Histoire occultée et tournage pas comme les autres : la Commune de Paris par Peter Watkins

Entretien avec Peter Watkins
mardi 11 mars 2008
par  CP
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La Commune de Paris n’est guère présente dans les manuels d’histoire et semble évacuée de la mémoire collective. Peu de films en retracent les événements : Les réformes sociales entreprises par la Commune, le rôle des des femmes dans la prise de pouvoir, est-ce trop subversif ?

Auteur de films marquants de l’histoire du cinéma engagé, Peter Watkins définit ainsi son projet de film sur la Commune : « Ce film représente une tentative de remise en cause des notions actuelles délimitant le genre du cinéma documentaire, tout comme les concepts de "neutralité " et "d’objectivité" revendiqués par les mass media aujourd’hui. »

Depuis La bataille de Culloden (1964) — dénonciation du colonialisme —, La Bombe (1966) — mise en scène d’une catastrophe nucléaire (interdit d’antenne) —, Privilège (1967) — récupération d’une idole par l’Église catholique —, ou Punishment Park (1971) — sur la répression de la jeunesse contestataire aux États-Unis —, Peter Watkins n’a cessé de remettre en question la finalité même de la production cinématographique.

C’est une constante de son travail de réalisation : ses films mettent en scène l’histoire officielle et ses outils médiatiques afin de développer un esprit critique dans le public. Il s’attaque directement à la pensée unique véhiculée par la télévision et revient sur l’interprétation de l’information et l’élaboration de l’histoire officielle qui ne laissent guère d’opportunité à une vision alternative.

Tournée à Montreuil en juillet 1999, La Commune de Paris se veut d’abord une expérience collective de création, d’élaboration commune et d’implication active des participant-e-s dans l’histoire même de la Commune : « À partir du modèle vivant de la Commune de Paris, le film fera souvent référence à des problèmes contemporains et proposera, je l’espère, des pistes sur la manière de régénérer les processus égalitaires et collectifs dans notre société. » [1]



— Pourquoi ce film sur la Commune de Paris et pourquoi choisir cette manière de filmer ?

Peter Watkins : Il y a deux niveaux dans ce choix : la Commune et ce que j’appelle communication audiovisuelle de masse. Les deux niveaux sont liés.
Pour la Commune, c’est le silence général pour le moment, dans le système d’éducation certainement où cela a toujours été un sujet honteux. Mon idée est de briser la pensée unique ou simpliste : les communards sont soit de braves gens de gauche, soit des assassins, ce qui est également faux.
La Commune est un événement complexe et très important. Il reste des inconnues dans cette période parce que la Commune n’a pas été appréhendée dans toute sa complexité. De cela découle aussi son importance. Avec la Commune, on peut traiter un événement dans l’histoire tout en ayant de nombreux liens avec la réalité d’aujourd’hui. Il existe en effet un besoin de collectivité, rare sur le terrain, un besoin de briser un système sur lequel pèse la hiérarchie. Or le but des communards était justement de casser la hiérarchie.

En ce qui concerne la communication de masse audiovisuelle, la situation est catastrophique, surtout pour la télévision. Malheureusement, le cinéma en
est également au même point. La centralisation du pouvoir est liée à la loi
du marché. C’est actuellement le moteur principal. On utilise un film pour remettre en cause le film lui-même, on utilise le cinéma pour remettre en cause le cinéma à la télévision.
Ce qui pose de nombreuses questions pour faire un film sur la Commune.

Comment réaliser ce film ? Avec le langage du cinéma hollywodien ? Si c’est le cas, c’est un peu contradictoire avec les idées de la Commune, non ? C’est pourquoi la participation du public est essentielle. Les gens d’aujourd’hui, la communauté dans ce qu’on appelle ironiquement les médias de masse ou la communication (qui est inexistante). Pour cela nous faisons appel à des personnes pour ce film, pas forcément des comédiens, des personnes pour participer à ce système actuellement corrompu des mass media. Et je crois que toutes ces choses ont un lien.

— Il y aura donc sur le tournage des comédiens professionnels et des non professionnels ?

Peter Watkins : Absolument. Comédiens ou non, c’est secondaire. Nous organisons des rencontres et des débats, à Paris et en province, pour trouver des personnes, professionnelles ou non, intéressées par le projet et voulant s’y impliquer.

En province, nous espérons trouver des voix avec des accents régionaux pour représenter la diversité de la population parisienne à l’époque de la Commune. Ensuite, nous envisagerons d’autres rencontres pour mettre au point un casting qui corresponde au projet. Nous ne nous adressons pas forcément à des professionnels ayant une expérience de la scène ou du théâtre, mais plutôt à des personnes motivées.

La motivation peut se faire autour de la thématique de la Commune, ou sur l’actualité des thèmes de la Commune, ou par rapport à l’investissement sur le terrain de la lutte, sur le terrain social. Nous avons contacté des associations comme AC, Droits devant, Droits au logement...
Pourquoi pas travailler avec des personnes sur l’idée d’une expérience cinématographique différente. Ces rencontres sont importantes pour comprendre la nature du projet en tant qu’expérience collective et le type de cinéma que nous voulons faire.

Sur l’idée de faire entrer dans la narration du film les problèmes sociaux d’aujourd’hui et les populations qui représentent l’exclusion et l’oppression, il est certain que celles-ci ont été déplacées vers les banlieues et sont plus souvent issues de l’immigration.
Comment les inclure dans le film ?
Le prétexte de vérité historique ne nous fera pas écarter les Maghrébins.
Il n’y aura aucune discrimination. Il est important d’entendre la voix de cette nouvelle exclusion. Nous avons d’ailleurs trouvé depuis une légitimité historique puisqu’un groupe de Kabyles a été déporté en Nouvelle-Calédonie lors de la répression de la Commune. Nous voulons donner la parole à ceux qui ne l’ont pas.

— Quels sont les personnages connus de la Commune qui seront représentés dans le film ? Est-ce qu’on y verra Louise Michel ?

Peter Watkins : Non. De très nombreuses personnes ont participé à la Commune de Paris et le film est prévu pour durer deux heures. C’est une question mathématique. S’il y a une soixantaine de personnes, cela signifie deux minutes par personne. Quelques-uns des personnages élus à l’Hôtel de ville seront présents, quinze ou vingt, je ne sais pas encore. Le noyau de l’action se situera dans un arrondissement de Paris, le XIe, qui sera un modèle. C’est la base du film.

Le film montrera quelques personnes connues, mais surtout des inconnus, des personnes ayant un pouvoir à la mairie, place Voltaire, les délégations municipales, le commissaire de police, les officiers de la garde nationale, etc., dont on ne connaît pas les noms, et d’autres encore, parfaitement inconnus, par exemple les femmes de l’Union des femmes pour la défense de Paris. C’est eux et elles la base du film, pas les gens connus. Louise Michel est une figure emblématique et ce film concerne les inconnu-es, surtout les femmes qui ont joué un rôle d’une importance capitale dans les événements.

— Quelle sera l’illustration musicale, actuelle ou de l’époque ?

Peter Watkins : Ce sont les musiques que nous jouerons, que nous chanterons, les musiques de la Commune. Il n’y aura pas de musique originale ou de bande son.

— Comment a été préparé le scénario du film quant à sa forme ? Est-ce qu’il y aura de longues séquences, des plans-séquences, ou un découpage important ?

Peter Watkins : De longues séquences, cela décrit parfaitement le projet. C’est difficile, car pour travailler différemment de ce que j’appelle la forme fixée du cinéma et de la télévision, c’est-à-dire couper, couper, couper (rythmer par un montage très cut), cela demande pas mal de courage et c’est difficile aujourd’hui. Surtout pour faire quelque chose de "professionnel" destiné aux médias de masse, il est presque interdit de travailler différemment. Il y a là tant de questions profondes d’un point de vue politique, social et humain, que les mass media refusent totalement de participer à ce type de débat. C’est un refus total de la profession. Depuis ces dix dernières années, c’est devenu très grave et complexe, le non-respect de la forme et du processus.

En ce qui concerne le processus, au lieu de choisir des comédiens pour un scénario fixé, inamovible — ce qui est le processus "normal" —, nous prenons des inconnus et, en discutant avec eux, nous déterminons leur "rôle" qui est plus ou moins le leur dans la vie, replongés dans les événements. La situation d’une femme aujourd’hui a certainement son équivalent pendant la Commune. Le parallèle créé immédiatement une dynamique sur laquelle nous travaillons. Cette femme peut s’exprimer sur les événements de la Commune et faire le lien avec les événements d’aujourd’hui.
Autrement dit : la Commune n’est pas morte.

Pour la forme, je vois de longs plans-séquences. Il est difficile, mais enrichissant de filmer une série de scènes sans couper.
Cela paraît compliqué, car on ne travaille pas du tout ainsi. Si nous filmons une réunion dans le XIe, avec les groupes de femmes, de dix minutes ou plus, nous ne couperons pas à la fin de la scène, nous suivrons les femmes dans leur action, après. Il peut y avoir ainsi une deuxième ou une troisième scène. Pour les acteurs du film, le processus sera différent de ce qui se fait, par exemple à Hollywood, où les scènes sont très courtes et encore raccourcies au montage. Les séquences de la Commune pourront durer dix, quinze, vingt minutes peut-être.

— Ce qui signifie pour les participants, pour les acteurs que l’investissement sera plus dense. Ils seront toujours en participation. Les gens continueront à être dans l’histoire.

Peter Watkins : C’est cela. Nous faisons aussi beaucoup de recherche pour les costumes, militaires et civils. Et ce n’est pas simple de trouver des indications sur les costumes des gardes nationaux de Paris, à cette époque. Il n’y a pas d’étude, à ma connaissance, faite aujourd’hui sur la question.
Le processus différent dont j’ai parlé permettra aussi de remettre en cause le principe d’objectivité dans l’information. À l’inverse des informations télévisées, qui revendiquent une objectivité et représentent un des aspects les plus dangereux des médias de masse dans le sens de la manipulation et du mensonge, le film démontrera, autant du côté des spectateurs que des acteurs, que tout est subjectif. La question sera posée au public par la présence des actualités dans le film. Cela permettra de montrer qu’il est possible de tricher dans l’actualité. Mon expérience m’aidera à démontrer le manque d’objectivité. La tension est dynamique entre la vérité et la manipulation.

— Il y aura donc le filmage de la Commune et, parallèlement, les médias en feront l’interprétation. Nous verrons ainsi les différences existant entre une réalité recréée et le traitement des événements à la télé ? Les faits et l’interprétation des faits dont a parlé Orwell ?

Peter Watkins : Plus ou moins. En fait c’est la tension entre une réalité objective dans le langage des médias audiovisuels et le processus théâtral. Ce qui est différent. C’est un mélange entre les deux où je souligne ce que l’on appelle l’actualité. Mais en même temps, on voit à l’écran que ce n’est pas actuel du tout — c’est difficile avec des mots d’expliquer le phénomène audiovisuel. Mais j’espère qu’avec le processus du film, avec la participation des comédiens au débat sur les médias de masse pendant le film, le débat sur les médias sera relancé. Débat vital et nécessaire pour remettre en question le pouvoir actuel des médias et le limiter. Si la loi du marché est remise en question, il faut faire de même pour les médias sinon on n’arrive nulle part.

— Votre recherche sur les archives de l’époque est importante, s’agira-t-il de montrer la Commune à travers les commentaires des gens "ordinaires" ? Les comédiens diront-ils des textes de l’époque ? Comment s’articulera le lien entre l’époque de la Commune et leur expérience actuelle ?

Peter Watkins : Nous avons de nombreux dossiers sur la Commune. Trois personnes font de la recherche depuis plus d’un an. Nous sommes dans la phase de présentation des comédiens à l’intérieur de l’histoire de la Commune, dans les circonstances sociales et politiques, et dans le XIe arrondissement. Nous allons discuter avec les participants comment reconstruire leurs pensées, pour poser la question : comment réagiriez-vous dans cette situation ?

Il est hélas quasi impossible de retrouver des textes de l’époque, des carnets, des lettres, des témoignages des habitants du XIe, XVIIIe ou du XIXe pendant la Commune. Cette rareté des documents m’a frappé. Il serait sans doute possible de faire une étude longue, comme sans doute l’auteur du livre, Le cri du peuple, Jean Vautrin. Nous avons fait de la recherche sur des écrits en provenance de Paris dans une vingtaine d’archives en France et nous avons seulement trouvé les écrits d’un soldat. Le manque de témoignages directs sur cette époque est grave.

Les textes du film seront issus de l’expérience et du vécu des comédiens mis dans le contexte des événements de la Commune. C’est la Commune, mais quelle Commune ? Existe-t-il actuellement une Commune ? Une révolution est-elle possible aujourd’hui ? Que fera-t-on la prochaine fois ? La question est essentielle et grave. L’idée de collectivité n’a pas sa place aujourd’hui : pourquoi ? Et quel est le rôle des médias dans cette réalité ?

— Beaucoup de place dans le film pour le débat ?

Peter Watkins : Je l’espère. Il ne faut pas oublier que, malgré tous mes efforts, le cinéma ou la télévision sont malheureusement un processus autoritaire. Si seulement je pouvais laisser la caméra tourner pendant une trentaine d’heures, mais c’est impossible. Il y a une tension entre ma démarche et cette contrainte. Cela signifie qu’il faut s’efforcer de créer des conditions alternatives pour la discussion, pour créer quelque chose d’alternatif.

— Le public apparaîtra à l’écran dans un débat à l’intérieur du film ?

Peter Watkins : Non, malheureusement. C’était l’intention d’origine, mais l’idée a été abandonnée. Il s’agit d’une ancienne version du script. À présent, les acteurs du film sont le public.

— Il s’agit d’un découpage simultané de plusieurs scènes en même temps ?

Peter Watkins : Oui, pour le passage des séquences, mais il ne s’agit pas de montage parallèle. Ce n’est pas un montage entre deux événements, ce qui est un ancien procédé, employé notamment dans Naissance d’une nation de Griffith. Je cherche un procédé nouveau qui permette de voir dans une scène une autre scène qui se déroule simultanément. Derrière, avant ou après, plusieurs choses se passent en même temps. Ce qui correspond, en fait, à l’expérience de la Commune. Une période chargée, dense en événements, beaux, tristes, durs.... Les gens n’ont pas beaucoup dormi pendant la Commune. Cette ambiance aussi, nous tenterons de la recréer, si c’est possible. Au-delà du tournage, c’est une expérience.

— Vous tournez dans un seul lieu ?

Peter Watkins : C’est un lieu très intéressant, une usine abandonnée qui appartient au groupe théâtral d’Armand Gatti, “ La parole errante ”. Dans cette usine se trouvait le studio de Georges Méliès. C’est un hasard fantastique.

— Treize production, qui produit votre film, a déjà produit le film d’Hélène Chatelain, sur Makhno, diffusé aussi sur ARTE. Quels sont les projets pour une distribution de La Commune de Paris au cinéma ?

Peter Watkins : Le film sera diffusé sur ARTE. Et après dans les salles d’art et d’essai. C’est l’idée. Le film est tourné en super 16 — je déteste ce mot —, en 16 mm couleurs et tiré, au laboratoire, en noir et blanc sur une pellicule optique. Le procédé permet d’avoir une richesse dans les contrastes, une image forte, authentique, de se rapprocher de la Commune. Ce choix esthétique permet de focaliser sur le sujet.

— On ne peut s’empêcher de penser que la fabrication du film sera elle-même un sujet passionnant vu la façon dont vous parlez du travail avec les comédiens, les apprentis comédiens, les associations. Dans ce contexte, la production a-t-elle prévu un making of du film ?

Peter Watkins : Un ami documentariste, vivant au Canada, doit venir nous rejoindre pour se rendre compte des possibilités. Il veut tourner quelque chose sur une manière de filmer différente.

— Votre description du travail avec les personnages, à l’intérieur même de l’histoire, tend à montrer qu’il est possible de travailler différemment.

Peter Watkins : Ce sera à la fois excitant et difficile de tourner tout le mois de juillet dans l’usine abandonnée, à Montreuil.

— Et les mouchards, les Versaillais ?

Peter Watkins : Ce ne sera pas une apologie de la Commune. Dans le film, les personnes ont des avis différents. Il n’y aura pas seulement les partisans de la Commune, mais aussi des modérés et des opposants. Le film doit être un lieu de confrontation d’idées, pas seulement une répétition générale de ce qu’il s’est passé pendant la Commune. Il faut montrer les contradictions, les errements.

—  Comment concilier ce travail d’écriture avec la production, la distribution, la diffusion d’un film ? Comment appliquez-vous ce travail d’écriture dans un système très contrôlé ?

Peter Watkins : Il n’est pas question ici de travail d’écriture. Je n’ai pas de réponse parce que je ne sais pas ce qu’il va se passer pendant le tournage. Nous tournons sur pellicule 16mm et non en vidéo parce que l’unité documentaire d’ARTE soutient le film. Ce sont les seuls, car le refus du projet de film a été général de la part des télés. Le film sera peut-être refusé dans d’autres pays, non pas en raison du sujet (les Anglais ne s’intéressent pas à la Commune), mais plutôt en raison de la libre expression des protagonistes dans le film. Il ne s’agit pas là de paranoïa mais de réalité. C’est pourquoi nous tentons de faire un vrai film, pour le montrer en salles comme film, mais nombreux sont les réactionnaires dans les maisons de distribution. Il existe néanmoins d’autres moyens de diffuser le film : dans les salles d’art et essai, les associations, les écoles où nous trouverons notre public. Le film n’est pas destiné aux canaux cinématographiques traditionnels ou aux télévisions car je connais par avance les difficultés pour y faire accepter un tel film. Il ne faut pas attendre de facilités de la part du système pour faire des films qui posent des questions.

— Vous partez sur une aventure sans penser à la distribution ou à la diffusion ?

Peter Watkins : Si je pensais à cela, je ne ferais rien. Si je songe à la lâcheté de cette profession, à son refus des responsabilités, je n’attends rien. Ce film s’adresse à un public qui attend un traitement totalement différent du traitement audiovisuel actuel. Notre initiative est dans cette direction. La profession, les décisionnaires, je m’en fiche. Ils sont irresponsables.

Cet entretien dans les Chroniques rebelles de Radio libertaire a été enregistré le 27 mars 1999 — avant le tournage de La Commune de Paris —, avec la participation d’Éric Jarry, Claire Liénard, Christiane Passevant, Richard Prost, Philippe Welch.

Transcription, présentation et notes, Christiane Passevant. Cet entretien a été publié dans L’Homme et la société. Filmer le social, filmer l’histoire, n° 142, 2001/4, L’Harmattan.


[1La Commune de Paris de Peter Watkins a été projeté dans la salle de cinéma du Musée d’Orsay, dans le cadre d’une exposition sur la Commune durant le mois mars 2000. Le film a été diffusé dans sa version longue (cinq heures quarante cinq minutes) sur la chaîne de télévision ARTE le 27 mai 2000. Deux versions de ce film ont été montées, la version courte est d’une durée de quatre heures et demie. Une nouvelle version de 2007 dure trois heures trente.