L’autre presse : les médias alternatifs

Samedi 9 juillet 2011
samedi 9 juillet 2011
par  CP
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La presse alternative

Avec Samantha, Aurore, JB, Marie, Sébastien…

La presse alternative ? L’expression recouvre une myriade de publications, aux formes et au contenu qui diffèrent du domaine médiatique habituel.
CQFD — le journal qui irradie —, Article 11, Le Monde libertaire, Fakir, Alternative libertaire, Combat syndicaliste… Et beaucoup d’autres comme Gavroche, Réfractions…. Alors, on s’est dit qu’il fallait en parler dans les chroniques.

Une revue de presse ? Pourquoi pas ?

« France, octobre 2010. Les rues, les places sont noires de monde. Le peuple dit non au gouvernement. Et pourtant, à l’heure du bilan : échec ou trahison, ces termes reviennent dans plusieurs articles, et cela donne une atmosphère “bizarre”. […]

Malgré l’échec, [reste] l’impression d’avoir vécu quelque chose d’important à l’automne 2010 en France. Il y eut des mélanges et des échanges entre différentes catégories de travailleurs ou de non travailleurs, chômeurs, lycéens, retraités. Ce fut un mouvement dans lequel les anarchistes se sont sentis à l’aise, où leur parole était écoutée, leurs slogans repris dans les manifs, dans les assemblées générales, dans les blocages.

Un mouvement qui a démarré très lentement sous le contrôle des grandes centrales syndicales, désireuses d’asseoir leur pouvoir en vue de négociations sur lesquelles elles n’étaient pas d’accord et que, de toute façon, le gouvernement devait refuser. Puis, devant la fermeté du gouvernement, la pression de la base a augmenté. »

(Réfractions, n° 26 : La place du peuple).

« L’aspiration à la liberté est contagieuse », titrait l’Autre Ment dans son n° 11, car « Loin de se contenter des mesures annoncées, les peuples arabes, en plus de se battre contre une vie misérable, luttent aussi pour la liberté. En ce sens, la Révolution tunisienne a ouvert une brèche dans l’histoire du monde arabe. Elle constitue un précédent, un modèle, un négatif du despotisme militaro-bureaucratique, et ne pourra que se répéter. »

Certainement, mais comme le souligne Article 11, « À Tunis, hors les milieux très militants, rares sont ceux qui continuent à tabler sur l’élan populaire pour bâtir des jours meilleurs. » On peut évidemment douter, n’en demeure pas moins une expérience de la révolte inscrite dans l’imaginaire populaire. Le Sud de la Méditerranée a montré une voie…

« Depuis le 15 mai, des dizaines de milliers d’Espagnols occupent les places à travers tout le pays. Ils ne veulent plus qu’on les traite en marchandises et ils réclament une démocratie réelle tout de suite. Une liste — longue comme le bras — des candidats impliqués dans des affaires de corruption et le refus des grands partis de les désapprouver publiquement ont contribué à mettre le feu aux poudres. “Ils ne nous représentent pas !” Ce slogan a accompagné la récente débâcle électorale du PS au pouvoir, mais éclabousse aussi les syndicats. “Ça fait trente ans que UGT et CCOO pactisent avec le patronat pour nous livrer à des emplois poubelles !”, gronde un ouvrier sévillan. “Banquiers, patrons, politiques et syndicats à la merde !” »

(CQFD, n° 90, Séville ville ouverte).

Jack London, au début du XXe siècle, prévoyait : « des années et des années d’effusions sanglantes. Je vois la classe dirigeante qui engage des armées de meurtriers pour maintenir les travailleurs sous sa domination, pour les vaincre s’ils tentaient de déposséder les capitalistes. »

Gavroche , n° 166.

Déjà en 1916, London écrivait : « Je démissionne du parti socialiste à cause de son manque d’ardeur et de combativité, parce qu’il n’insiste pas assez sur la lutte des classes. »

« Ils ne nous représentent pas ! » disent aujourd’hui les Espagnol-es, les indigné-es.

« Tout le boulot reste à faire », insiste le Monde libertaire dans l’éditorial du n° 1641, « Alors, une fois de plus, ne mettons pas notre engagement entre parenthèses, évitons de le vivre comme une routine parfaitement intégrée au mode de vie capitaliste et continuons à construire […] sur internet et dans nos journaux, cette révolte qui deviendra révolution. »