Retour de Hongrie. Avec Karine

Samedi 22 juillet 1998
dimanche 11 janvier 2009
par  CP
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La Hongrie, avec 93 000 km2 et un peu plus de 10 millions d’habitants, se situe entre l’Autriche, la Slovaquie, l’Ukraine, la Roumanie, la Yougoslavie, la Croatie et la Slovénie. La Hongrie — signalée dans le dernier rapport d’Amnesty International pour les brutalités policières exercées notamment à l’encontre des Tsiganes et des “étrangers” — a, depuis mai dernier, un gouvernement de droite et libéral.

À droite toute pour le "gouvernement de l’ordre" que vante Viktor Orban, depuis sa victoire aux élections.
Qui est Viktor Orban ? Le chef de la FIDESZ, le “parti civique hongrois”, fondé en 1988 par des étudiants antistaliniens. Cet ancien gauchiste reconverti dans la droite libérale, avec un look yuppi façon États-Unis des années 80, apparaît à présent entouré des dignitaires de l’église. Le “parti du citoyen” ou “parti civique hongrois”, la FIDESZ, a abandonné les aspirations gauchistes et écologistes de ses débuts, s’appuie sur le marketing — la politique sans la pub, ce n’est pas de la politique ! — et n’oublie pas d’afficher dans son programme son intention de réduire les aides aux plus défavorisés.

Dans la revue Cette Semaine, un communiste libertaire de la Librairie du Penseur autonome, librairie alternative de Budapest rappelle : “La FIDESZ (le parti civique hongrois), avant 1994, c’était un parti plutôt radical… ils manifestaient contre l’armée, pour la légalisation du cannabis, contre le nucléaire… et maintenant ils sont devenus un parti centre-droit conservateur.”
La FIDESZ s’affiche "pour une Hongrie du citoyen", autrement dit pour un libéralisme et un nationalisme à tous crins.

L’apathie politique va-t-elle durer ? Jusqu’où la population — notamment les laissés pour compte — va-t-elle endurer de survivre de plus en plus mal ? Les conditions de vie se détériorent, mais depuis le mouvement revendicatif de 1990, rien ou presque.

Dans ces conditions : avec un gouvernement de droite qui nécessite l’appui de l’extrême-droite, avec les relents nationalistes, le racisme à l’encontre des Tsiganes et la xénophobie ambiante, à quand le mythe de la grande Hongrie pour éviter toute révolte contre les véritables responsables du système ?
Alors à l’Est rien de nouveau ? Et après la peste, le choléra…