La Commune à Nouméah

Samedi 1er juin 2002. Avec Monique Surel-Tupin, Christine, Jean-Claude…
mercredi 26 novembre 2008
par  CP
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La Commune à Nouméah,

vaudeville en un acte de Cavalier.

Mise en scène de Monique Surel-Tupin,
avec la compagnie "La Balancelle"

à L’Espace Louise Michel
29-30-31 mai
6-7-8 et 9 juin 2002

La Commune de Paris, singulièrement édulcorée ou absente des manuels d’histoire, est déformée sinon évacuée de la mémoire collective. On a pu encore le constater lors de la trop rare diffusion du film de Peter Watkins, La Commune de Paris. Phénomène certainement du au caractère actuel des réformes sociales entreprises pendant la Commune, au rejet du système, à la remise en question de la hiérarchie, et en raison du projet égalitaire comme du rôle des femmes… La Commune, c’est trop subversif ! Il vaut mieux l’enterrer ou la reléguer dans les poubelles de l’histoire !

Après le cabaret anarchiste à la belle époque dont nous avions diffusé des extraits dans Chroniques rebelles, le théâtre de la Balancelle nous présente La Commune de Nouméah , un vaudeville en un acte de Cavalier dit “Pipe en bois”.

"Fin mai 1871, la Commune de Paris a vécu. Les rues de la capitale résonnent encore des cris des Fédérés sommairement assassinés, dont les bras dépassent par endroit du pavé parisien. On ignore encore aujourd’hui le nombre de morts — aux alentours de trente mille.

Ceux-là se tairont à jamais. L’armée de Thiers fusille, arrête quarante mille personnes. Les prisonniers sont transférés à Versailles où ils sont jugés, condamnés à mort, à la prison ou à la déportation. Parmi les déportés quatre mille se retrouveront en Nouvelle-Calédonie.

La répression n’est que le début d’une longue tentative pour effacer la Commune. Et pourtant, “elle n’est pas morte” et continue à vivre à travers des chansons, des romans, des mémoires, des pièces de théâtre. Pour répondre aux mensonges de l’histoire “officielle”, les communards mettent en scène la Commune afin de témoigner. Le besoin de justifier, d’expliquer, de valoriser les événements est d’autant plus fort que l’expérience est déformée par les vainqueurs : la Commune devient un symbole."

Les rêveurs s’entêtent, présentant la pièce — La Commune à Nouméah — replacent la pièce dans son contexte historique et retracent sa conception par cinq déportés qui attendent — dans la prison de Fort-Boyard — leur départ pour la Nouvelle-Calédonie :

"Que faire sinon imaginer la vie qui les attend là-bas ?"

Georges Cavalier — dit “Pipe en bois” et ami de Vallès — écrit le texte, Henri Rochefort — journaliste opposant — le met en scène, deux prisonniers le jouent et Pierre Pirotte en fait la transcription.

Blague de prisonniers que menace l’exil, la pièce porte en elle une énorme charge subversive par le rire qu’elle parvient à susciter, et par sa liberté de ton. C’est son discours toujours critique, extrêmement lucide, paradoxalement actuel, qui nous rend cette Commune proche, présente.

À l’époque même où le parti de l’ordre forme le projet de construire le Sacré-Cœur pour expier les crimes de la Commune, les personnages de la pièce, eux, suggèrent d’élever, en guise de monument, une “statue en pain d’épices” à l’effigie de Thiers, le "nabot malfaisant”, afin de la manger selon le rite cannibale qu’on imagine bien établi en Nouvelle-Calédonie !

"Drame pour rire, pied-de-nez aux Versaillais et aux garde-
chiourmes, cette pièce est d’abord un défi à tous les vainqueurs.
"

Avez-vous le cœur tendre

Des mouchoirs prenez-les

Car vous allez entendre

Chanter en dix couplets

L’Histoire mes amis

De la Commune de Paris

(extrait de La Commune à Nouméah )