Black Diamond. L’or des fous, documentaire de Pascale Lamche

Samedi 25 septembre 2010
dimanche 26 septembre 2010
par  CP
popularité : 8%

L’AFRIQUE ET LE "FOOTBIZ" :

BLACK DIAMOND.

L’or des fous

Un film documentaire de Pascale Lamche

Entretien avec la réalisatrice en compagnie de Jorinde Reznikoff, KP Flügel et Larry Portis.

Le film documentaire de Pascale Lamche est construit autour du « Footbiz », des réseaux qu’il génère et des dérives mafieuses, et cela jusqu’aux sommets des États. Le film montre comment le rêve des jeunes Africains de devenir la vedette des stades est exploité à fond. Cette exploitation équivaut à une nouvelle forme traite des êtres humains, en l’occurrence de gosses qui, pour échapper à la misère, sont les proies consentantes d’un trafic orchestré par la puissante machine marchande du foot, avec évidemment la collaboration active de souteneurs sur le terrain. Le rêve destructeur se termine la plupart du temps en cauchemar pour les jeunes et pour leurs familles. L’Or des fous, second titre du film, en dit long sur le piège que représente cette promesse illusoire et sur les sommes invraisemblables brassées dans les milieux du « Footbiz ».

Savez-vous que le transfert de Didier Drogba de Marseille à Chelsea en 2004 s’est élevé à 37,5 millions d’euros ? Et celui de Cristiano Ronaldo au cours de l’été 2009, de Manchester United au Real Madrid à 94 millions d’Euros ? Quant aux coûts d’organisation de la Coupe du monde 2010, il est possible qu’ils aient dépassé les 1 milliard 200 millions d’euros. (Source : Sport.fr, France 24.fr, L’Equipe.fr)

Pascale Lamche, dans Black Diamond. L’Or des fous, dresse un tableau sans concessions ni complaisance de la corruption et de la manipulation des jeunes dont les familles s’endettent, attirées qu’elles sont par le miroir aux alouettes de l’argent facile. Pascale compare le réseau très organisé du système à une vaste toile d’araignée dans laquelle des jeunes perdent leur rêve et parfois leur peau. La cinéaste reprend ainsi la parabole du conte africain, raconté par le sage Nabi aux enfants, le conte d’Ananse l’araignée qui trompe et saigne à blanc ses voisins pour s’enrichir… Le symbole est repris graphiquement tout au long du film pour montrer l’emprise des réseaux du foot, notamment au Ghana et en Côte d’Ivoire.

Plusieurs organisations non gouvernementales estiment à plus de 7 000 le nombre de jeunes, pour la plupart clandestins et mineurs, qui ont été abandonnés en France après avoir été abusés par des agents véreux.

Black Diamond montre le dessous des cartes d’un jeu devenu big business avant tout… Nouvel esclavage qui pose la question de la marchandisation du foot, et du sport de manière plus large. Mais également, son utilisation à des fins politiques. Lorsque l’on imagine les sommes colossales dépensées par le président Félix Houphouet Boigny pour la construction d’une cathédrale mégalomaniaque… et vide, ou encore le stade immense à sa gloire personnelle, on ne peut que traduire ces sommes en écoles, en matériel de soins de la population. Mais pouvoir et profit ne sont pas compatibles avec le bien être de la population.

« Ils détruisent les familles impunément. À qui ça profite au juste ? » demande la sœur de Henderson, jeune garçon abandonné en Tunisie après avoir été leurré par des « agents » de l’entreprise ASPIRE et par son slogan prometteur : « Your Dream comme true » (Votre rêve devient réalité) !

Les moyens du « Footbiz » sont énormes, avec des ramifications jusqu’au Qatar ; les « négriers » du foot engrangent un maximum de fric sans les risques que comportent d’autres trafics.

Black Diamond. L’Or des fous de Pascale Lamche, documentaire sur grand écran : à voir absolument !