Réfractions n°17 : Pouvoir et conflictualités

avec Eduardo Colombo et Annick Stevens
vendredi 21 décembre 2007
par  CP
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Revenir aux formes politiques du pouvoir, c’est aussi analyser ses origines et le ou les processus mis en forme pour l’exercer, l’imposer et… y résister.
Partant de l’époque actuelle et de ce constat : « L’apathie politique des masses devient le fond sur lequel se détachent toutes les figures de l’événementiel éphémère, spectaculaire, éclatant de trivialité. », Eduardo Colombo, dans son article Les formes politiques du pouvoir, remonte un fil d’Ariane de la transmission des pouvoirs et des luttes.

Ce qui renvoie à des questions essentielles : l’apathie politique des masses est-elle une fatalité ? Quelle place tient la lutte, l’imaginaire utopique et révolutionnaire dans une société libérale qui est sans cesse présentée comme la panacée démocratique incontournable ?
Car après avoir lancé, puis imposé la notion de la «  fin des idéologies », puis la «  fin de l’histoire », voici à présent le « choc des civilisations », dernier gimmick de la pensée unique, dernière trouvaille de la propagande largement médiatisée et destinée à, comme on dit, diviser pour mieux régner.
Et surtout se ménager des boucs émissaires, histoire d’expliquer le dysfonctionnement et les échecs de sociétés dépourvues de visions à moyen et long termes.

Il est vrai que « les élites, pour gouverner, dans une telle démocratie, doivent compter avec le conformisme et même avec l’apathie des masses ». Pour cela notre époque est prolixe en outils élaborés de propagande à laquelle il est difficile d’échapper. Si la dictature, c’est : « Ferme ta gueule ! » Et la démocratie : « Cause toujours ! » quelles sont les résistances dans les différentes figures de démocratie ?

« Les conflits sociaux fissurent toujours les légitimations du pouvoir en place ». Alors comment renouer avec les traditions de lutte ? Comment s’inscrire dans un processus de remise en question des pouvoirs multiformes en place ? Comment dépasser, «  fissurer » le constat de Joseph Déjacque dans À bas les chefs ! mis en exergue de l’article d’Eduardo Colombo : « L’autorité a régné si longtemps sur les hommes [et les femmes donc !], elle a tellement pris possession de l’Humanité, qu’elle a laissé partout garnison dans son esprit. »

Comment donc se délier de cette autorité ? Ce qui amène à poser la question, avec Annick Stevens : Comment reprendre en mains le pouvoir politique ?

CP