L’Empire en guerre. Le monde après le 11 septembre. Ouvrage collectif (Temps des cerises)

Samedi 19 janvier 2002. Avec Diana Johnstone et Georges Labica
mardi 25 novembre 2008
par  CP
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Depuis les attentats du 11 septembre, comme l’écrit Georges Labica dans "Mots de septembre", nous avons affaire à "une campagne d’opinion sans précédent, pire que celles qui accompagnèrent la guerre du Golfe et l’agression de l’OTAN contre les Balkans, visant à créer, au moyen de manipulations, de mensonges et d’intimidation émotionnelle, une véritable psychose destinée à mettre en place, aussi bien dans les pays du Sud que dans les métropoles “occidentales“, les procédures de flicage renforcé indispensables au maintien de l’ordre mondial dominant menacé."

La guerre contre le terrorisme est un scénario qui ne tient pas debout et qui cache bien d’autres motivations, dénonce Michel Collon dans son article "La guerre globale a commencé".

Et Henri Alleg de préciser dans son entretien :

"Une censure très sévère, mais dont on parle peu, est déjà en place, qui sélectionne ce que le public doit ou non savoir de la guerre et de tout ce qui se rattache à la façon dont elle est menée. On ne diffuse désormais que les "images autorisées". On pourra contrôler le courrier et les conversations téléphoniques de chacun…"

C’est déjà ce que prévoyait, dès le 11 septembre, Jeff Cohen — fondateur de FAIR, association qui regroupe des journalistes critiques des médias — "ce qui s’est passé aura de terribles conséquences pour le Tiers monde et pour nos libertés civiles."

Quelque temps plus tard, Jeff Cohen envoyait cet email aux Chroniques rebelles : "Mis à part le nombre incroyable — plus que je n’en ai jamais vu — de drapeaux des États-Unis flottant sur les automobiles, les maisons, devant les sièges d’entreprises ou près des enseignes de commerçants, il existe une anxiété et une peur réelle bien plus fortes que dans mes souvenirs. La crise a été très largement exploitée par ceux qui ont depuis longtemps cherché à diminuer les fonds destinés aux programmes sociaux en faveur de l’armée et des services secrets, et par ceux qui ont toujours souhaité plus de pouvoir policier pour accroître la surveillance des citoyens étatsuniens et des étrangers. La loi antiterroriste, qui met en place de nouveaux pouvoirs en matière d’espionnage domestique et d’arrestations, est passée au Sénat avec une seule voix contraire, celle de Russ Feingold — sénateur libéral du Wisconsin — dont le bureau a été contaminé par la maladie du charbon. Les médias, dans la ligne du courant dominant, ont montré leur servilité face à la Maison blanche. Les rares fois où il a été fait mention de victimes civiles afghanes, la provenance probable d’informations des talibans a été soulignée pour en atténuer la crédibilité. Les dissidents sont assimilés à des traîtres.
Les chaînes de télévision sont aux ordres et, dès les premiers jours, le présentateur et rédacteur en chef de CBS a proposé de porter l’uniforme. Message clair pour les journalistes de la chaîne pour se conformer et éviter de poser des questions.
"

Pas de questions, pas de réflexion, absence de débat sauf sur les sites libertaires et indépendants d’Internet. Mais pour la majorité de la population, la guerre contre le terrorisme n’est pas remise en question.
Et dans la foulée, le budget de la Défense — 350 millions de dollars — est voté à l’unanimité sauf une voix. Les marchands d’armes ont un bel avenir devant eux. Les stocks d’armes ont été et sont liquidés sur le terrain… Après les Balkans, l’Afghanistan — c’est d’ailleurs le pays le plus miné, 10 millions de mines disséminées sur le territoire. La question qui se pose maintenant, c’est : quelles sont les prochaines cibles ? Qui est jugé terroriste par le gendarme du monde et les pays occidentaux ?

"C’est sur le terrain quotidien de la misère, de la faim, du chômage, de l’exploitation, de l’humiliation, des frustrations, de la colère et de la révolte contre l’arrogance des puissants, et aussi dans ce “vide” politique décourageant, que naissent et se développent les courants obscurantistes, présentés par des démagogues comme les seules voies de salut et de rédemption possibles." Le constat d’henri Alleg laisse entrevoir de nombreux émules du terrorisme.

Et celui de Jean Bricmont et Diana Johnstone dans "Les deux faces de la politique des Etats-Unis" ne laisse guère d’espoir :

"Toute victoire par la force est une victoire pour la force, et la “guerre contre le terrorisme”, ou plutôt la guerre entre terrorismes — terrorisme des États puissants contre terrorisme des faibles et désespérés — se poursuivra sans victoire possible."

Surtout si l’on considère les véritables enjeux économiques, les manipulations sur fond de gisements de pétrole, les rencontres de Ben Laden avec la CIA peu de temps avant les attentats et toutes les "invraisemblances" qui nous sont servies par les médias pour nous faire accepter cette nouvelle guerre, "sans fin", (voir l’article de Michel Collon, "La guerre globale a commencé", dans l’ouvrage collectif dont nous parlons aujourd’hui, L’Empire en guerre, et aussi le livre de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié : Ben Laden. La vérité interdite (Denoël).

"Nous sommes tous désireux" écrit Noam Chomsky dans "La nouvelle guerre contre la terreur", article de L’Empire en guerre. Le monde après le 11 septembre… "Nous sommes tous désireux de réduire le niveau de la terreur, nous voulons certainement éviter une escalade dela terreur. Il y a un moyen aisé de la faire, qui n’est justement jamais discuté. Je veux dire : cesser d’y participer."

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