Kosovo. Fragments d’impacts (1999-2007)

Textes d’Aleks Wasieczko et photographies de Gil Guardiola (Non lieu) et Musique du monde avec le groupe DjamiDjan Koly
samedi 15 mars 2008
par  CP
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« Le Kosovo nous apparaît comme une terre gonflée de symboles, pétrie de paradoxes, surdimensionnée pour ne pas dire fantasmée dans les imaginaires albanais et serbe. » Aleks Wasieczko, Kosovo. Fragments d’impacts.

Dans sa préface, intitulée Un kaléidoscope nommé Kosovo, Jean-Arnault Dérens souligne : « Ce livre ne résume pas le Kosovo. Qui voudrait le faire ne devrait oublier aucune pièce de la mosaïque, ni les Roms, ni les Ashkalis, ni les Égyptiens, ni les Gorani, ni les Bosniaques, ni les Turcs, ni la poignée de Croates qui survivent encore au Kosovo, ni les quelques Tcherkesses qui n’ont pas été rapatriés en 1998 vers le Caucase… Il faudrait aussi faire sentir la diversité des sociétés albanaises et serbes, montrer que parler “des Serbes” et “des Albanais” est un non-sens, car l’appartenance ethnique — avec tout ce que ce concept a de discutable et de réducteur — ne résume heureusement pas la diversité des individus, des expériences humaines et sociales. »

Carnet de voyage, « carnet de route », ces « Fragments d’impacts » sont aussi un « kaléidoscope de mots et d’images », un périple sans « mode d’emploi ni garde fou ».

Le livre, ou devrais-je dire les carnets d’Aleks Wasieczko et de Gil Guardiola ne prétendent pas, en effet, cerner les réalités du Kosovo, mais tente plutôt de témoigner d’une diversité, de perspectives croisées, de regards et du travail mené en commun avec des enfants.

« Il n’a jamais été question de rétablir la vérité. Car il y a “plusieurs vérités” au Kosovo. [Il fallait] passer l’outrance, l’anathème, le débat stérile sur la légitimité, la rumeur […], pour permettre un voyage au gré des portraits, des rencontres, des récits et des fêlures. »

Les fêlures… Est-ce l’image de cet enfant, près d’un vélo trop grand pour lui, dans un couloir ?

Intérieur nuit. L’enfant au grand vélo est une ombre presque floue.
La lumière électrique jette des ombres, quelques reflets dans des flaques et un trou dans le mur…

Enfants des camps. Enfants réfugiés qui témoignent :
« Avant la guerre, j’étais petite, j’étais bien. Après j’ai eu peur. J’ai eu peur des hommes de l’OTAN. Ils sont noirs dans le visage. Et puis il y avait les bombes ». Severdjana, 9 ans. Camp de Leposavic, février 2001.

Extérieur jour. Aperçus de paysages, gros plans perdus sur personnages décomposés. Bribes de vie dans un univers déconstruit. Quelques sourires spontanés.

28 mai 1999 : « Je sors. Pas un chat. Dedans, des sanglots. Des chuchotements. Des miettes de veillées que j’amène avec moi au cœur de la nuit. Je passe. Je ne fais que passer. […] Je m’égare dans la nuit. Le calme est assourdissant. »

Les témoignages se croisent, les révoltes aussi… Vous êtes au Kosovo, dans un « kaléidoscope de mots et d’images » et dans un périple sans « mode d’emploi ni garde fou ».

Photographies de Gil Guardiola, camps de Povel et de Plemetina.



En deuxième heure d’émission : Le groupe DjamiDjan Koly

Fondé par Seyba Sissoko et Boubacar Sissoko, DJAMIDJAN KOLY est une formation instrumentale et vocale métissée. Le groupe de sept musicien-ne-s mélange les styles blues, reggae... et propose une diversité de rythmes et de mélodies toujours inspirées de la tradition musicale malienne.

En direct sur les ondes de Radio libertaire