Wanted, procès-spectacle de la Compagnie Jolie Môme. Sacco et Vanzetti, procès historique écrit et mis en scène par Loïc Joyez. Big Brother Awards. Les surveillants surveillés, palmarès 2007.

Avec Loïc pour Jolie Môme, Cyrille Andrieu-Lacu (Sacco), Julien Vialon (Vanzetti) et Jérôme Thorel (BBA)
dimanche 16 novembre 2008
par  ps
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Résistance et conscience : Spectacles politiques. Big Brother Awards.

Jolie Môme dans les Chroniques rebelles.

Big Brother is watching you et en ce qui concerne la compagnie Jolie Môme, il a fort à faire, et à voir. Jolie Môme est une troupe qui monte des spectacles engagés, populaires, à la manière de Brecht, de Prévert, qui chante, qui joue sur scène, à la Belle Étoile à Saint-Denis, sous chapiteau, dans la rue… Partout. Et il est question de lutte pour les droits, de solidarité, de théâtre indépendant, hors des codes et des thèmes convenus. Du spectacle vraiment vivant !

Jolie Môme c’est aussi une association, dont les adhérents « constituent autant de relais d’information et de mobilisation. »

Et cette fois Jolie Môme donne un Procès spectacle, Wanted , jusqu’au 7 décembre à la Belle Étoile, à Saint Denis.

Annonce :
« La Compagnie Jolie Môme soucieuse de désengorger la justice prend le problème à bras le corps et vous offre jusqu’au 7 décembre : LE PROCÈS DU MILITANTISME !
Dans la salle d’audience, magistrats et auxiliaires de justice font scrupuleusement leur travail. À la barre se succèdent les témoins. Ils vont nous aider à traverser l’Histoire, les histoires et nous ramener à l’actualité. Et chaque jour une personnalité différente intervient dans le spectacle sur son thème favori. Charge au tribunal de l’intégrer au débat et de tirer le meilleur de son témoignage...
 »

PROCES SPECTACLE par la Compagnie Jolie Môme

Prométhée : enchaîné... Lilith : balancée dans la Géhenne... Spartacus : éparpillé sur le champ de bataille... Et ça ne s’est pas arrêté là... ...De tous temps, femmes et hommes qui se battaient pour changer le monde en ont vécu de belles !

Vraiment, de nos jours, les peines manquent de panache !

Ce ne sont pourtant pas les procès contre des militants associatifs, politiques ou syndicaux ou des citoyens indociles qui manquent. Mais ces poursuites ne sont pas coordonnées, pas optimisées...et finissent par encombrer les tribunaux.

Du 6 novembre au 7 décembre 2008 Jeudi, vendredi, samedi à 20h30. Dimanche à 16h Réservations recommandées au 01 49 98 39 20 Restauration légère et buvette avant le spectacle. Tarifs 18 et 10 euros

La Belle Etoile 14 rue Saint-Just - La Plaine - Saint-Denis (93) M° Porte de La Chapelle puis 15mn à pied ou 5mn en bus 153/302 arrêt Église de La Plaine

http://www.cie-joliemome.org

Autre procès du militantisme : le procès de l’anarchisme à travers deux figures historiques, Sacco et Vanzetti.

C’est au théâtre Déjazet jusqu’au 30 novembre 2008. Pour ceux et celles qui auraient manqué cette pièce étonnante de vérité et d’actualité, c’est l’occasion de la voir ou de la revoir.

Sacco et Vanzetti de Loïc Joyez

Suite au succès rencontré, la pièce Sacco et Vanzetti est prolongée au théâtre Déjazet jusqu’au 30 novembre !

du mardi au samedi à 20H30, le dimanche à 15H
relâche le lundi

THÉÂTRE DÉJAZET

41 bd du Temple 75003 Paris

Metro République

Réservations 01 48 87 52 55

http://www.lesinactualistes.com

AVEC Cyrille Andrieu-Lacu, Julien Vialon, Fedele Papalia, Marc Hazan, René Carton, Anne-Laure Connesson, Sacha Azoulay, Martin Verschaeve, Alexandre Foin, Maïa Guéritte, Mathieu Bétrancourt

Assistante mise-en-scène : Séverine Chabin

Musiques et décor : Alexis Joyez

Lumières : Ludovic Fermaut

Vous l’aurez compris, nous parlons aujourd’hui d’une mise en cause du système, qu’il s’agisse de justice, d’expression alternative, de surveillance, de Novlangue, de sécurité et de refus des normes.

« Big Brother Awards, les surveillants surveillés, palmarès 2007 »

« Sed quis custodiet ipsos custodes ? »

« Mais qui surveillera les surveillants ? » La célèbre phrase du poète latin Juvénal n’a sans doute jamais été autant d’actualité que dans nos sociétés, où le perfectionnement rapide des technologies de surveillance s’accompagne de menaces inédites sur nos libertés.

Le jury des « Big-brothers Awards » décerne chaque année des « prix Orwell » aux ministres, aux élus locaux, aux hauts fonctionnaires, aux institutions, aux grands patrons et aux petits chefs d’entreprises s’étant distingués par leur action en faveur de la restriction des libertés publiques, du fichage de la population, de la surveillance des salarié-e-s.

Les promoteurs de la société de surveillance sortent de l’ombre avec ce petit livre qui expose de manière très documentée « leurs solutions innovantes dans la lutte contre le sentiment d’insécurité qui est au cœur des préoccupations des français ».

La peur, ça marche, ça aveugle et ça peut rapporter gros.

Big Brother Awards , ou BBA, s’inspire du roman 1984 de George Orwell. J’y ajouterais Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley et voici le tableau de ce que nous préparent les dirigeants pour défendre le sacro-saint capital, avec pour outils, par exemple, la banalisation du fichage, des prisons high-tech pour tous les déviants et déviantes, et de la surenchère sécuritaire.

Car la France est devenue, comme l’écrit Maurice Rajsfus dans sa préface, « le pays du châtiment, de la punition, de la sanction pour ceux [et celles] qui s’éloignent d’un cadre strictement défini par des lois scélérates qui ne cessent de s’additionner depuis une vingtaine d’années. […] Les sans-papiers souffrent de la renaissance d’un nationalisme de mauvais aloi.
La France n’est plus un pays égalitaire pour des centaines de milliers de SDF ou de mal logé-e-s.
[…] On marginalise, on enferme, on expulse. Il n’y a plus d’âge pour devenir justiciable, et le taux d’occupation des prisons explose. »

Il s’agit de juguler les révoltes que suscite un capitalisme sauvage. À cette fin, « un seul recours : instaurer un état d’exception permanent et une surveillance généralisée. »
Big Brother is watching you, alors souriez et consommez bien sûr…

http://bigbrotherawards.eu.org

(Photos Carine Bœuf, Les Inactualistes et Christiane Passevant)

Le palmarès 2008 a notamment récompensé le Pr Philip Gorwood de l’Inserm, pour avoir usé de méthodes douteuses afin d’inciter des lycéens à livrer leur ADN, la société Quadri-France, pour avoir produit des prototypes de drones — engins militaires — à des fins de surveillance des populations civiles, ou encore la société Google pour des pratiques s’apparentant à du fichage électronique. Outre la présentation complète de chaque lauréat, le livre élargit le champ et donne aussi les grandes tendances de l’année, dressant ainsi une très inquiétante chronique des avancées de la surveillance globale.

« Big Brother Awards, les surveillants surveillés, palmarès 2007 », éditions Zones, octobre 2008, 192 pages, 13 euros.

Big Brother Awards est une initiative de Privacy International, ONG créée à Londres en 1990 pour éveiller l’opinion sur l’érosion de la vie privée et les nouvelles technologies de surveillance des individus. Depuis, Privacy International a été à l’origine d’une trentaine de conférences, participant a des dizaines de réunions internationales, témoignant auprès d’instances gouvernementales ou parlementaires comme la Chambre des Lords, le Parlement canadien, l’OCDE, l’UNESCO, le Parlement européen et l’Assemblée du Conseil de l’Europe. Enregistrée au Royaume-Uni en tant qu’association à but non lucratif (Non-profit Limited Company n° 4354366). PI est dirigée par Simon Davies, lecturer à la London School of Economics (LSE), militant de longue date des dérives orwelliennes de la société britannique. L’esprit des BBA s’inspire du roman 1984 de George Orwell, et a obtenu le soutien moral de Richard Blair, fils de l’auteur (de son vrai nom Eric Blair). Presque 20 pays sont déjà sur les rangs...

En France L’opération Big Brother Awards, organisée pour la première fois en 2000, est le résultat d’une rencontre de militants associatifs, de travailleurs sociaux, de journalistes, de juristes et d’avocats défenseurs de la vie privée et des libertés publiques.