Serge Utgé-Royo. Les Contrechants de ma mémoire. Troisième volume : La Commune

Samedi 10 novembre 2007
mardi 9 décembre 2008
par  CP
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Mémoire sociale et imaginaire social… Si l’on remonte dans le temps, pas si loin, on pense immédiatement à la Commune de Paris.

La Commune occultée, éradiquée par l’histoire officielle, ravalée au rang de banale insurrection, reléguée à la fin des programmes d’histoire, presque jamais traitée par manque de temps, ou si vite, comme c’est d’ailleurs le cas pour 1830 et 1848.

La Commune est un moment de révolte, d’autonomie, de partage du pouvoir, une période intense pour un peuple qui se prend en main et rejette toute forme d’allégeance à la hiérarchie…

Ni dieu, ni maître, ni gourou, ni chef, ni esclaves… Des hommes et des femmes qui se rebellent contre l’incapacité du pouvoir en place, contre les abus de l’État, contre la misère, les inégalités et les injustices.

La répression sera à la hauteur de la peur que la Commune de 1871 a suscitée chez les nantis. Massacres — j’ai en mémoire les récits de témoins qui, passant près des charniers de la Tour Saint Jacques ou du square des Batignolles, entendaient les râles des agonisants, à demi enterrés —, exécutions sommaires, lynchages et acharnement sur les corps mutilés, condamnations au bagne et, pour les plus chanceux, l’exil.

Mais de cette parenthèse révolutionnaire et de sa répression tragique, il reste des textes, des images, des rêves, des chansons. Car depuis toujours, et surtout depuis l’avènement de l’ère industrielle, les chansons de protestation, de contestation, de révolte accompagnent les mouvements sociaux et politiques, parfois les précèdent et même les initient. C’est un vecteur de solidarité, essentiel pour renforcer la volonté individuelle et la dynamique de groupe qui fonde chaque mouvement.

Et c’est ce vecteur de solidarité, cet élan qui va perdurer bien après la Commune, jusqu’à aujourd’hui.

Les textes de l’époque sont repris, détournés, enrichis, sublimés. L’esprit de la Commune a inspiré, inspire la création, encore et toujours…

Pour preuve le formidable film de Peter Watkins, La Commune 1871, dont la version courte — de 3h30 — ressort sur les écrans et un troisième volume des «  contrechants de ma mémoire  » que nous apporte aujourd’hui Serge Utgé-Royo.

Et pour commencer cette émission, voici une « chanson écrite dans les années suivant le centenaire de la Commune, en modeste hommage d’un fils de républicain et de républicaine espagnols de juillet 1936 à Louise Michel, aux femmes et aux hommes de mai 1871. »

« Tous les copains de la Commune

Ne sont pas morts sans rien laisser ;

Ils doivent nous garder rancune

De ne pas mieux en profiter… »