Le Premier Rasta. Film documentaire d’Hélène Lee

samedi 21 mai 2011
samedi 21 mai 2011
par  CP
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Le Premier Rasta

Film documentaire d’Hélène Lee

En ce moment sur les écrans, notamment à l’Espace Saint Michel à Paris

Pour les salles dans toute la France voir www.lepremierrasta.com

Premier plan. Jamaïque, mai 2010. La caméra suit un homme dans les rues, de dos. Sur un marché, il questionne quelques femmes : « Vous connaissez Leonard Percival Howell ? », « Ce nom vous dit quelque chose ? » En réponse, des regards interrogatifs, perplexes, des dénégations… Aucune d’elles ne connaît ce nom.

Alors, souvenirs effacés, occultation délibérée, mémoire populaire éradiquée ? Pourtant cet homme est à l’initiative d’un mode de pensée toujours aussi actuel pour le mouvement rasta et, bien au-delà, pour les mouvements altermondialistes.

1939, Leonard « Gong » Howell fonde en Jamaïque la première Commune rasta, le Pinnacle.

Sur les écrans depuis le 27 avril, le Premier Rasta — film documentaire d’Hélène Lee — fait le récit de cette histoire méconnue du mouvement rasta et de cet homme… Une histoire enfouie et non officielle de la lutte contre les systèmes.

Grâce à un montage d’images très rythmé, le film d’Hélène Lee replace l’histoire de Leonard Percival Howell, le Gong, dans le contexte d’une époque où règne la production à outrance. Très jeune, il quitte la Jamaïque et parcourt le monde en travaillant comme marin. Des images d’archives saisissantes sont la toile de fond du récit de l’itinéraire de cet homme étonnant et donnent la dimension des mutations qui s’opèrent durant les premières décennies du XXe siècle : l’ère de la vapeur, du moteur à explosion, l’industrialisation forcenée, les expropriations de paysans et les bouleversements sociaux, les débuts de la mondialisation… Alors que, parallèlement, des mouvements pour l’autonomie des peuples émergent aussi dans le monde. Et c’est dans ce mélange de développement, de contrôle extrême du capital au détriment des populations et de l’émergence des mouvements de libération que Leonard Percival Howell va forger sa conscience sociale et politique.

Le mouvement rasta, fondé dans les années 1930, est basé sur les idées d’autonomie, d’autosuffisance, de respect de la nature, et sur la liberté : la paix, la terre et le pain.

Mais voilà, ces belles idées ne sont certainement pas du goût de tout le monde, et certainement pas des autorités coloniales que Leonard Percival Howell ne cesse de braver. Avant de fonder le Pinnacle dans les collines de la Jamaïque, il enseigne la fierté noire et la rébellion à l’égard du colonisateur blanc. Leonard Percival Howell fait l’expérience de la prison et même de l’asile. Autonomie, indépendance, autosuffisance… Babylone se défend par la répression.

Que reste-t-il aujourd’hui de la mémoire de ce précurseur ?

Dans le film, les témoins parlent de cette expérience, avec regret, parfois même avec une certaine amertume, mais aussi avec fierté et lucidité. Et comme le dit Max Romeo, chanteur et cultivateur, « Babylone est un système tordu, terrible, [qui] contrôle le monde occidental. Et les gens semblent aimer ça, alors on n’est pas près de se débarrasser de Babylone ! »

Le Premier Rasta, une histoire à découvrir et un film à voir absolument.



Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent

Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du « il n’y a pas mort d’homme » au « troussage de domestique » en passant par « c’est un tort d’aimer les femmes ? » ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent.

Nous sommes en colère, révoltées et révoltés, indignées et indignés.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises.

Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination.

Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : « ne portez pas plainte ». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes.

Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c’est d’être des hommes.

Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d’une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voix aux partisans d’un retour à l’ordre moral qui freine l’émancipation des femmes et des hommes.

Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu’on croyait d’un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l’égalité femmes – hommes.

Contacts Presse : Thalia Breton, Osez le féminisme, 06 88 29 74 63, presse@osezlefeminisme.fr Colette Coffin, Le Barbe, 06 98 31 82 78, labarbelabarbe@gmail.com

RASSEMBLEMENT CONTRE LE SEXISME

DIMANCHE 22 MAI à 17H

Place Igor Stravinsky, Paris (proche Beaubourg)