Guerre du Liban. Un Israélien accuse

d’Uri Avnery (L’Harmattan), avec Bernard Ravenel
jeudi 20 décembre 2007
par  CP
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Dans son introduction, Uri Avnery rapporte les paroles de Jean-Paul Sartre, quand il le rencontre, en 1959 :
« Je ne peux pas soutenir la politique des Israéliens, parce qu’ils ont tort. Mais je ne peux pas les critiquer non plus, parce que je ne veux pas me retrouver en compagnie des antisémites contre lesquels j’ai combattu pendant toute ma vie. [Alors] Quand j’entends un Israélien le faire, cela m’ôte un poids du cœur. Je peux m’y reconnaître. »
1959. Nous sommes en 2007, et beaucoup pourraient dire la même chose aujourd’hui.

Guerre du Liban. Un Israélien Accuse d’Uri Avnery est un livre essentiel pour comprendre les enjeux et les objectifs réels d’une guerre de conquête qui ne dit pas son nom.
Les analyses d’Uri Avnery, ses articles à chaud sur la seconde guerre du Liban, ses jugements sur l’absurdité et l’inefficacité des militaires et des dirigeants israéliens, démontrent l’incurie d’un pouvoir qui entraîne toute une société vers la catastrophe. L’occupation des territoires palestiniens, les bombardements des populations civiles au Liban, à Gaza, les punitions collectives, les assassinats ciblés et…

Le mur de séparation ne peuvent pas être considérés comme des bases de négociations, d’entente, de paix pour un nouveau Moyen-Orient viable pour toutes les populations de la région.

Après le retrait unilatéral, la paix unilatérale, on a assisté à la « guerre unilatérale » avec des objectifs fluctuants, avoués ou non, des mensonges, et — en sous-main — les Etats-Unis poussant Israël à une guerre contre le Liban, qui s’étendrait — pourquoi pas — à la Syrie.
Cette guerre « unilatérale » au Liban montre à quel point les destructions et les massacres ne peuvent qu’engendrer la fuite en avant vers plus de violence et susciter la haine.

« Selon les rapports, l’armée israélienne se préparait à une guerre depuis plus de trois ans. Le dernier exercice a eu lieu un mois avant que la guerre soit déclenchée et comprenait l’invasion du Liban par des forces terrestres. Il est clair que le commandement n’avait pas prévu que la campagne durerait quatre semaines et plus. Merde alors ! Car au fond il s’agit d’une guerre contre une petite bande de terroristes. Cela ne fait que confirmer le dicton selon lequel même le meilleur plan de guerre ne peut pas survivre au premier jour de la guerre. » Uri Avneri, Guerre du Liban. Un Israélien Accuse.

Décidément, « Quand les canons tonnent, le cerveau cesse de fonctionner. »

CP