la sexualité, donc le plaisir.
Chez les catholiques, le paradis est déconnecté du sexe, les anges sont asexués. L’univers paradisiaque est “ délivré ” des pulsions sexuelles, des fantasmes, de l’amour physique — comme dans les couvents et les monastères — des “ plaisirs de la chair ”.
Place à la vision éthérée et au plaisir infini !

Le paradis des musulmans (c’est moins clair pour les musulmanes), c’est la jouissance sexuelle sans fin — en boucle en quelque sorte — puisque les houris sont là pour répondre à tous les désirs des élus — belles et éternellement vierges.
Tiens, c’est peut-être cela le paradis des musulmanes, se retrouver avec un hymen reconstitué après chaque rapport sexuel et amoureux…
Décidément, je préfère être athée.
Les promesses, les variantes des au delà monothéistes ne sont guère séduisants.
Entre le gros gâteau dans le ciel — après en avoir bavé sur terre — et la jouissance coïtale ad libitum… Il faudrait trouver un outil plus imaginatif de contrôle social.

Évidemment, il y a la télé… Et là, question de lobotomisation et d’inculquer la norme — consumériste et obéissante — l’horizon est prometteur, ou consternant, selon de quel côté on se trouve : côté dominants ou côté dominés.

Alors le langage sexuel : une affaire de genre et de classe ?
Ce à quoi Florence Montreynaud répond :
« Quand il s’agit de sexualité, forger un mot […] c’est transmettre […] un élément de la pensée de son inventeur, de sa conception du monde, du corps humain, ou des rapports entre femmes et hommes. »
Et voilà nous y sommes, en “ forgeant ” des mots, on formate les esprits, voire on les manipule. Par exemple : « Tant qu’on associera l’identité sexuelle masculine à la bandaison, des hommes seront obsédés par leur érection, que leur rappellent d’innombrables symboles phalliques. »

Ainsi parler de plaisir, de sexualité — autrement — serait toujours sulfureux et associé à une transgression de l’ordre établi ?
« On regarde une verge, comme une vulve, à la lumière de ses propres souvenirs, bons ou mauvais, et aussi à travers le filtre des préjugés de son temps. […] Ainsi les organes sexuels sont “ inesthétiques ” parce que “ primitifs ” » ! Florence Montreynaud, Appeler une chatte… Mots et plaisirs du sexe .

« Cachez ce sein que je ne saurai voir ! » Cette réplique du tartuffe hypocrite est donc toujours d’actualité, mais — consommation oblige —on peut montrer des seins, des fesses, des sexes — selon des codes établis — pour vendre de la marchandise… Mais n’en parlons pas, c’est déplacé !
Cela s’appelle l’aliénation.

Alors, nous parlons-en de ces mots interdits, déformés, malmenés, biaisés, des mots et des plaisirs du sexe.


Appeler une chatte… Mots et plaisir du sexe

Parlons-en de ces mots interdits, déformés, malmenés, biaisés, des mots et des plaisirs du sexe.
Samedi 5 juin 2004
16h30 à Publico avec Florence Montreynaud.