Polar et politique-fiction : La brebis galeuse (trilogie du Maître des agneaux) de Stéphanie Benson (L’Atalante). Et Repérages : un regard différent sur le cinéma (n°3)

Samedi 12 septembre 1998
dimanche 11 janvier 2009
par  CP
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Stéphanie Benson pour la trilogie des Maîtres des agneaux :

1 - Les compagnons du loup

2 - L’adoration des bergers

3 - La brebis galeuse

Du polar noir, de la politique-fiction ? C’est ce qui domine à la lecture de la trilogie de Stéphanie Benson, Le maître des agneaux .
Une dénonciation des tendances fascisantes ? Elle préfère dire un constat pour rester vigilant devant les dérives racistes et néo-nazies toujours possibles. Les idéologies nazie et fasciste n’ont pas disparu avec Hitler et Mussolini ; ceux qui ont adhéré à ces idéologies sont toujours là, parfois à des postes de pouvoir, toujours aussi nuisibles et capables de faire des adeptes dans des périodes de crise. Les slogans xénophobes fonctionnent encore.

Le polar est-il une manière de dire attention, de projeter dans un récit fictionnel des situations proches de la réalité ?

Trois romans, trois histoires à la première personne, trois protagonistes — deux hommes et une femme — qui ont tous les trois en commun d’être cassés, sacrifiés d’avance sur fond de complot fasciste depuis la collaboration à l’OAS, de torture pendant la guerre d’Algérie jusqu’aux ventes d’armes aux islamistes, au commerce de la drogue et à la guerre bactériologique.

Dans le premier livre, Les compagnons du loup, Fredo remonte l’histoire à la recherche du passé et de ses origines.
Dans L’adoration des bergers, second livre, Boule retrouve le passé de son père, combattant algérien, et de sa mère, Française d’Algérie et juive engagée dans lutte pour l’indépendance.
Enfin, dans La brebis galeuse, c’est Lilas, la battante écorchée qui sort de prison où elle à été enfermée pour un crime qu’elle n’a pas commis. 10 ans de taule et elle veut comprendre.

Le nœud des trois histoires, le pouvoir, la volonté de pouvoir et de domination des adeptes de la "race supérieure".
La drogue est partout, de même que la manipulation et l’Algérie…

L’Atalante a 10 ans. Les éditions ont d’abord été une librairie (20 ans) et, peu à peu, l’édition a pris le pas sur la librairie. Le choix éditorial est large : "tous les genres romanesques".