La révolution du Grand renoncement de Fabien Ollier et Nathalie Vialaneix (Sulliver) et « Je suis une femme, pourquoi pas vous ? »

Samedi 27 février 2010
mardi 2 mars 2010
par  CP
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La Révolution du Grand Renoncement

de Fabien Ollier et Nathalie Vialanex (Sulliver)

Avec Fabien Ollier

« Je tiens à vous dire que l’optimisme règne.

Je tiens à vous dire que l’exploitation règne. […]

Je tiens à vous dire que l’art règne sur la vie et sur le vivant esprit. La vie n’est pas belle mais les images le sont. […]

Je tiens à vous dire que la circulation des objets est entièrement libérée des considérations anthropologiques ; règne la liberté des marchandises.
L’identité tient dans le nombre.
[…]

Le sport enseigne le respect des inégalités.

[et] la barbare frénésie de la musique aide à digérer et aimer le non vouloir. »

Communiqué Multimonde.

La Révolution du Grand Renoncement de Fabien Ollier et Nathalie Vialanex.

Il n’est pas simple de situer ce roman, La Révolution du Grand Renoncement : littérature fantastique, science-fiction ? Roman social, politique ? C’est à peine de l’anticipation, car si le récit s’inscrit dans un futur plus ou moins proche — 200X ou 200Y —, il est bien ancré dans une réalité sociale contemporaine. Et si l’on regarde autour de soi… La citation d’Adorno qui ouvre le livre est en cela bien incisive sur notre propre réalité :

« La griffe de notre époque, c’est que personne, sans aucune exception, ne peut plus déterminer lui-même son existence en un sens relativement transparent comme celui qui, auparavant, était donné au terme d’une estimation des conditions de marché. Par principe, tous sont objets, y compris les plus puissants. »

Nous sommes en 2000 et quelque, le Grand Renoncement règne et s’affiche comme une révolution…

Place donc au cauchemar du rien, du non désir, de la «  dégénérescence du vouloir » et de l’abandon de soi ! Le décervelage collectif devient la jouissance suprême. Quant à la résistance, il faut la traiter au plus vite comme une maladie.

Dans le monde du Grand Renoncement, « désormais, cette gesticulation éhontée n’a plus aucune aura — enfin les hommes deviennent mûrs. » Les êtres, reformatés, conditionnés jusqu’à l’ultime aliénation renaissent « dans l’objet » et ne se sentent « jamais aussi libre[s] que dans un camp ».

Lecture d’extraits Jean-Luc Debry

du 11 au 14 mars au Forum des images

« Je suis une femme, pourquoi pas vous ? »

4 jours de débats et de projections de films

Avec Hélène Fleckinger

8 mars, journée des femmes… Histoire de se souvenir ?

Une journée… Pour tant de revendications qui semblent parfois rester lettre morte si l’on mesure le travail qu’il reste à faire pour approcher, sinon parvenir à des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes.

L’un des points les plus graves est évidemment les violences exercées sur les femmes. Les chiffres sont terribles : tous les trois jours en France, une femme meurt sous les coups de son partenaire. L’Assemblée nationale vient d’adopter une proposition de loi sur les violences faites aux femmes qui instaure la création d’une « ordonnance de protection » des victimes, mais reste à savoir si les conditions d’application de cette ordonnance permettront réellement de protéger les femmes victimes de maltraitance — 156 femmes décédées en 2008 —, car les violences sont insidieuses. Et souvent l’on blâme les victimes des violences qu’elles subissent. Le processus est bien connu.

Les accords sur l’égalité des salaires n’a pas eu l’influence escomptée sur les différences salariales en défaveur des femmes, ni d’ailleurs apporté de bouleversement notable quant au « plafond de verre » qu’une femme dépasse rarement pour obtenir un poste à responsabilités dans une entreprise. Les mentalités ont du mal à évoluer et la « galanterie » en est encore à remplacer, dans les esprits, le respect de l’autre. Les différences de genre sont un fait de société, acceptées parce qu’intériorisées, et il faudra encore bien des années de lutte pour l’égalité des droits et beaucoup de vigilance contre une régression latente, mais imperceptible pour les jeunes générations qui jugent pour acquis les droits obtenus moins de quatre décennies auparavant. Il faut garder à l’esprit que la division des rôles sexués fait partie des conditions nécessaires à la domination et à l’exploitation.

La marchandisation des corps en est l’un des aspects quotidiens et banalisés. L’image imposée dès l’enfance, notamment grâce aux jouets, à la pub, à la télé, au cinéma, formate les esprits, dessine les désirs et les fantasmes, forge les rapports en conformité avec les règles sociales en vigueur et annihile peu à peu toute ébauche d’autonomie ou de volonté d’altérité.

Se réapproprier son corps passe donc aussi par la réappropriation de son image. Les femmes, en se dégageant « des figures sexistes stéréotypées, proposent une démarche politique d’autoreprésentation et créent des images qui leur sont propres et non pas imposées par un modèle masculin. »
« Depuis 40 ans, puissant outil de contre-pouvoir, la caméra accompagne aussi les femmes dans leur quête d’identité individuelle et collective.
À travers dix séances de projections, des rencontres et un colloque, la manifestation “Je suis une femme, pourquoi pas vous ?” invite à (re)découvrir de l’intérieur les luttes féministes des années 1970, leur vitalité et l’actualité de leurs questionnements jusqu’à nos jours.
 »

Les féministes «  donnent forme aux images d’oppression pour s’en affranchir et rêvent des images utopiques pour les réaliser. »

Et comme le souligne Agnès Varda : « Il faut que le cinéma aille plus vite que les moeurs, que les femmes inventent leur propre futur, en modifiant leur propre représentation ».

Les femmes s’emparent de la caméra et c’est une « révolution du regard ».

Une manifestation qui aura lieu au Forum des images à Paris du 11 au 14 mars 2010, à l’occasion des 40 ans du mouvement de libération des femmes.

"Quand les femmes s’emparent de la caméra : histoire des pratiques et théories des représentations".


Documents joints

RTF - 22.8 ko
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