J’m’appelle Mehdi de Danilo Casti (Paris Méditerranée/Tarik)

Samedi 5 janvier 2002
mardi 25 novembre 2008
par  CP
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Histoire de Mehdi, l’enfant des rues, l’enfant qui a compris à ses dépens la société dans laquelle il survit : "Au Maroc, si t’as du fric, toutes les portes elles s’ouvrent. Si t’as rien, même si t’es un type bien, honnête et correct et tout, tu peux crever."

En préambule du récit de Danilo Casti, un extrait du Rapport final au Congrès national des Droits de l’enfant (Casablanca, 1994). "Les enfants vagabonds ne bénéficient d’aucune protection légale, les orphelins sont délaissés ; le nombre d’enfants s’adonnant à la drogue, à la prostitution et à la délinquance ne cesse d’augmenter.

Quant aux enfants handicapés et ne bénéficiant pas de protection familiale, ils vivent dans des conditions très précaires. Là également les textes existants ne suffisent pas à assurer une protection convenable et ne sont que rarement appliqués.

Les orphelinats sont peu nombreux par rapport aux besoins, et ceux existants sont mal gérés. De même que les structures d’accueil et de réadaptation sont inexistantes.

Nombreux sont les enfants de moins de seize ans poursuivis en justice ou condamnés pour délits et ne bénéficiant d’aucune garantie juridique, sachant bien que les juges qui les condamnent n’ont pas la formation adéquate. Rares sont les cas d’assistance juridique pour les enfants dont bon nombre d’entre eux sont placés dans des prisons pour adultes."

À 12 ans, Mehdi, l’enfant illégitime, est déjà condamné à la misère. Enfant du "péché" pour les unes, enfant du "crime" pour les autres, bâtard pour tous, Mehdi s’insurge :"Ce qui m’dégoute le plus c’est tous ces gens qui soi-disant parlent pour notre bien et qui par derrière font des choses dégueulasses."

" J’m’appelle Mehdi " de Danilo Casti est un réquisitoire contre la société marocaine, contre toutes les sociétés. Les droits des enfants au Maroc et ailleurs qui s’en soucie réellement ? Bien sûr, il y a les discours et les déclarations qui ne peuvent faire oublier la détresse d’un enfant seul, révolté contre le monde qui le condamne. En terminant ce récit poignant, on se demande ce que va devenir Mehdi et tous les autres, et Zohra ?
Difficile aussi d’oublier ses paroles :

"Dans la rue, on apprend mieux la vie que quand on est dans sa famille. Depuis qu’on s’est fait jeter dehors avec ma mère, j’crois plus à rien, ni à personne. J’veux plus entendre personne me dire ce qui est bien et ce qui est mal."

"Les plus salauds, c’est les types qui font semblant d’être des religieux. Y z’exploitent les pauvres à leur raconter que, dans le paradis des croyants, y seront les premiers, mais en attendant, les pauvres y crèvent de peur et de faim, et les riches y sont toujours plus riches et y z’en ont rien à foutre de nous."