Charbons ardents. Construction d’une utopie

Jean-Michel Carré (Le serpent à plumes/Arte)
jeudi 21 février 2008
par  CP
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Mars 1984-mars 1985, la grève des mineurs au Pays de Galles.
La politique de Margaret Thatcher de fermeture des mines durera dix ans, et pourtant, comme le souligne l’un des mineurs de Tower : "Nous étions deux fois et demi moins chers que le nucléaire, deux fois moins que le fuel ou le gaz. […] C’était nous les mineurs de Grande-Bretagne, qui étions les plus rentables !"

Charbons ardents , c’est d’abord un film, un film d’espoir sur les
luttes ouvrières, un film qui montre au quotidien la lutte, mais aussi
après la lutte.

À la veille de partir en tournage au Pays de Galles, à la mine de Tower, le seul puits de charbon encore en activité dans la région, une mine rachetée par les mineurs avec leurs indemnités de licenciement et autogérée depuis janvier 1995, Jean-Michel Carré, réalisateur du film et auteur du bouquin, a dit : “L’important, c’est ce qu’ils réinventent aujourd’hui, des choses que malheureusement les syndicats, les partis politiques, notamment de gauche, n’ont jamais été capables de mettre en place ici en France. Cela me plaît d’autant plus de faire ce film pour montrer à un gouvernement de gauche ce qu’il était possible de faire en Lorraine, pour la sidérurgie. C’est une lutte exemplaire et ancrée dans la vie quotidienne, dans la réalité, le concret.

La mine de Tower est bien avant la grève un exemple de lutte dans le monde syndical, elle représente "la liaison entre la nécessité d’une justice sociale à l’échelle locale, et la volonté de porter des idéaux à l’échelle internationale."

Aujourd’hui, c’est une autre forme de lutte qui se met en place.
Tower, ça n’est pas fini, c’est une histoire qui commence…


Issu de l’IDHEC, Jean-Michel Carré réalise de nombreux documentaires, “Le Ghetto expérimental” (1973), primé à Bruxelles et à Thonon-Les-Bains ; “Liberté Jean” (1973), Grand prix de la Cinémathèque Française, “Femmes de Fleury” (1991), qui remporte le Prix du Festival International des télévisions ONDAS Barcelone, “Les trottoirs de Paris” , nominé aux 7 d’Or 1994, ou “Portrait d’une génération pour l’an 2000”, nominé aux 7 d’Or 99. Jean-Michel Carré réalise également des courts métrages ; “L’Enfant prisonnier” (1977) est nominé aux César, “Don’t Disturb“ (1993) avec Jean-Claude Dreyfus est régulièrement diffusé à la télévision. Il est aussi l’auteur de plusieurs long métrages pour le cinéma, “Alertez les bébés !” (1978), prix du Festival du cinéma du réel de Beaubourg, et prix du public au Festival international du film de Trouville ; “Votre enfant m’intéresse” (1981) ; “Visiblement, je vous aime” (1996) avec Denis Lavant est sélectionné à Cannes (“Cinéma en France”). “Charbons ardents”, documentaire présenté dans la plupart des grands festivals internationaux, est sorti en France en 2000.

« Le véritable travail du documentariste est de témoigner de la place de l’homme dans le système, celui qu’il s’impose comme celui qu’il invente. J’ai toujours été préoccupé par ceux qui, mus par la volonté de changer les relations humaines, s’investissent dans la sphère sociale et politique. Je ne cède pas à l’aigreur des fins de partie, mais questionne encore les initiatives nouvelles, les différentes façons de vivre avec l’autre, de construire la collectivité et de bâtir un avenir différent. L’expérience de la collectivité se fait sur tous les plans. Mes films sont construits avec les acteurs de ces aventures et autour des initiatives qu’ils tentent de mettre en place ; que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la mondialisation ou bien encore de la maladie mentale. Le film lui-même devient alors une expérience collective