Cinéma politique au MK2 Beaubourg et Coup de théâtre aux Arènes de Lutèce

Samedi 19 septembre 1998
dimanche 11 janvier 2009
par  CP
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Du cinéma et du théâtre dans les Chroniques rebelles avec aujourd’hui et demain, Coup de théâtre aux Arènes de Lutèce et les journées du cinéma politique au MK2 Beaubourg les 26 et 27 septembre.

La semaine dernière, nous avons parlé d’un nouveau magazine de cinéma, Repérages, qui sortait mercredi dans les kiosques.
Repérages, un regard différent sur le cinéma contemporain et un thème traité dans chaque n°. N° 3, la ville dans tous ses états et, en couverture, une photo du film d’Érik Zonca, La vie rêvée des anges.

Depuis quelques années, on assiste au retour du cinéma social et du cinéma engagé sur les écrans. Certains films, dont beaucoup sont réalisés par de nouveaux réalisateurs et de nouvelles réalisatrices, reflètent la société dans laquelle certains et certaines tentes de survivre. L’image transmet une réalité sociale qui avait été écartée dans les années 80. Les images et la fiction mettent en scène des laissés pour compte, des damnés de la terre ou, doit-on dire, des broyé-e-s du système… Le cinéma fait la critique des institutions en place et du système…

On pourrait citer quelques films, sortis ces trois dernières années, Les virtuoses de Mark Herman (1996), La vie de Jésus de Bruno Drumont (1996), Marion (1996) et Western (1997) de Manuel Poirier, La reprise d’Hervé Roux (1997), et les films présentés la semaine prochaine dans les journées du cinéma politique : Y aura-t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset (1996), Land and Freedom de Ken Loach (1995), Guantanamera de Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio (1995).

Le cinéma deviendrait-il un espace de la contestation ? On l’espère puisque, point important, ce cinéma a un public. Pas autant que les superproductions étatsuniennes, dont la moitié du budget est consacré à la pub et aux produits dérivés, bien sûr. Mais sans la promo démentielle des grosses machines commerciales et le nombre tentaculaire de salles, le cinéma social a son public et celui-ci s’étend et en redemande.

Des festivals différents se mettent en place, le Festival Résistances à Tarascon sur Ariège par exemple. Des projections s’organisent avec des débats. Des grèves se filment de l’intérieur, par les grévistes eux-mêmes, pour témoigner, comme en novembre-décembre 95 : la Grève des cheminots à Orléans les Aubrais de Daniel Cami, Les Voix du rail de Daniel Frémont (Limoges), Rue de la Gare à toi Juppé de Yann Le Foll (Rennes) et Lutte de cheminots de l’Aveyron et du Lot de Michel Raynal. Les libertaires filment aussi…

Puisque j’ai cité Land and Freedom de Loach, il faut rappeler les deux films documentaires de Richard Prost, Un autre futur, sur la révolution espagnole, et Contre vents et marées, sur la résistance antifranquiste de l’intérieur et de l’extérieur.


Et aussi les films des cinéastes algériennes, Le démon au féminin d’Hafsa Koudil (1992), La moitié du ciel d’Allah de Djamila Sahraoui (1995), Sous les pieds des femmes de Rachida Krim dont nous écoutons un extrait de la bande son, La voix de la liberté.