Maurice Rajsfus : Mai 68. Sous les pavés, la répression (mai 1968-mars 1974) (cherche midi) et En gros et en détail. Le Pen au quotidien 1987-1997 (Paris Méditerranée)

Samedi 2 mai 1998
dimanche 14 décembre 2008
par  CP
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Ces derniers temps, l’audiovisuel n’est pas avare de ses commémorations de mai 68 et des débats qui réunissent les "leaders" comme disent ses présentateurs et présentatrices, en appuyant bien sur le retour à la norme de ces "figures de proue", rentrées dans le rang. Ah la nostalgie de la plage sous les pavés… Mais dans les bibliographies distillées à chaque fin d’émission, il n’est pas question du livre de Maurice Rajsfus, Mai 68. Sous les pavés, la répression , non il n’est pas question d’évoquer la répression qui a accompagné les événements de mai ou d’analyser ce qui s’est mis en place durant cette période réactionnaire.

Comme le souligne Maurice Rajsfus au début de son livre : "Qui a une vision approximative des épisodes honteux de juin 1848 ou de mai 1871 ? Peu à peu, il en va de même de la répression qui a suivi les journées de mai et de juin 1968."

Alors mai 68 se résumerait à un grand monôme étudiant ? Certains ont beau faire remarquer qu’il s’agissait quand même de remise en question du système et de lutte anticapitaliste… Mais on passe vite à autre chose, car cela c’est toujours aussi actuel et la répression se vit au quotidien.

Mai 68, la liberté spontanée, la contestation, le refus de l’ordre moral, l’imagination subversive. Et sur les murs la parole : "L’anarchie, c’est je", "Ni dieu ni mètre", "Élections piège à cons", "Soyez réalistes, exigez l’impossible", "Presse : ne pas avaler", "Ce n’est qu’un début, continuons le combat !"

La liste est longue. Révolution ? Insurrection ? Rebellion ? La propagation des idées libertaires, cela effraie. La grève générale, la lutte contre la guerre au Vietnam, contre l’impérialisme, contre le capitalisme, ou pour la liberté sexuelle, cela fait désordre…

Et il s’agirait d’utopies ?! Dangereux/ses ces enragé-e-s, ces libertaires, ceux-là et celles-là même qui disaient "Notre modernisme n’est que la modernisation de la police" alors que les murs reflétaient des idées contre l’arbitraire, contre la hiérarchie, la bureaucratisation, contre les inégalités et la violence étatique.