ALERTE. Gaïa et Prométhée par la compagnie Jolie Môme

Samedi 17 janvier 2009
lundi 19 janvier 2009
par  CP
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Alerte ! Gaïa et Prométhée

Fable mythologique d’anticipation

Écrite par Enri Wegmann

Mise en scène par la Compagnie Jolie Môme

«  J’avais 17 ans en 1939 et j’étais sioniste. À cette époque, les villages étaient vendus par des “effendis” qui n’habitaient même pas en Palestine. Je me souviens que deux villages avaient été acquis ainsi et tous les colons étaient mobilisés pour récupérer les terres, chasser les villageois-es et détruire les villages. Quand j’ai vu les Palestiniennes se coucher sur le sol pour en quelque sorte tenir la terre, j’ai compris ce qu’était le sionisme. C’est à ce moment que je suis devenu antisioniste. Mes parents n’auraient pas fait cela, mais pour ces femmes, la terre c’était tout. Plus tard, j’ai refusé de tirer sur les voleurs de légumes qui venaient la nuit dans nos potagers. J’ai été exclu de la Haganah, ou plutôt je me suis chassé moi-même. » Nissan Rilov.

Nissan Rilov était peintre, il a quitté Israël en 1954. Je l’ai rencontré à Paris, il y a un peu plus de deux ans… Il a travaillé avec les enfants des camps de réfugié-e-s de Jenine et avec Arna Mer-Khamis.

Arna Mer Khamis qui disait en 1992 : « Le sionisme se base sur l’idée du grand Israël « nettoyé » des Arabes et toute l’idéologie tend à trouver des solutions pour se débarrasser d’eux. Il repose sur le racisme et nous en voyons chaque jour l’application dans la politique. Le racisme est une maladie sociale exploitée par les autorités pour parvenir à leurs fins. C’est émotionnel, comme la religion. Haïr devient alors facile. C’est si profondément ancré dans les mentalités de la société israélienne que cela en est effrayant. Toute ma vie, je me suis heurtée au racisme. Je ne suis pas une politicienne parce que je refuse l’hypocrisie, mais je suis convaincue que nous ne pourrons rien construire de durable dans cette société en l’absence d’une constitution qui rejette toute forme de discrimination. » Arna a reçu un prix alternatif pour la paix en 1993 et a construit un théâtre pour les enfants de Jenine.

Avec la déshumanisation et la diabolisation des Palestinien-ne-s, on peut programmer la liquidation de civils sans que cela paraisse, aux yeux de leurs auteurs, un crime contre l’humanité. Pour mémoire, Menahem Begin dirigeait à partir de 1942 un groupe paramilitaire créé en 1930, l’Irgoun. L’Irgoun organisa, avec le groupe Stern d’Yitzhak Shamir, le massacre des habitant-e-s de Deir Yassine : le 9 avril 1948. Vols, viols et liquidation systématique de 254 femmes, hommes, enfants, vieillards. Les habitant-e-s de plus de cinq cents villages palestiniens, moins connus que Deir Yassine, ont connu le même sort.

En juin 1982, le gouvernement israélien de Menahem Begin — dans lequel Ariel Sharon est alors ministre de la Défense — lance l’opération « Paix pour la Galilée » en bombardant Beyrouth et en envahissant le sud du Liban. L’armée israélienne fait le siège de Beyrouth jusqu’au départ, début septembre, des forces armées de l’OLP qui reçoit des garanties sur la sécurité des civils dans les camps de réfugié-e-s. Les troupes israéliennes occupent Beyrouth Ouest et encerclent les camps palestiniens de réfugié-e-s de Sabra et Chatila. Dans la nuit du 16 au 17 septembre, des groupes de phalangistes, avec l’accord du commandement israélien, pénètre dans les camps : c’est le massacre systématique de la population civile palestinienne. Au lendemain de cet horrible massacre, des manifestations ont lieu en Israël et des mouvements se forment regroupant des femmes, des intellectuel-le-s, des militant-e-s contre la guerre. Une commission d’enquête est nommée par la Knesset sous la pression des manifestant-e-s et conclut à la responsabilité directe d’Ariel Sharon pour les massacres. Mais, « malgré l’évidence du “massacre criminel” », qualification du Conseil de sécurité […], le « responsable de ces massacres […] et les exécutants, n’ont jamais été poursuivis ».

La constante déshumanisation des Palestinien-ne-s permet des crimes contre l’humanité comme à Sabra et à Chatila, en 1982, et aujourd’hui à Gaza. « Il est temps[déclarait Lea Tsemel, avocate israélienne] que notre armée et notre police comprennent qu’ils ne peuvent pas traiter les Palestinien[ne]s comme des êtres inférieurs au mépris total des droits humains ».

Décembre 1987, début de la première Intifada qui, jusqu’en 1993, fait des milliers de morts, des jeunes, des enfants qui reviennent de l’école, encore une fois des civils.

1993. Les accords d’Oslo font naître un grand espoir de paix, mais la colonisation s’accélère à Jérusalem et en Cisjordanie… Septembre 2000, la seconde Intifada commence en réponse à la provocation de Sharon, jusqu’en 2002 avec les massacres de civils des camps de Jenine et à Naplouse.
27 décembre 2008, début des bombardements de Gaza. Plus de 1200 morts et de 5000 blessés. Les civils pris en otage par les bombardements, les blindés et les combats de rue.

Qui parle des manifestations israéliennes contre les bombardements de
Gaza ? Qui parle des manifestations interdites et quotidiennes en Tunisie ?

« Pour en finir avec le Hamas » disent les autorités israéliennes…
Plus de la moitié des victimes sont des enfants, des femmes… Les récits les plus horribles s’enchaînent… Une femme, le visage arraché, un enfant décapité, des milliers de blessés, dont certains agonisent faute de soins dans des hôpitaux totalement débordés, des hôpitaux bombardés…

Et pendant ce temps, on parle de « belligérants » dans les médias !
Mais dans quelle catégorie met-on les enfants palestiniens qui meurent sous les bombardements israéliens ? Quelle chance ont les Palestiniens d’échapper aux massacres quand ils et elles ne peuvent pas sortir de la bande de Gaza ? Et d’ailleurs pour aller où ?

À la veille des bombardements sur Gaza, deux étudiantes palestiniennes de Cisjordanie disaient, dans un entretien, que les jeunes, surtout les garçons, étaient considérés comme des terroristes par les soldats israéliens. Alors, dans ces « combats de rue », qui est combattant du Hamas et qui est civil ?
« Gaza affamée. Gaza assiégée. Gaza bombardée ! » Gaza sacrifiée. On parle d’une offensive pour les élections : la punition collective de toute la population de Gaza ! Un massacre à terminer, donc planifié, avant l’investiture de Barak Obama ! Décidément’indécence et le cynisme n’ont plus de limites…

Deir Yassine, Sabra, Chatila, Jenine, Gaza… « Encore combien de morts », d’handicapés à vie pour une paix juste au Moyen-Orient ? Pour l’autonomie de la population palestinienne ? Pour la liberté de circulation entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza ? Pour l’arrêt du blocus ?

« Violations du droit humanitaire » déclare l’ONU en condamnant l’intervention militaire israélienne. Mais quelles sont les résolutions de l’ONU qui ont été respectées par les différents gouvernements israéliens depuis 1967 ? À commencer par la résolution 242 qui demandait le retour aux frontières d’avant la guerre des six jours ? Les résolutions de l’ONU n’ont pas d’effet, sinon d’annonce. Comme l’a dit Elias Sambar, les autorités israéliennes ne sont pas hors-la-loi, elles sont « au-dessus » des lois.

La compagnie Jolie Môme avec un nouveau spectacle : Alerte ! Gaïa et Prométhée Fable mythologique d’anticipation de Enri Wegmann Avec Laure et Loïc…

Avant-Propos ? On s’colle partout des pastilles vertes, on est tous écolos, spectacle dans l’air du temps ?

Les thèmes relevés ?
Quel rapport à l’environnement ?
Quelle finalités à la science ?
Tout est-il commercialisable ?
Quand devient-il indispensable de réagir ?
La mythologie grecque et l’actualité du mythe de Prométhée
L’écriture contemporaine en alexandrins
Musicalité au théâtre
Les dieux antiques dans la théâtralité contemporaine

Sous quelle forme : Différente des précédentes créations de la compagnie Jolie Môme, cette pièce en alexandrins sensibilise au théâtre en empruntant au rythme du cartoon avec une bande son jouée « live »...

Pourquoi cette union entre la nature et le progrès ne va-t-elle pas de soi ?

La Compagnie Jolie Môme cherche une réponse dans l’avidité d’Hermes, dieu du commerce...

L’Histoire :

Hermes, dieu du commerce, détourne le savoir de Prométhée pour étendre son pouvoir...

Gaïa, la Terre-Mère en subit violemment les conséquences et part à la rencontre de Prométhée.

Qui décide du sort du Monde ?

Zeus, du haut de l’Olympe ?

Gaïa, déesse de la Terre et de la nature ?

Prométhée, puni par Zeus pour avoir donné la connaissance aux hommes ?

Hermès, dieu du commerce... et des voleurs ?

Quoiqu’il en soit, le Panthéon est en folie !

Mais de comédie en tragédie, ce sont bien les humains qui sont menacés !