Serge Urgé-Royo en concert et Identité nationale. Amer ministère d’Évelyne Perrin

Samedi 6 mars 2010
dimanche 7 mars 2010
par  CP
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Identité nationale. Amer Ministère

d’Évelyne Perrin (L’Harmattan)

Le nationalisme d’État, qui s’affiche en France, en 2007, avec la création du ministère de l’Identité nationale et de l’immigration, et qui s’inscrit, en 2009, dans une démarche ambiguë et douteuse avec le soi-disant débat sur l’identité nationale, se résume-t-il au détournement des idées de l’extrême droite, histoire de gagner une partie de l’électorat de la droite extrême ? L’emprunt est manifeste, mais le phénomène n’est pas strictement français. Il s’observe dans de nombreux pays européens séduits par une idéologie de repli identitaire sous prétexte de crise. La propagande xénophobe d’État bat son plein et les politiques antimigratoires, qui se mettent en place depuis déjà plusieurs décennies, sont une manière de se focaliser sur un bouc émissaire plutôt que d’évoquer les problèmes sociaux, les hypothèses de solutions et la responsabilité du système.

Supprimer ce ministère de la honte serait un premier pas, mais l’abandon du nationalisme xénophobe d’État est autrement plus important pour éviter toute dérive autoritaire.

Dans son ouvrage, Identité nationale, Amer ministère, Évelyne Perrin mène une enquête fort intéressante auprès de 200 jeunes Francilien-nes, et cela deux mois après l’élection de Nicolas Sarkozy et la création du ministère. Ce qui ressort, c’est le décalage entre les perceptions de ces jeunes et les présupposés de bureaucrates qui sont à l’initiative du fameux ministère.
Que pensent les jeunes de la création d’un ministère de l’Identité nationale ? Sont-ils/elles conscients des risques d’une spirale nationalisme, xénophobie, discrimination banalisée, sécuritarisme et fascisme ? Que signifie donc identité nationale pour ces jeunes qui vivent, du moins en zone urbaine, la mixité des cultures au quotidien ?

Pour Évelyne Perrin, «  l’identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère ». Et, ajoute-t-elle, ce qui est inadmissible, c’est que «  ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle, [soit] aussi chargé de “promouvoir l’identité nationale” et de définir une “politique de la mémoire” dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la “direction de la mémoire, du patrimoine et des archives” du ministère de la Défense. »

Nous y voilà, les enjeux sont alors plus clairs et la démarche apparaît bien plus inquiétante. Les années 1930 nous reviennent en mémoire et l’on sait sur quoi cela a débouché. On nous désigne un ennemi intérieur : l’immigré, le sans-papiers, l’étranger… Car questionner l’identité nationale revient à stigmatiser l’Étranger, l’Étrangère, comme un danger potentiel pour l’intégrité nationale.

Alors jusqu’où allons-nous accepter cette légitimation du racisme ? Il n’y a pas si longtemps, l’un des slogans, qui s’affichait sur les murs et les banderoles à chaque tentative xénophobe, était simple : Plus jamais ça !

2 Concerts de Serge Utgé-Royo à L’Européen les 13 et 14 mars 2010 L’espoir têtu

L’espoir têtu, il y a un besoin certain d’espoir, et s’il est têtu, c’est encore mieux ! Tenez bon et ce n’est pas le moment de se décourager ! Il s’agit plutôt de résister, de se battre et de s’inscrire en faux contre toutes les démagogies qui vont bon train dans nos sociétés.

Non, il n’existe ni homme ni femme providentiel-le. Chacun et chacune de nous doit, à sa manière, exercer sa vigilance. Les écrans se multiplient et Big Brother se recycle sans cesse. Mais il y a des moments de plaisir, de retrouvailles, de sincérité… Les 13 et 14 mars, Serge Utgé-Royo chante à L’Européen, l’espoir têtu. Et ce soir, pour ceux et celles qui ont la télé, le film de Solveig Anspach, Louise Michel, la rebelle, est diffusé sur France 3.

Mais oui, cela arrive : un film sur Louise Michel, qui raconte sa lutte en déportation, en Nouvelle-Calédonie entre 1873 et 1880.

Ce film sur Louise Michel, la rebelle, nous étions nombreux/ses à attendre sa sortie. Louise Michel l’irréductible, auteure du Coq rouge, de Nadine et de poèmes, la révolutionnaire qui disait « le pouvoir est maudit, c’est pour ça que je suis anarchiste », la rebelle passe enfin sur le petit écran et sera bientôt, le 7 avril, dans les salles. Cela signifie qu’un large public, qui ignore tout de la vie de Louise Michel, de son itinéraire politique, de son combat libertaire et de sa quête de justice sociale, que cette femme, cette anarchiste et les idées qu’elle a défendu toute sa vie, sortent de l’occultation où les bien-pensants l’avaient reléguée.

L’espoir têtu… C’est important.

Deux amis, deux complices, l’un chante et l’autre met en scène :

Serge Urgé-Royo et Med Hondo…

Le spectacle L’espoir têtu, 
créé en juin-juillet 2009 à Paris & à Avignon est repris pour deux soirées à L’Européen les 13 & 14 mars

Réservations : 01 43 87 97 13 - Infos : 01 43 52 20 40

◦ Avec ses quatre compagnons de musique, Serge chante 
de nouvelles chansons et reprend d’anciens thèmes réorchestrés.

◦ Il est question des Indiens d’Amériques, de l’enfance bousculée, maltraitée, d’une mère disparue, de petites gens, de putains, 
d’ombres noires qui resurgissent, de mains tendues de mendiants gris, 
de rires à la face des "grands" hauts perchés, 
de fraternité, d’humanité, de "chants de l’avenir dans des gorges fragiles", 
"de poings levés vers le soleil"...

◦ Avec Léo Nissim au piano et aux orchestrations,

◦ Jean My Truongaux percussions,

◦ Jack Thysen aux basses,

◦ Jack Ada aux guitares.

La voix du comédien Pierre Margot ponctue 
les moments chantés,

Mise en scène de Med Hondo.