Balade au Père Lachaise (suite)… Cinéma méditerranéen Cinemed, Images des Lip, créations en luttes…

dimanche 10 novembre 2013
par  CP
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Balade au Père Lachaise

(2ème partie)

Avec Jean-Manuel Traimond

Réalisation Christiane Passevant et Mydia Portis-Guérin

Ensuite, dans l’ordre,

Images des Lip, créations en luttes

12 et 13 novembre à la Maison des Métallos ;

Le festival international du cinéma méditerranéen

de Montpellier ;

Sortie de la revue trimestrielle Article 11 ;

Deux publications des éditions de l’Insomniaque ;

La Journée des barricades du cardinal de Retz

Et

Lettre de Mordovie de Nadejda Tolokonnikova

Mais tout d’abord « pourquoi pas une balade sonore au cimetière du Père Lachaise ? » Une balade oui, mais libertaire ! Avec Jean-Manuel Traimond qui en connaît des anecdotes et le cimetière, comme sa poche, une balade pour les chroniques rebelles de Radio Libertaire, des photos aussi que l’on retrouve sur le site des chroniques rebelles, des musiques et des archives… La radio c’est magique ! On ne le dira jamais assez.

Aujourd’hui deuxième épisode de la balade… Avec une surprise puisque nous nous sommes faits jeter du cimetière, mais je n’en dis pas plus…

Merci à Jean-Manuel Traimond, à Nicolas Mourer pour les textes interprétés, à Serge Utgé-Royo pour les chansons et à bien d’autres artistes. Merci enfin à Mydia pour sa mise en ondes et à Lucien à la technique.

Bonne balade !

les Musiques : BO The Tree of Life, Awakening ; La Makhnovchina ; BO La Famille Adams ; The Kinks, Dandy ; Philip Glas, The Vivid Unknown ; L’internationale par l’orchestre de la coopérative ouvrière TSF ; Henri Salvador, Zorro est arrivé ; Chant traditionnel arménien ; Marc Ogeret, Le Chant des ouvriers ; Serge Utgé-Royo, La Semaine sanglante et Le temps des cerises ; Gong, Opium For the people ; Anne Sylvestre, La Faute à Ève ; Philip Glas, Blood Bath, quatuor n° 3 ; Lucie Recia, A las Barricadas ; Edith Piaf, La Foule et Milord ; Juliette, Le diable est une femme ; Pierre Desproges, Dernières volontés ; Doors, Alabama Song, Back Door man et The End.

Images des Lip, créations en luttes les 12 et 13 novembre

à la Maison des Métallos

Entrée libre

À partir de 14h

Réservations au 01 47 00 25 20

réservation@maisondesmetallos.org

94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

Mardi 12 : conférence, projections de films — Lip 1, Monique et Du côté de chez Lip —, Table ronde sur Militer en images, des expositions… Durant les deux jours, il y aura la présence de militants et militantes de LIP.

Mercredi 13 : Conférences et tables rondes ponctuées par la projection de films, des enregistrements sonores.
Des luttes de Lip à la place Tahrir, l’actualité des luttes, réappropriations militantes : hier et aujourd’hui…

À 20h, « Militer, c’est aussi notre affaire » : Lectures et mises en scène autour de Lip, avec les comédien-nes Odila Caminos, Nicolas Mourer et Claude Maurice.

Le festival international du cinéma méditerranéen

de Montpellier, CINEMED, du 25 octobre au 2 novembre

Notes brèves de retour de festival…

Un festival exemplaire et passionnant, neuf jours de découvertes, de visions cinématographiques à la fois poétiques, critiques et parfois même visionnaires…

L’Antigone d’or a été remportée par un film égyptien, Rags and Tatters de Ahmad Abdalla qui avait réalisé Microphone, présenté il y a deux ans au festival Cinemed.

La nuit. Début de la révolution, quelques jours avant le départ de Moubarak. Les prisons sont mystérieusement ouvertes. Des prisonniers en fuite sont abattus. Les images sont floues, trash, filmées à l’arrache…

On est dans la même incompréhension que l’un prisonnier échappé, nous sommes complètement largués dans les ténèbres. L’homme fuit et trébuche sur un blessé. Il le met à l’abri dans une remise. Le blessé lui donne de l’argent et lui tend un portable avec lequel il a filmé. En voix off : « J’ai fait cette vidéo pour que tout le monde sache ce qui s’est vraiment passé ». Prisons ouvertes et prisonniers exécutés.

Arrivé dans son quartier au Caire, l’ex-taulard est tabassé par une milice civile et racketté. Finalement, un voisin l’accompagne dans sa famille où il reste un temps, hagard, ne comprenant rien aux événements de la place Tahrir qu’il regarde aux informations télévisées.
Il part à la recherche d’aide pour le blessé et d’une possibilité de diffuser les images du portable. Il finit par se réfugier dans une mosquée.

Pendant quarante minutes, le film est sans dialogues. Seuls les bruits de la rue et les coups de feu font la bande son, avec en fond quelques paroles furtives. Tout se passe au niveau des regards.

Tout le film se déroule dans un climat de chaos incompréhensible avec un témoin totalement coupé de la réalité et qui ne comprend rien. Candide au milieu d’un cauchemar.

Rags and Tatters de Ahmad Abdalla est une vision originale et troublante de la révolution égyptienne. Le film est représentatif de la nouvelle vague des cinéastes égyptiens.

Une mention spéciale et le prix du public ont été attribués à Only in New York de Ghazi Albuliwi.

L’idée de départ est expliquée ainsi par le réalisateur palestinien : « J’ai quitté ma femme, ma vie… Et alors que j’écrivais dans un café à Jérusalem, une fille m’a abordé, pensant que j’étais juif parce que j’avais un livre sur Woody Allen. Nous avons pris rendez-vous. Pour vous la faire brève, elle a sans doute regardé sur google et, découvrant que j’étais arabe, elle n’est pas venue au rendez-vous. Alors j’ai voulu écrire là-dessus. »

Après une très amusante animation au générique, Only in New York joue sur l’humour et l’émotion. Une réussite pour cette comédie de l’absurde, sentimentale et très critique des pressions familiales en général.

En ouverture du festival, un court métrage palestinien de deux frères, Arab et Tarzan Nasser, Condom Lead.

Bruit incessant des drones, des fusillades, des explosions. Seul un bébé parle et pleure. Le couple n’échange pas un mot, n’arrivant jamais à faire l’amour. Un silence pesant, écrasé par l’occupation. Des ballons jonchent le sol et s’accumulent, faits à partir de capotes qui n’ont pas servi. De la difficulté de faire l’amour à Gaza.

Ces trois films ne sont hélas pas encore distribués.

Autre film en attente de distribution, Ladder to Damascus de Mohamed Malas. Il y est question de cinéma, mais, attention, « si tu sors dans la rue pour filmer, tu te fais tuer. »
Jeu entre le passé et le présent, une jeune fille, Zeina, se suicide dans la mer. Le même jour naît Ghalia qui semble partagée entre deux personnalités, la sienne et celle de Zeina.
La révolution, le cinéma, la répression passée et présente. La prison, les barbelés, les tortures et les humiliations.

Une maison dans la vieille ville de Damas, une maison habitée par des jeunes qui représentent la diversité des communautés dans le pays. Il y a Ghalia la comédienne, Fouad le cinéaste, Rena la sculptrice, Lara, Zarzour l’écrivain, Nawara, Hussein et Oum Sami qui garde la maison. La révolution apparaît à l’extérieur, par le canal de la télévision et des réseaux sociaux. La rue où les jeunes se font tuer. Mais pourquoi ? crie Oum Sami. Métaphore de la guerre civile, poésie, réflexions sur les images, les informations télévisées…

La scène finale est magnifique. Hussein monte sur la terrasse, suivi des autres, grimpe sur l’échelle pour hurler Oriye ! (liberté)

Inutile de dire que le cri a été postsynchronisé. Crier haut et fort liberté n’est pas bien vu à Damas.

Girafada de Rani Massalah (palestinien).

Le film sortira en France le 23 avril.

Nous sommes au Zoo de Qalquiya, juste contre le mur de séparation. Le zoo, c’est le plaisir des enfants et l’oubli de l’occupation.

Ziad, 10 ans, le fils du vétérinaire, s’occupe d’un couple de girafes : Rita et Brownie. Il leur parle. Ce rapport avec les animaux, les girafes, fait oublier les difficultés, les check points intérieurs, les violences…

Mais Brownie est blessé pendant un raid israélien et meurt.

Les militaires patrouillent dans la ville et le couvre-feu est imposé. Rita, la girafe esseulée ne s’alimente plus et Ziad décide de faire une grève de la faim. Comment trouver un autre compagnon pour Rita ?

Le mur et ses dessins, les colons, la réalité des villes palestiniennes. Tout est dans le film.

Girafada, c’est la contraction de girafe et de Intifada. Le scénario s’est inspiré de faits réels. Et l’entrée majestueuse de la girafe mâle, Roméo, dans la ville et le zoo de Qalquiya, devant la population médusée, est extraordinaire et drôle.

Girafada est un conte philosophique et politique.



Les Fées ont soif

Jusqu’au 10 novembre 2013

Vendredi 21h / Dimanche 19h

Comédie Nation

77 rue de Montreuil, 75011 Paris