TUNISIE. La répression continue et le contrôle de l’information s’amplifie

Samedi 24 juillet 2010
dimanche 25 juillet 2010
par  CP
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TUNISIE.

La répression continue et le contrôle de l’information s’amplifie

Avec Luiza Toscane

La justice est une mascarade en Tunisie où le contrôle de l’information autre qu’officielle et dans l’allégeance au régime de Ben Ali ne doit plus avoir cours. La libre expression est mise au pilori du régime autoritaire et corrompu tunisien.

Journalistes emprisonnés, journaux censurés, mais aussi acharnement judiciaire contre tout ce qui pourrait sembler une revendication ou une critique, le harcèlement des familles de prévenu-es est aussi de mise… Aucune borne à la violence étatique qui règne dans ce pays, considéré comme la vitrine touristique du Maghreb… À côté des prisons, les plages !

Les violations des droits humains sont monnaie courante et le silence est la règle. La bande à Ben Ali sévit partout où l’on revendique des droits, où l’on ose rendre compte de la réalité de l’oppression du régime, largement soutenu d’ailleurs par les États occidentaux.

Le 15 juillet 2010, le journaliste Fahem Boukaddous a été incarcéré un jour après sa sortie de l’hôpital où il avait été admis pour de sévères problèmes de santé. Son seul crime est d’avoir couvert les mobilisations sociales de 2008 dans la région de Gafsa. L’opposition est un crime de lèse-tyran qui vaut à tous et à toutes la prison, les traitements dégradants, la torture…

Pourtant la mobilisation des associations, des individu-es aboutit parfois… À l’acharnement de l’oppression répond la détermination des quelques-uns et quelques-unes.

Dans le studio de Radio Libertaire, Luiza Toscane, qui suit de nombreux dossiers, nous parlera aujourd’hui de cette violence, mais aussi des initiatives existant ici et en Tunisie pour la dénoncer, s’y opposer et y résister.

Vous pouvez écrire :

Fahem Boukaddous

Prison civile de Gafsa

2012 Sidi Ahmed Zarrouk

Gouvernat de Gafsa

Tunisie

Ou aller sur les sites de Reporters sans frontières

http://fr.rsf.org/

Amnesty international

http://www.amnesty.fr/

ACAT

http://www.acatfrance.fr/

Des nouvelles de l’affaire Yassine Ferchichi :

Après plusieurs grèves de la faim, il a obtenu un studio, mais n’a aucun moyen de se nourrir, de se soigner et de communiquer.
À suivre…

« Dans les griffes de l’ours »

de Michel Bakounine (Nuits rouges).

Lettres de prisons et de déportation (1849-1861) présentées et annotées par Étienne Lesourd

90 lettres écrites en allemand, en français, en russe par Bakounine pendant ses douze années de captivité et de déportation. 90 lettres qui n’avaient jamais été imprimées intégralement auxquelles s’ajoutent dix autres, rédigées immédiatement après son évasion et sa fuite vers le Japon et l’Amérique.
Arrêté après l’insurrection de Dresde de mai 1849, condamné à mort, le révolutionnaire russe séjournera dans six prisons différentes (de Königstein, en Allemagne, à Schlüsselburg, près de Pétersbourg, en passant par le château de Prague, Olmütz et la forteresse Pierre-et-Paul), avant d’être exilé en Sibérie.

Cet ouvrage montre l’homme plus que le politique ou le théoricien. On le découvre tour à tour confiant, sûr de lui, prêt à affronter la mort, sans regrets, puis affaibli, accablé par la maladie, suicidaire, attristé par les mauvaises nouvelles, partageant la joie de son frère qui va se marier et lui prodiguant des conseils, humble avec ses geôliers, ou lorsqu’il écrit au tsar Alexandre II pour demander sa grâce.

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Il est resté " le même ", " fidèle à la cause sacrée ". Il fait le dos rond en attendant son heure où il pourra à nouveau sacrifier à sa seule vraie passion : la révolution.

L’Entraide, un facteur de l’évolution

Pierre Kropotkine (éditions du Sextant

L’entraide est un facteur essentiel de la survie des sociétés humaines. Le célèbre géographe et anarchiste russe Pierre Kropotkine (1842-1921) décrit avec précision les nombreuses associations qui jalonnent l’histoire et la vie des Européens de son époque. Très actuel, ce texte, extrait d’un ouvrage publié en 1906, dénonce la supercherie d’une idéologie fondée sur l’individualisme et la concurrence entre tous.

L’anarcho-syndicalisme et l’organisation de la classe ouvrière

René Berthier (éditions du Monde Libertaire)

L’anarcho-syndicalisme n’est pas un mouvement sans doctrine. Il constitue dans une large mesure un retour aux principes bakouniniens.

Force importante entre les deux guerres, sa disparition de la scène internationale n’est pas tant due à son incapacité à s’adapter à l’évolution de la société capitaliste qu’à son extermination physique par le fascisme et le stalinisme.

La modernité fournit des atouts considérables au mouvement s’il se montre capable d’en tirer parti. Cela implique, là encore, l’exigence d’une réflexion nouvelle sur la notion de travail productif, qui ne peut plus se limiter aux critères élaborés par les penseurs socialistes du siècle dernier, et sur la fonction du travail dans la société d’aujourd’hui.

Beau comme une prison qui brûle

Julius Van Daal (L’Insomniaque)

Beau comme une prison qui brûle de Julius Van Daal relate un épisode des luttes sociales de l’Angleterre de l’aube de la révolution industrielle : en juin 1780, éclatait à Londres une émeute populaire provoquée par la décision du gouvernement de créer un impôt nouveau frappant le gin. Les émeutiers s’attaquèrent aux symboles de l’ordre établi, notamment aux prisons.

« En Angleterre, le temps des émotions populaires ne s’achève pas avec cette première défaite décisive du prolétariat moderne, loin s’en faut. La masse croissante des esclaves salariables ne peut simplement plus ignorer que, pour épouvanter ses maîtres jusqu’à leur déroute. Il lui faut prétendre par ses actes au renversement complet de l’ordre existant. Face à une domination capitaliste qui prospère par nature dans la crise et la controverse, la vengeance des pauvres se résigne à l’inanité lorsque la stratégie des passions tarde à engendrer, chez ceux qui toujours aiment dire non, une ardente passion de la stratégie. C’est ce que montrent à foison les sursauts du débat social au cours des deux siècles de domestication qui nous séparent des Journées de juin 1780. »

Le Militantisme, stade suprême de l’aliénation

Organisation des Jeunes Travailleurs Révolutionnaires (Parrhésia/Éditions du Sandre)

Si la critique et la condamnation du militantisme est une tâche indispensable pour la théorie révolutionnaire, elle ne peut être faite que du "point de vue" de la révolution. Les idéologues bourgeois peuvent traiter les militants de voyous dangereux, d’idéalistes manipulés, leur conseiller d’occuper leur temps à travailler ou à le passer au Club-Méditerranée ; ils ne peuvent pas s’attaquer au militantisme en profondeur car cela revient à mettre en lumière la misère de toutes les activités que permet la société moderne. Nous ne cachons pas notre parti pris, notre critique ne sera pas ’’objective et valable de tous les points de vue’’. Le Militantisme, stade suprême de l’aliénation (1972)

Les luttes sociales sur l’île de Pâques Julien Chuzeville

(réalisateur du film sur René Lefeuvre )

Critique sociale (Bulletin d’informations et d’analyses pour la conquête de la démocratie et de l’égalité)

www.critique-sociale.info

Romans :

Ne pas se pencher au-dehors

Pascale Corbin (Sextant)

Deux nouvelles au féminin complètement à contre-courant de la mythique « petite maison dans la prairie ». Il paraît que le bonheur n’arrive plus sur un cheval et sous les traits d’un chevalier. Ah bon ? Ben oui, c’est foutu ! Tout fout le camp : les idées reçues, les images d’Épinal et les idéologies de bazar. Bref, il est temps !

Après un échec conjugal, une trentenaire libérée décide de trouver l’Amour, croit le tenir à chaque amant, à chaque instant de vie un peu partagé. La première des deux nouvelles de ce livre s’intitule Banc d’essai, la narratrice y campe avec un humour grinçant les portraits de ses amants égocentriques, sans oublier une bonne dose d’autodérision.

Dans la seconde nouvelle, Ne pas se pencher au-dehors, une femme de quarante ans est atteinte du démon de midi et fréquente les clubs de sport, jusqu’au jour où elle tombe sur l’homme qu’elle semblait chercher.