Manifestation contre le racisme et les idéologies d’exclusion et Réfractions n° 27

Samedi 10 mars 2012
samedi 10 mars 2012
par  CP
popularité : 15%

16 janvier 2012. Rafle dans le quartier de la Goutte d’Or. Des flics en civil accompagnés d’un dispositif de CRS chassent dans les rues. En milieu de matinée, une personne constate que déjà plus de 20 personnes sans papiers ont été arrêtées alors que le dispositif se déploie dans le tout quartier. L’opération se poursuit toute la journée, les flics en civil arrêtent des gens en continu dans les rues et les cafés. Un homme réussit à s’enfuir malgré les sept flics à sa poursuite. Les personnes appréhendées sont emmenées au commissariat de la Goutte d’Or.

Le pire est qu’il semble que l’on s’y habitue… La « douce France », pays des droits humains… L’ironie est amère. Plus jamais ça ! disait-on il n’y a pas si longtemps. Alors jusqu’à quand allons-nous supporter les politiques et les pratiques racistes des quotas, des rafles, des contrôles au faciès, des brutalités policières ?

Le recours à l’enfermement est devenu systématique, sans recherche d’alternatives. En 2010, plus de 60.000 personnes sont passées par un centre de rétention. La surenchère répressive bat son plein. Le nombre de places en centre de rétention a augmenté de plus de 80 % entre 2005 et 2011.

Dans un contexte d’emballement de lois racistes, de violences policières et de banalité de la barbarie, il est plus que jamais nécessaire de rappeler les liens entre l’histoire et l’actualité, entre la violence d’État, le racisme et le néocolonialisme.

APPEL

samedi 17 mars : mobilisation nationale

Contre le racisme et les idéologies d’exclusion !

Pour en finir avec le colonialisme partout dans le monde !

Pour l’auto-détermination et l’indépendance des peuples en lutte !

Pour les libertés individuelles et collectives !

Pour l’amitié et la solidarité avec les peuples en lutte !

Olivier Le Cour Grandmaison dans les Chroniques rebelles.

Tunisie, Égypte, crise du « libéralisme » financier, mouvement des indignés… Depuis quelque temps, on parle beaucoup de liberté, mais
justement : de quelle liberté parle-t-on ? Pour nous, la liberté est l’aiguillon
de nos actes et le but de nos vies. Mais cette liberté n’a pas grand’chose
à voir avec la liberté du tyran opprimant le peuple, la liberté du patron
exploitant l’ouvrier, la liberté qu’ont les puissants de jouir des biens que d’autres ont produits. Cette liberté-là, on ne la nomme pas liberté, mais privilège.

La liberté n’est rien sans l’égalité.

Devant les prétentions libérales de donner pour acquis un concept étriqué qui autorise toutes les corruptions de l’idée de liberté, Réfractions, dans ce numéro 27, se propose d’explorer de multiples manières une façon de voir radicalement autre. Cette conception fait de la liberté la résultante d’une expérience et d’une construction communes ; elle est fondée sur l’autonomie, la critique de la représentation et du principe majoritaire. Elle est développée ici à travers la genèse de l’idée de liberté et selon des approches diverses, inspirées de Bakounine, de Spinoza ou de Castoriadis. Au-delà de sources philosophiques différentes, voire opposées, elles convergent vers une même finalité : celle de l’émancipation.

Une des lignes de force qui structure ce numéro, c’est l’analyse des différences fondamentales existant entre une conception libérale et une conception anarchiste ou libertaire de la liberté.

Avec Jean-Jacques Gandini

« Mon pays, c’est là où je me sens bien » a répondu un jour Ngo Van alors qu’on lui posait la question sur l’endroit où il se sentait le mieux, en France, au Vietnam, ou ailleurs…

Les notions de territoire « bunker », de pays « ghettoïsés » et de frontières blindées sont évidemment inacceptables pour les libertaires — inacceptables et indignes —, mais pas seulement pour les libertaires. Le deux poids deux mesures qui régit actuellement la liberté de circulation est un moyen supplémentaire de séparer les humains et de générer encore plus deviolences, d’injustices et de discriminations institutionnalisées.

Les murs s’élèvent partout, entre Israël et les territoires palestiniens, entre les Etats-Unis et le Mexique, entre l’Europe et les pays du Sud et également les pays de l’Est.

La peur est instrumentalisée, d’un côté avec l’image fantasmée d’une invasion imminente et barbare, brandie pour faire passer des lois et des décrets insignes, de l’autre c’est la misère dans des pays, pour certains ex-colonisés, occupés, rendus exsangues par la dette, et souvent avec la mort pour ceux et celles qui tentent un passage vers un espoir de vivre mieux ou à l’abri de régimes totalitaires.

« Douce France »… Les immigré-es parqué-es dans des camps, les gosses arrêtés dans les écoles, les parents brutalisés devant les enfants… retour à une époque sombre et honteuse de notre histoire.

« Douce France »… Travail, famille, patrie et racisme d’État, la discrimination de l’autre, des autres, banalisée… Le « fils de Pétain » et ses acolytes n’en peuvent plus de nouvelles trouvailles ignobles, à des fins électorales, pour lancer l’anathème sur les étrangers, les immigré-es.
C’est tellement facile et commode de s’attaquer aux plus fragilisé-es.

La manifestation nationale du 17 mars est donc essentielle pour dire que nous ne sommes pas complices de ces manipulations et pour exprimer notre refus des discours racistes.

La mobilisation du 17 mars est nationale

Manifestation à Paris entre Barbès et République

Contre le racisme et les idéologies d’exclusion !

Pour en finir avec le colonialisme partout dans le monde !

Pour l’autodétermination et l’indépendance des peuples en lutte !

Pour les libertés individuelles et collectives !

Pour l’amitié et la solidarité avec les peuples en lutte !

Il faut donc encore et toujours réaffirmer : Ni charters ni karchers !

Réfractions n° 27

Libres. De quelle liberté ?

D’emblée et dès son préambule, le numéro 27 de la revue Réfractions sur la liberté, les libertés, souligne : « la liberté n’est rien sans l’égalité ».

Les luttes pour la liberté s’articulent autour de l’émancipation et dans ce numéro de Réfractions, Libres. De quelle liberté ? les auteur-es analysent les différents fondements de la liberté, « résultante d’une expérience et d’une construction communes », dont l’autonomie.

Il sera donc question de liberté, d’autonomie, d’égalité…

Dans le contexte des soulèvements en Tunisie, en Libye, et des luttes qui se poursuivent en Syrie, malgré les massacres organisés de civils, au Maroc, en Algérie ou encore au Qatar, il est effectivement très important de revenir sur les principes de base de la « liberté ».

Eduardo Colombo écrit dans son article, « La lutte pour la liberté », « Pour nous, modernes, la liberté est un sentiment profond qui passionne et séduit. On pourrait penser qu’il en a toujours été ainsi. […] La liberté peut embraser une foule de gens et incendier les châteaux ou, encore, faire des révolutions. Cependant la définir d’un point de vue conceptuel n’est pas une tâche aisée parce qu’elle change, évolue avec le temps et se construit, sans être jamais achevée, tout au long de l’histoire des humains. »

Par ailleurs, si « la transgression de la règle, la violation des interdits, sont des armes nécessaires dans la lutte pour la liberté », on peut s’attendre à la réaction brutale du pouvoir. La répression répond aux revendications et aux soulèvements pour en freiner les élans, les étouffer, c’est une constante. Sinon le pouvoir tente de les instrumentaliser ou, en dernier ressort, de les récupérer par cooptation des forces vives de la lutte et de la contestation.

L’émergence des sans voix dans l’espace politique, lors des soulèvements qui se propagent depuis plus d’un an, est-elle le signe d’un retour de la contestation profonde d’un système qui, dans tous les cas, est liberticide ?
On peut se le demander à juste titre, car jusqu’ici, le pouvoir avait établi son contrôle, comme le souligne Monique Boireau-Rouillé dans son texte, « De la priorité du politique sur le social », grâce à « l’intériorisation individuelle non seulement des “normes” […], mais aussi par l’imposition d’un “imaginaire” qui anesthésie et occulte les conflits. »

Alors pour quelle liberté, au singulier et au pluriel se bat-on ?
Face à ce questionnement, il est effectivement essentiel de faire «  l’analyse des différences fondamentales existant entre une conception libérale et une conception anarchiste ou libertaire de la liberté ».


Appel à la manifestation du 17 mars

samedi 17 mars : mobilisation nationale

Contre le racisme et les idéologies d’exclusion !

POUR UNE MARCHE ANTICOLONIALE ET ANTIRACISTE

L’exigence sociale des peuples épris de liberté qui défendent la démocratie, qui font ou tentent de faire tomber les dictatures est confrontée à celle des investisseurs, prédateurs et spéculateurs qui s’appuient sur le contrôle social des États et manœuvrent pour garder la main. Après avoir dévasté les pays du Sud, la dette des états du Nord générée par les spéculations financières sert de prétexte à des ajustements structurels, socialement ravageurs, appliqués à des peuples que l’on tente, par ailleurs, de mystifier avec des remplacements homéopathiques de dirigeants.

En France comme ailleurs la crise économique et sociale, qui fut de tout temps le terreau du racisme et de la xénophobie, favorise un recul de tous les droits, des violations des libertés les plus élémentaires. De ce fait, nous assistons à une offensive globale sur tous les fronts : social, sécuritaire, racisme...

Les prétendus « dérapages » de certains dirigeants et intellectuels légitiment et banalisent les idées et les comportements racistes, notamment ceux de la police d’État. Les lois et mesures discriminatoires et sécuritaires s’accumulent, portées par la surenchère de déclarations entre ministres et dirigeants du FN, stigmatisant les immigrés, les « musulmans », les Roms, et de façon plus générale désormais les chômeurs, les allocataires sociaux...
Cette atmosphère sécuritaire et xénophobe se renforce avec l’ouverture de la campagne présidentielle. Elle aura des répercussions dans les consciences bien au-delà... Elle favorise les mesures de répression et permet par ailleurs de couvrir les bavures policières.

Alors que nous avons commémoré le 50e anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, perpétré par des policiers agissant sous la responsabilité du préfet de police Maurice Papon et du gouvernement, ce crime d’État n’a toujours pas été condamné, ni même reconnu par la France.

Pire, 50 ans après l’indépendance de l’Algérie et après avoir tenté de réécrire l’Histoire, le gouvernement français tente une réhabilitation du passé colonial de la France et de l’OAS dont il décore ses protagonistes : fascistes et putschistes qui ont porté les armes contre la République !

50 ans après les indépendances, pour des raisons politiques, économiques, et de stratégie militaire, la France continue de soutenir, au-delà de son « pré carré » en Afrique, des régimes dictatoriaux et corrompus, tout en restreignant le droit d’asile pour les victimes.

50 ans après les indépendances, le colonialisme est toujours présent sous toutes ses formes voire prospère : alourdissement de l’endettement financier et poursuite des destructions écologiques, politique du G8/G20, du FMI , de l’OMC et de la Banque Mondiale, recolonisation des terres agricoles, pillage des ressources naturelles (eau, forêts,minerais), biopiraterie, guerres (Afghanistan, Irak), occupation (Palestine, Sahara Occidental, Tchetchénie..), non respect du droit des peuples à disposer d’eux mêmes (peuples kurde, tamoul...). Les dirigeants français bafouent les droits politiques, économiques, culturels, sociaux, linguistiques, des peuples kanaks, polynésiens, martiniquais, guadeloupéens, guyanais, réunionnais et l’intégrité territoriale des Comores.

50 ans après les indépendances, les habitants français et étrangers des quartiers populaires, et les jeunes, surtout s’ils sont originaires du Maghreb et d’Afrique noire, sont toujours considérés comme des ennemis intérieurs stigmatisés, discriminés, soumis à des harcèlements policiers incessants, à la ségrégation urbaine, et à de nombreuses mesures islamophobes.

Quant aux sans-papiers, ils subissent une surexploitation, favorisée par la menace constante d’expulsions. Ils sont, comme les Roms, les premières victimes, de la xénophobie. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de rappeler les liens entre l’histoire et l’actualité, entre la violence d’État, le racisme, le néocolonialisme. Il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser, de montrer que nous sommes nombreux, très nombreux, à refuser que les uns soient opposés aux autres, à refuser une société clivée et assujettie aux dictats des marchés et à lutter pour l’amitié entre les peuples, pour la libre circulation des être humains sur la terre, à soutenir les peuples qui se battent pour leur indépendance politique, économique et culturelle.

Voilà pourquoi Sortir du Colonialisme et D’ailleurs nous sommes d’ici appellent les femmes et les hommes, les associations, organisations, collectifs et réseaux à :

une journée de mobilisation nationale et de manifestations

partout en France

samedi 17 mars à Paris, départ m° Barbès à 14h-arrivée République

Contre le racisme et les idéologies d’exclusion !

Pour en finir avec le colonialisme partout dans le monde !

Pour l’autodétermination et l’indépendance des peuples en lutte !

Pour les libertés individuelles et collectives !

Pour l’amitié et la solidarité avec les peuples en lutte !