Les vampires… Un mythe qui a la dent dure

Samedi 17 décembre 2011
dimanche 18 décembre 2011
par  CP
popularité : 12%

Le Goût de vampires d’Alain Pozzuoli (Mercure de France)

Quand les Vampires ont les crocs d’Alain Pozzuoli (Didier Carpentier)

L’autre Dracula contre l’ordre noir de la Golden Dawn de Tony Mark (Blanche)

« La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son
existence ». Bram Stoker, Dracula.

Si l’on s’interroge sur l’imaginaire du vampire et ce qu’il entraîne immanquablement… On pense transgression, libération sexuelle, parfois même sado masochisme. Pour qui a vu La Comtesse aux seins nus de Jess Franco (1973) [1], célèbre nanar culte, on est en plein dedans.

La fascination du sang. Le sang, pour les monothéistes, représentent l’âme, donc sucer le sang reviendrait à aspirer l’âme, l’essence même du ou de la sacrifié-e. Beau programme et si en plus, depuis la légende de l’inquiétant et fameux Dracula, se gaver du sang des autres assurait la vie éternelle ! Ben, dis donc, on arrête plus les fantasmes !


The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

Évidemment, il y a les crocs — les canines — qui poussent pour la circonstance, derrière les babines et, bien sûr, ça se voit si elles se retroussent… Les babines. Mais bon, c’est comme le manque de reflet dans les miroirs, l’impossibilité d’aller au soleil, l’horreur des gousses d’ail et la phobie des croix, faut juste s’y faire ! Question d’habitude ou d’organisation au quotidien.


The Hunger (Les Prédateurs) de Tony Scott (1983)

Donc, pour célébrer le mois de l’obscurité croissante et en plein délire consumériste, on s’est dit, qu’au lieu du père ou de la mère Noël et autre gnome, farfadet ou traîneau tiré par des rennes célestes… Pour changer, on parlerait de vampirisme plutôt que de cartes bleues, de consommation compulsive et d’affreux cadeaux inutiles dont vous n’avez rien à foutre, sauf à quelques exceptions près ou accidents… Finalement, parler de vampires, ça serait quand même plus libertaire !


Dracula (Bram Stoker’s Dracula) de Francis Ford Coppola (1992)

Et ne voilà-t-il pas que nous arrive trois bouquins, une comédie musicale et un film des plus médiatisé, tourné à partir du dernier « grand avatar vampirique littéraire », Twilight, écrit par Stephenie Meyer. Oui, c’est une série qui marche, comme celle d’Anne Rice, qui avait créé Lestat, vampire cynique opposé à Louis, le vampire tourmenté de Interview avec un vampire. En deux mots et, après visionnage de la bande-annonce, je vous narre le synopsis où il est question d’un lardon qui vampirise sa mère et de loups garous qui rôdent autour du ventre ! Bref, ça donne une production cinématographique qui tiendrait d’Alien, du Chaperon rouge, de Rosemary’s Baby, de Résurrection et de l’Exorciste ! C’est fort ! Pour la comédie musicale, que je n’ai pas vue, cela m’a l’air plutôt d’une daube romantique assaisonnée de force hémoglobine !

Horreur ! Les Chroniques rebelles donnent dans le côté tendance, comme on dit ! Le surnaturel sanguinolent, les vétérans de l’épouvante, les nuits habitées par des ombres maléfiques, les crocs et autres fantasmagories blafardes en quête de sucer le sang de victimes, leur âme et leur porte-monnaie, cela revient en force par temps de crise. Faut dire que les vampires de la finance sont diablement inspirés par les vampires du mythe, mais leur cynisme est nettement moins inspiré par les mythes transylvaniens que par un autre mythe, diurne celui-là, celui du capitalisme.


Les nuits de Dracula de Jesus Franco (1970)

Les bouquins, il est question de gousses d’ail, alors parlons cuisine avec le livre de recettes, toutes dans le domaine vampirique. Le titre : Quand les Vampires ont les crocs, commis par Alain Pozzuoli, spécialiste de Bram Stoker et amateur de bons plats.

Passés de la littérature au cinéma, les vampires sont aujourd’hui présents dans tous les domaines de la vie courante : télévision, musique, danse, publicité, mode… Et la cuisine.

D’où l’idée de ce livre permettant de cuisiner de « véritables recettes » puisées dans les livres, les films, les grands classiques de la littérature et du cinéma vampiriques tels que Dracula, Le Bal des vampires, Twilight

Alors à table ! Qu’est-ce qu’on mange ?

Chaque recette est une histoire et chaque histoire est un plat accommodé à la sauce vampire, vampires de tous les pays : Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Grèce, Irlande, Italie, Angleterre, Etats-Unis, Mexique, France…

Un autre livre du même auteur, Le goût des vampires. Il s’agit là plutôt d’un voyage littéraire depuis le XVIIIe siècle, une balade hantée chez de grands auteurs qui, pour beaucoup, ont sacrifié au mythe de cimetière en caveaux, et de ruines en maisons hantées. Le décor, à tous les coups, est essentiel pour installer l’ambiance.

Et puisque avec les vampires, on en revient toujours à la libération sexuelle et à la transgression, nous parlerons aussi d’un troisième livre, L’autre Dracula contre l’ordre noir de la Golden Dawn de Tony Mark, qui est une sombre histoire, en plein Londres, de sexe et de pouvoir sur fond de messe noire. Ce livre est un véritable détournement littéraire du Dracula de Bram Stoker. L’auteur s’amuse à reconstruire les personnages, leur itinéraire et se lance dans des explications sur la malédiction qui a frappé Dracula.


Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994)

Transgression, sexe et crocs en folie seront donc les thèmes de cette émission… Ça nous changera du vieux schnock qui soi-disant descend dans les cheminées, avec son bonnet à pompon ! La transgression c’est plus excitant ! Et ce sera en compagnie de trois complices en capes noires et crocs saillants, allumés et inspirés, Nicolas Mourer, Nestor Potkine et Alain Pozzuoli…

Et pour dresser le décor sonore, le non moins culte Rocky Horror Picture Show et la chanson Sweet Tranvestite


William-Adolphe Bouguereau (1825-1905), Dante et Virgil in Hell


Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994)


Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) est un film britannique réalisé par Terence Fisher (1958). C’est le premier film sur Dracula réalisé par le studio Hammer Films dont la suite est Dracula, prince des ténèbres.


[1Une sélection du dernier festival international du cinéma méditerranéen, CINEMED, sous le titre "Vampires méditerranéens" pour la nuit de l’enfer :

Le Massacre des vampires de Roberto Mauri (Italie – 1962).

Dans les environs de Vienne, un vampire élit domicile dans les sous-sols d’un vieux château occupé par Wolfgang et sa femme Louise. Il est séduit par celle-ci et tente alors d’en faire sa compagne de nuits éternelles…

La Comtesse aux seins nus de Jess Franco (France/Belgique – 1973).

La comtesse Irina Karlstein est de retour sur une petite île de Madère. Elle sème la terreur dans les environs de son château. Cette vampire très spéciale absorbe l’énergie sexuelle de ses victimes.

Les Vampires de Riccardo Freda (Italie, 1957).

Paris, 1956. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans la Seine. Peu de temps après une comédienne est enlevée dans sa loge. Parallèlement à la police, un jeune journaliste, Pierre Lantin, mène l’enquête sur le mystérieux tueur en série appelé "Le Vampire". Mais son travail est constamment interrompu par les avances répétées de la belle et riche Gisèle, nièce de la duchesse Margherita du Grand…

Le Frisson des vampires de Jean Rollin (France, 1971)
Venu pour visiter des parents dans un château moyenâgeux, un couple en voyage de noces est victime d’une femme-vampire.

Baron vampire de Mario Bava (Italie – 1971)

Peter Kleist désire en apprendre plus sur son ancêtre du XVIe siècle, le sanguinaire Otto von Kleist, surnommé le Baron vampire. Avec son amie Eva, il décide de se rendre au Château du Diable en Autriche…