L’exil et le royaume, documentaire de Jonathan Le Fourn et d’Andrei Andrei Schtakleff et Louise Michel la rebelle, film de Solveig Anspach

Samedi 27 mars 2010
samedi 27 mars 2010
par  CP
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Calais ou le rêve brisé…

Calais ou l’inhumanité mise en place, institutionnalisée par les États…

La réalité d’une ville et d’un transit macabre.

Avec Jonathan Le Fourn co-réalisateur de L’exil et le royaume.

Sélectionné à la 65ème Mostra de Venise, le film est édité en DVD chez
L’Harmattan TV.

Et

Louise Michel, la rebelle

réalisation de Solveig Anspach

Sortie nationale le 7 avril

Avec Solveig Anspach

L’Exil et le royaume Film documentaire de Jonathan Le Fourn et Andrei Schtakleff (DVD L’Harmattan)

Un film, une balade au centre de la barbarie ordinaire. L’Exil et le royaume, Calais, le rêve brisé, anéanti.

L’Exil et le royaume n’est pas un documentaire classique, ni dans le filmage, ni dans le montage. Et le cadre est utilisé pour mettre en condition de découverte, de plongée dans une réalité dissimulée.

« À Calais, tous les petits mondes individuels cohabitent avec le “grand monde”. Les deux tiers ou plus de l’humanité malheureuse — celle qui paie la facture de l’inégalité et de l’injustice — défilent dans la ville. L’ “exil” s’est donné rendez-vous dans le “royaume”. »

La caméra suit des personnes qui ont choisi, chacune à sa manière, de ne pas accepter l’inacceptable, chacune raconte sa résistance au quotidien contre une logique d’État :

« C’est important d’être là. De montrer qu’on est là quand ils font quelque chose. [Mais] Je me demande toujours s’ils vont être violents », dit la veilleuse en parlant des descentes de police dans tous les lieux où se retrouvent les réfugié-es, les clandestins, les sans-papiers, les demandeurs d’asile, depuis la fermeture de Sangatte.

Ouvert en 1999 pour faire face à la situation des réfugié-es venant du Kosovo, le centre d’accueil de Sangatte recevait entre 200 et 1500 personnes. Il a fermé ses portes en décembre 2002, explique Smaïn Laacher, auteur de Après Sangatte, et « Comme si cet acte à lui seul ne suffisait pas, les pouvoirs publics ont pris la décision de raser le lieu du paysage physique. Comme si vider ce lieu des populations qui l’ont habité impliquait naturellement la disparition du lieu lui-même. [Un geste radical] pour ne permettre à personne de douter de l’existence d’une volonté de l’État d’en finir définitivement avec une situation jugée par tous inadmissible. La politique en acte, ici sorte de politique par la preuve, s’est traduite par un impératif : l’effacement matériel de ce qui localement symbolise un problème général, celui de l’immigration clandestine pour reprendre la terminologie commune. L’absence de trace comme garantie d’une perte de mémoire à brève échéance. »

De la destruction du centre de Sangatte, dans le film, le vieux résistant raconte : « Ce matin-la, je suis arrivé très tôt. […] Il y avait plus de cent CRS. […] Circulez ! [disaient-ils] Ils avaient commandé des engins de l’extérieur. Je suis le seul témoin. Pas un photographe. […] Y’avait que moi, qui pleurais.

De « victimes » à « indésirables », il n’y a qu’un pas… rapidement franchi par des forces de l’ordre qui « font leur travail » comme dit l’un d’eux dans le film. Ce à quoi la veilleuse lui réplique « Il y a un CRS qui a gazé des réfugiés politiques endormis. C’est ça les protéger ? […] Ce sont des réfugiés politiques. Et aux réfugiés juifs d’Allemagne, ils prenaient leurs papiers monsieur ? »

Et d’entonner sur l’air de Maréchal nous voilà : «  Sarkozy les voilà, les p’tits gars qui ont juré obéissance. Travaillez plus pour gagner moins, c’est toujours bon pour les patrons ! » Et d’alerter les quelques passants :

« Attention, Sarkozy envoie ses policiers contre les réfugiés politiques. Ça promet pour les travailleurs ! Il aime les salariés et il nous détruit la retraite ! Travaillez plus pour gagner moins ! »

Louise Michel la rebelle de Solveig Anspach Sortie le 7 avril

Louise Michel la rebelle, toujours rebelle en 1873, malgré les massacres des communards en 1871, les procès, la prison et la déportation en Nouvelle Calédonie.

D’aucuns diront que Sylvie Testud n’a pas l’âge de notre révolutionnaire, mais qu’importe, elle en exprime la flamme…

Nous sommes dans un film de fiction et l’important est de faire connaître les paroles de Louise Michel, de la rendre proche et actuelle grâce au jeu remarquable de Sylvie Testud, des comédiens et des comédiennes qui l’entourent.

Le film se situe dans toute la période de la déportation de Louise, époque plus méconnue que celle de la Commune ou de ses luttes après l’amnistie des communards et son retour en France.

Solveig Anspach, la réalisatrice, souligne la démarche anticolonialiste de Louise, son désespoir face aux décisions de certain-es des déporté-es — c’est-à-dire participer à la répression de la révolte canaque auprès des autorités coloniales —, sa détermination et sa fidélité aux principes libertaires de la Commune.

C’est un film réalisé avec candeur, recherche et enthousiasme sur une femme exceptionnelle et pour un large public. De la réussite de ce film d’auteure et populaire à la fois, on ne peut que se réjouir en tant que libertaire, féministe et anticolonialiste.

Filmé en décor naturel, celui de la déportation au bagne de la Nouvelle Calédonie, Louise Michel la rebelle marque, à mes yeux, une étape dans la découverte des idées anarchistes pour un plus grand nombre, en cassant cette image des anarchistes, véhiculée par la propagande et la presse depuis la fin du XIXe siècle, celle des pétroleuses et des poseurs de bombes.
Louise Michel, une femme populaire, une militante, pas une icône… Une femme tout simplement !

Voir Divergences, mars 2010 :

http://divergences.be/spip.php?article1871


Manifestation pour la régularisation des sans-papier-es (28 novembre 2009)

FERMETURE DE TOUS LES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE !

Infos sur

http://migreurop.org/