Annick Roux chante et dit Francis Blanche / Paris Gay 1925

de Gilles Barbedette et Michel Carassou (éditions Non lieu)
dimanche 23 novembre 2008
par  ps
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Annick Roux chante et dit Francis Blanche

Comédienne, chanteuse… Chanteuse, comédienne… Le talent d’Annick Roux est multiple et difficile à cerner. je dirai même impossible à étiqueter. Tant mieux !

Annick Roux fait partie de ces rencontres dont on se souvient. C’est du vif argent, du contenu, du rire, de la générosité : une interprète, une metteuse en scène d’histoires et de chansons à ne pas manquer.

Cristine Hudin et Serge Utgé-Royo ne s’y sont pas trompés. Cette artiste mange littéralement la scène.

Elle interprète — et comment ! — les chansons de Francis Blanche, trésors méconnus qu’elle nous fait découvrir dans une mise en scène étonnante. Alternant des textes et des chansons, des saynètes, des pirouettes comme des blagues où l’on retrouve la faconde et l’humour de Francis Blanche, Annick Roux les remet à son goût et en fait des créations nouvelles.

Exemple : « C’est en forgeant que l’on devient forgeron… C’est en sciant que Léonard de Vinci » !

Et l’on passe avec Annick de l’ironie mordante à la dérision, puis à la gravité, sans transition. Elle nous surprend et nous entraîne dans son sillage sonore de petites merveilles que l’on goûte, mais que l’on voudrait bien entendre et ré-entendre sur CD. Car actuellement, on la découvre sur scène et c’est tout.

Entre les devoirs du locataire,Général à vendre et le Boléro de Ravel façon Francis Blanche/Annick Roux — le Parti d’en rire —, il y a de quoi sourire et de quoi rire… Et dans ce temps de morosité ambiante, ça fait du bien.
Alors ne boudons pas ce plaisir.

Annick Roux le 1er décembre 2008

Au Théâtre de la REINE BLANCHE

2 bis passage Ruelle, Paris 18e

Métro Chapelle ou Marx Dormoy

Avec Michel Bühler au Vingtième Théâtre.

Serge Utgé-Royo et Léo Nissim pendant le concert du 29 septembre au Vingtième théâtre.

Un DVD du spectacle du 1er décembre sera disponible en 2009 ainsi qu’un livre et un CD à la rentrée 2009.

Paris Gay 1925 de Gilles Barbedette et Michel Carassou (Non lieu).

Cette nouvelle édition enrichie et très illustrée de Paris Gay 1925 nous fait découvrir le Paris mythique des Années folles.

On l’aura sans doute oublié, mais Paris en 1925 était une capitale homosexuelle au même titre que Berlin. Le livre invite à découvrir les lieux où se retrouvaient les “invertis”, par exemple le bal mythique de Magic City, une fois par an, et à Pigalle et Montparnasse. Il donne aussi la parole à des témoins de cette époque, à Daniel Guérin, pour qui libération sociale et libération sexuelle vont de pair, et c’est aussi l’analyse des influences artistiques d’écrivains comme Proust, Gide, Crevel, Cocteau….. Ce sont donc des entretiens, des photos, des extraits de la première revue homosexuelle, Inversions , qui eut à subir les foudres de la justice.

Les pionniers des Années folles affrontaient l’ordre moral avec provocation, détermination, créativité et une très grande liberté.
Et pour une fois, il y a des femmes. L’homosexualité est partagée. Les femmes sont aussi libres que les hommes sur ce plan, enfin dans certains milieux bien sûr.

Paris Gay 1925 nous rappelle aussi que la lutte contre l’ordre moral est toujours d’actualité. Les codes et le regard sur les normes sont toujours aussi restrictifs et étroits… d’une autre manière, évidemment.

Gilles Barbedette (1956-1992) était journaliste à Gai Pied lors de la sortie de la première édition. Il fit ensuite une carrière de romancier (Le Métromane, Une saison en enfance…), de traducteur (Nabokov) et de directeur de collection chez Rivages.

Michel Carassou est éditeur et écrivain, spécialiste des avant-gardes littéraires des années 1920 et 1930, auteur d’essais sur Dada et le surréalisme, et d’une biographie de René Crevel.