L’Intégration européenne de la France.

La Tutelle de l’Allemagne et des Etats-Unis (le Temps des cerises)
mercredi 12 décembre 2007
par  CP
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Une fois encore Annie Lacroix-Riz revoit l’histoire officielle…


Une fois encore Annie Lacroix-Riz revoit l’histoire officielle et, cette fois, avec un sujet qu’elle a maintes fois traité dans ces livres et qui se trouve être au cœur de l’enseignement puisqu’il est proposé cette année aux étudiants et aux étudiantes en histoire qui préparent le CAPES et l’agrégation : « Penser et construire l’Europe, 1919-1992 ».

L’importance de cette période est évidente. Dans les pays occidentaux, la répression des mouvements sociaux a été générale et la montée des fascismes a marqué la première moitié du siècle dernier.

Autre développement important, la propagande qui est un point central dans le processus de mise en place de moyens de contrôle des populations, elle devient très vite omniprésente et se traduit par la mainmise des industriels sur la presse comme jamais auparavant. La touche finale est l’emprise des grands groupes financiers et industriels sur les medias de masse qui s’est encore accéléré depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui.

Des institutions ont été fondées pour défendre les intérêts capitalistes, notamment, après la Seconde Guerre mondiale. La volonté hégémonique états-unienne s’est concrétisée par la création d’institutions internationales telles que : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ou Banque mondiale en 1944, l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1945. En 1947 sont créées aux Etats-Unis des institutions gouvernementales comme la CIA et le National Security Concil (NSC) et, en 1949, l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), contre le bloc soviétique. La guerre froide a effectivement commencé avant la fin de la guerre. La volonté hégémonique des Etats-Unis est d’autant plus déterminée que l’Europe est exsangue après les destructions de la Seconde Guerre mondiale et son rôle en Europe est crucial. L’emprise exercée par les États-Unis sur le continent européen de l’Ouest est capital dans cet après-guerre.

Dans ce contexte, que signifie l’intégration européenne de la France ?
Que reste-t-il des anciens liens économiques entre la France et l’Allemagne des années 1920 et 1930 ?
Quels sont les enjeux derrière les grands discours qui se veulent fédérateurs ? Quels sont les enjeux de la « construction européenne » ? Une « construction européenne » qui se fait sur le dos de qui ? Et selon quel modèle ? Le modèle états-unien ?

L’intérêt de l’ouvrage d’Annie Lacroix-Riz est, entre autres, qu’il synthétise les grandes lignes des projets et des enjeux souvent dissimulés, occultés, “oubliés” de cette période. Pourtant les textes et les archives existent, pour certains, et expliquent bien les décisions politiques, les contradictions et les silences. Faut-il encore pouvoir y accéder ou, pour les chercheur-e-s, avoir la volonté et le courage de se pencher sur une histoire non officielle de la « construction de l’Europe ».

Un petit livre, dit Annie Lacroix-Riz pour parler de L’Intégration européenne de la France. La Tutelle de l’Allemagne et des Etats-Unis  ; certes, un petit livre, mais dense et synthétique, qui démonte avec brio les thèses généralement développées sur le sujet.

Et alors que se passe-t-il dans le Landerneau de la recherche en histoire ? Le silence… On peut se poser la question sur les historiens et les historiennes — je ne parle pas des spécialistes ni des experts en communication —, les historiens et les historiennes ont-ils, ont-elles encore la parole ? Le débat contradictoire existe-t-il encore ? Ou bien faut-il être seulement être abreuvé-e d’une vision « europtimiste » et ne jamais soulever de questions sur la gestion capitaliste d’une Europe libérale ?