Loin des Censier battus

Témoignages et documents sur le mouvement contre le CPE et la précarité (éditions CNT-RP)
mercredi 12 décembre 2007
par  CP
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« Nous […] réaffirmons notre détermination à construire un mouvement d’ensemble contre la précarité et continuer la grève et le blocage jusqu’au retrait de la Loi sur l’Égalité des Chances, dont le CPE est un amendement, et du CNE.
CPE, CNE, Contrats seniors, [la volonté des gouvernements, des dirigeants] est d’étendre encore et de légaliser la précarité pour tous en mettant en place le contrat de travail unique. » Appel de la coordination étudiante de Lille du 2 avril 2006.

Printemps 2006. Le CPE, Contrat Première Embauche, provoque une réaction dont l’ampleur devient, contre toute attente, « un mouvement puissant, irrésistible qui a jeté des millions de gens dans la rue. Cela faisait longtemps que le monde du travail et la jeunesse n’avaient pas remporté de succès par la mobilisation. C’est une victoire politique, une victoire de la ténacité, de l’unité, et de la volonté collective de dire non jusqu’au bout quand le pouvoir prétend imposer ses diktats. » Daniel Pinos, militant CNT, Paris III.

Loin des Censier battus. Témoignages et documents sur le mouvement contre le CPE et la précarité est un document essentiel pour rappeler que « L’injustice sociale ne se décline pas comme une catastrophe naturelle », qu’il n’y a pas de fatalité de la précarité et que la mobilisation et la lutte peuvent renverser le rapport de force face au pouvoir.
La mémoire de ce mouvement est d’autant plus importante que les acquis sociaux sont de plus en plus malmenés, ignorés, supprimés et que l’apathie semble se généraliser. L’apathie… ou le pragmatisme selon les idéologues du libéralisme. On ne peut ignorer les lois du marché, évidemment, surtout si on les subit !

Alors quelle sera la mobilisation contre ce qui se prépare et se concocte actuellement ? Quelle sera la mobilisation contre une stratégie de régression sociale inscrite de longue date dans le programme des gouvernements successifs ? Une stratégie pour la mise en place de réformes à la manière Thatcher ou Reagan, un peu plus de deux décennies après qu’elles aient fait des dégâts en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Cela signifie la casse du service public, les aides sociales bazardées, une paupérisation accélérée de la population coincée entre l’obligation de se « syndiquer » à l’image des pays du nord, la peur du chômage et les méthodes d’outre-Atlantique ? J’oubliais : le martèlement des puissants outils de propagande du pouvoir.
Alors quelles réactions cette situation peut-elle générer ? La « conscience de classe » n’est-elle plus qu’un vain mot ou bien peut-elle évoluer avec les luttes ?

Si l’on parle actuellement de régression de la « conscience de classe », le mouvement contre le CPE et la précarité du printemps 2006, l’organisation des étudiants et des étudiantes, les deux mois de grève et de blocage, les discussions dans les Assemblées générales sont autant de preuves que cette conscience peut resurgir et être combative. Le mouvement contre le CPE « est une victoire politique, une victoire de la ténacité, de l’unité, et de la volonté collective de dire non jusqu’au bout quand le pouvoir prétend imposer ses diktats. » Et il faut s’en souvenir pour les mobilisations futures.