D’Alger à Mai 68, mes années de révolution de François Cerutti et Radio FSK : le neopostdadasurrealpunkshow

samedi 18 septembre 2010
mercredi 22 septembre 2010
par  CP
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D’Alger à Mai 68

Mes années de révolution

de François Cerutti (Spartacus)

Ceux qui, dans les années 1960 et 1970, ont cru à l’effondrement du vieux système d’exploitation et d’oppression, n’ont pas tous sublimé leur révolte et accepté de se couler dans les institutions.

Né à Alger en 1941, François Cerutti a rapidement rejoint ceux qui, en France, ont milité pour l’indépendance de l’Algérie. Pour lui, la révolte des peuples colonisés contre la domination criminelle des colonisateurs était un signe de l’imminence du renversement de la société bourgeoise. Insoumis, il part pour le Maroc. À Alger, de 1962 à 1965, il travaille dans une entreprise autogérée. Avec un petit groupe de membres de la IVe Internationale, il milite pour la consolidation du secteur autogéré face à la volonté de mainmise toujours plus forte du FLN et du gouvernement sur celui-ci.

En 1965, le coup d’État de Boumediène le fait rentrer en France, où l’armée l’oblige à faire le service militaire auquel il s’était soustrait. Il s’y heurtera à la bêtise et à la vindicte de l’institution, qui l’enverra pour quelques mois en prison.

Mai 68 le trouve aux premières loges, puisqu’il habite au Quartier latin et y travaille dans une librairie militante, vouée à la critique du léninisme et des régimes qui s’en réclament. Il participe à la coordination des comités d’action des entreprises de la région parisienne. Surtout, le mouvement de Mai renforce sa conviction que « le monde va changer de base » et que les vieilles organisations du mouvement ouvrier, piliers de l’ordre existant, devront être balayées.

Le récit de ce cheminement qui, d’un « pied-noir » fera un « pied-rouge », d’un révolté un révolutionnaire, c’est aussi celui de rencontres, d’actions militantes, de réflexions qui ont influencé toute une génération, dont une partie continue à affirmer, comme François Cerutti : « La nécessité de changer ce monde est de plus en plus évidente et urgente. »

Avant-propos de Mohammed Harbi.

On trouvera en annexe ces textes de François Cerutti :

La Commune de Paris, quelques leçons d’une insurrection passée pour une insurrection future (1970).

Le Mouvement communiste, n° 41, mai 1972.

Des extraits de Les jeunes au boulot, éditions Casterman, 1973.

Avec François Cerutti

et

Radio FSK à Hambourg : Le neopostdadasurrealpunkshow

Avec Jorinde Reznikoff et KP Flügel

Dans son avant-propos au récit de François Cerruti, D’Alger à Mai 68, mes années de révolution, Mohammed Harbi écrit : « Nous vivons aujourd’hui des temps où nous devons nous interroger sur l’origine de la domination à la fois du côté des maîtres et des dominés ».

Plus encore aujourd’hui serait-on tenté de souligner, car les « sirènes du capital » et leurs outils anesthésiants sont de plus en plus sophistiqués et efficaces, qu’il s’agisse de récupération du potentiel révolutionnaire ou bien de la fabrication à grande échelle de miroirs aux alouettes. Le système est mondialisé et Big Brother est son prophète.

Le récit de François Cerruti, D’Alger à Mai 68, mes années de révolution, se lit comme un roman, un documentaire écrit à la première personne situé dans les périodes de l’après Seconde Guerre mondiale, lorsque la prise de conscience, très jeune, signifiait « choisir son camp ». Pas question de rester « neutre » — si tenté que cela soit possible — dans les bouleversements de cette époque de fin de colonialisme : la guerre d’Indochine dont il entend parler par son père, la guerre d’Algérie dont il sera témoin à ses débuts… Une prise de conscience qui se nourrit de ses observations, des questions qu’il pose et des rencontres importantes qui sillonnent son itinéraire.

François Cerruti naît en Algérie en 1941, son père meurt dans des circonstances non élucidées, et il se rebelle dès l’adolescence.

En 1956, il a 15 ans… C’est l’indépendance du Maroc, puis de la Tunisie, l’enlèvement et l’arrestation de cinq dirigeants du FLN… Les Conseils ouvriers en Hongrie et l’écrasement de l’insurrection par les chars soviétiques, le XXe congrès du parti communiste avec le rapport sur les crimes de Staline, le mouvement des non-alignés — Nehru, Tito et Nasser. Ce dernier nationalise le canal de Suez, nationalisation contre laquelle une expédition militaire franco-britannique est lancée et, parallèlement, l’armée israélienne pénètre dans le Sinaï…

« La signification de tous ces événements restait pour moi assez confuse, mais ils étaient au centre des discussions qui animaient nos rencontres ». Des discussions dont les « thèmes centraux […] étaient toujours les luttes anticolonialistes et la brèche qu’avait ouverte la Révolution russe pour en finir avec la bourgeoisie. »

Insoumis, François Cerruti prend part aux premières années de l’Indépendance algérienne, jusqu’en 1965, après le coup d’État de Boumédiène.

Retour en France, quelques mois en prison pour ce « pied-noir »
devenu « pied-rouge ». Puis arrive mai 68, mais c’est encore une autre histoire…

Radio FSK à Hambourg : Le neopostdadasurrealpunkshow

Jorinde Reznikoff et KP Flügel de Radio FSK — radio libre non-commerciale située à Hambourg — animent l’émission neopostdadasurrealpunkshow tous les 2èmes et 4èmes jeudis du mois, de 17 à 19 heures.

Leur émission, neopostdadasurrealpunkshow, « se consacre aux racines et aux reflets actuels des mouvements dada, surréaliste, punk, mais aussi situationniste et avant-gardiste dans le sens le plus controversé, sapant fausses évidences et préjugés tenaces avec délice. Ceci de préférence sous forme d’entretiens, profitant du luxe de la parole libre. »

Dans le dernier n° de Barricata, ils ont fait un portrait d’Erich Mühsam, l’écrivain et poète anarchiste, qui s’est battu pour la République des Conseils à Munich aux côtés de Traven.

Jorinde et KP préparent également un spectacle-performance, « En bateau des morts à travers les nuits des temps — hommage à Ret Marut/B.Traven » qui se compose de sons, de lectures et de chants du chaos. La première aura lieu à Toulouse dans le cadre du festival « L’îlusion de l’imperfection ».
http://lile.asso.fr/

Dans l’édition actuelle (n° 200, juillet/août) du journal anarcho-syndicaliste direkte aktion, Jorinde Reznikoff et KP Flügel remettent en discussion avec Marcus Munzlinger forme et raison d’être d’art et de culture libertaire, partant du manifeste « Art prolétaire » de l’artiste dada Kurt Schwitters :

« Un mouvement artistique réservé à une certaine classe d’êtres humains, n’existe pas. Et même s’il existait, il n’aurait aucune importance pour la vie. »

Place donc à l’art sans hiérarchie et à la culture libertaire !

http://www.direkteaktion.org/200/kunst-kultur-da-interview