Révolution en Catalogne. Socialistes, communistes, anarchistes et syndicalistes contre les collectivisations de Carlos Semprún Maura (les nuits rouges) et Le rêve en armes. Révolution et contre-révolution en Espagne, 1936-1937 de Julius Van Daal (Nautilus)

Samedi 15 juin 2002. Avec Julius Van Daal, Daniel Pinos, Jean-Claude Lamoureux.
mercredi 26 novembre 2008
par  CP
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"Les masses dans un grand mouvement spontané s’attaquent en même temps et avec la même vigueur à toutes les oppressions et à toutes les structures hiérarchiques de la société, arbitrairement divisées et séparées dans les illusoires domaines réservés du “politique”, de “l’économique”, du “social”, du “familial” et pourquoi pas du “culturel”.

Révolution et contre-révolution en Catalogne. Socialistes, communistes, anarchistes et syndicalistes contre les collectivisations de Carlos Semprún Maura.

Après des livres de témoignages et de réflexion comme Ni l’arbre ni la pierre de Daniel Pinos, La raison douloureuse de Federico Gargallo Edo, La saveur des patates douces de Vicente Marti, ou encore des films comme ceux de Richard Prost, Un autre futur et Contre vents et marées, celui d’Ariel Camacho, Ortiz, général sans dieu ni maître, nous revenons aujourd’hui dans les Chroniques rebelles sur les causes de l’échec de la révolution sociale espagnole avec deux livres.

D’abord une réédition, Révolution et contre-révolution en Catalogne. Socialistes, communistes, anarchistes et syndicalistes contre les collectivisations de Carlos Semprún Maura (nuits rouges) et Le rêve en armes. Révolution et contre-révolution en Espagne, 1936-1937 de Julius Van Daal (Nautilus).

Une question, récurrente, se pose depuis l’échec de la Révolution espagnole : "comment un parti, insignifiant par son influence et par son nombre, fut en mesure de jouer le rôle dominant qu’eut le PC en Espagne, non pour l’unité et la victoire sur Franco, mais comme artisan de la désunion, de la contre-révolution et de la défaite."

Sans pour autant oublier que "leur action ne fut pas non plus entravée par la politique souvent contre-révolutionnaire des chefs de la CNT-FAI." Enseignement de la révolution espagnole de Vernon Richard.

Les ouvrages de Carlos Semprún Maura et de Julius Van Daal nous amènent-ils à tirer un "enseignement de la révolution espagnole" ?

L’important n’est-il pas en effet de comprendre les erreurs, les enjeux, les manipulations, la propagande, le danger de l’attraction du pouvoir, les Journées de mai 1937 qui marquèrent la fin de la révolution sociale, le piège de la militarisation des milices où se sont laissé entraîner les dirigeants anarchistes malgré les oppositions de la base… ?

Pour toutes ces raisons, il nous semble essentiel de revenir sur cette révolution qui n’a pas fini de marquer les esprits par ses réalisations, de revenir aussi sur les journées de mai 1937 qui ont mis un point final au rêve de la population, sur la fin des collectivités et sur une révolution qui s’est délitée dans une guerre de camps. La lutte armée s’était transformée en guerre civile où les enjeux politiques et économiques primaient sur les revendications de changement de société.

Ni maître à penser, ni icônes, mais une réflexion sur l’État et les compromissions du pouvoir. Maria Luisa Berneri le soulignait en exergue du texte de Vernon Richard :"C’est d’un point de vue anarchiste, et sans fausse fidélité ou considérations opportunistes, mais aussi avec modestie et compréhension, que nous devrions chercher à tirer des enseignements de la révolution espagnole. Je suis convaincue qu’une admiration aveugle, exempte de toute critique, affaiblira bien plus notre mouvement que l’admission sincère des erreurs passées."