Désobéir au colonialisme de Patrick Farbiaz, Le rapport Brazza Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907)

(Le passager clandestin)
dimanche 23 février 2014
par  CP
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Désobéir au colonialisme

L’anticolonialisme est un outil essentiel pour qui veut combattre ce nouvel ordre mondial !

de Patrick Farbiaz (Le passager clandestin).

Au nom du « développement », les pays du Nord mettent en place un nouveau système de domination, le nouvel ordre colonial. Ce colonialisme global est un colonialisme de la mondialisation. L’anticolonialisme est un outil essentiel pour qui veut combattre ce nouvel ordre mondial.

Le colonialisme n’est pas mort avec la fin de la guerre d’Algérie et de l’Empire français. Il se perpétue à travers des occupations de territoires de la Palestine au Sahara occidental, du Kurdistan au Tibet. L’ordre colonial prend de nouvelles formes : néocolonialisme, Françafrique, colonialisme interne, territoires d’outre mer, dette financière, ou écologique, accaparement des terres, contrôle des images et des sons…

En France, les discriminations racistes instituent une ségrégation post coloniale dans les quartiers populaires tandis que les nostalgiques de la « colonisation positive » relèvent la tête. Face au nouvel ordre colonial, une nouvelle génération de militants anticolonialistes invente de nouvelles formes de désobéissances, liant le passé, le présent et l’avenir pour résister et décoloniser.

Le rapport Brazza

Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907)

(le passager clandestin)

Durant cette 9e semaine anticoloniale et antiraciste paraissent deux livres, Désobéir au colonialisme, dans la série les désobéissants, de Patrick Farbiaz, et Le rapport Brazza. Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907), deux ouvrages parus aux éditions du passager clandestin.

Tout d’abord la collection des Désobéissants, avec une définition, « Désobéir : des données pour comprendre, des arguments pour discuter, des conseils pratiques pour s’opposer. »
Et cette nouvelle parution, Désobéir au colonialisme, est tout à fait dans la ligne, et particulièrement utile. Le livre fait en effet la synthèse, non seulement des lois coloniales, des enjeux impérialistes, de l’histoire, de l’idéologie et des pratiques coloniales, mais il souligne également les implications et l’influence du colonialisme qui perdure sur les idées, les comportements, les attitudes… Bref sur la culture et les mentalités, en France, et hors de l’hexagone.

Profondément ancrée dans les esprits, l’idéologie coloniale est toujours aussi prégnante, et le racisme, qui en est l’illustration et la base, s’exprime de plus en plus ouvertement à travers des amalgames douteux qui sont assénés comme des vérités premières, sans que la moralité ou les principes en soit dérangés. La déshumanisation, la « chosification » de l’autre, de l’ex colonisé-e, permet et justifie la violence, la discrimination, la barbarie… N’oublions pas que les pouvoirs, sous des dehors parfois angéliques et même moralisateurs, instrumentalisent et utilisent les amalgames, histoire de diviser pour mieux régner, ou encore à des fins électoralistes.

Désobéir au colonialisme est donc un petit livre à mettre dans la poche, un outil pour décrypter le colonialisme, s’y opposer et y désobéir. Or, c’est bien connu, pour comprendre le présent, il faut connaître le passé afin de mieux discerner comment une idéologie s’impose et, ensuite le processus qui permet de passer du stade de la propagande à celui de sens commun.

Autre publication importante dans ce domaine, Le rapport Brazza. Mission d’enquête du
Congo : rapport et documents (1905-1907)
, qui est l’un des textes rares réédités qui permet de prendre la dimension réelle des méfaits du colonialisme et des moyens qui ont été développés pour justifier les massacres, les déplacements de populations, la destruction des liens sociaux, des cultures, ceci pour établir des empires coloniaux et, donc, avant tout, pour une logique de profit.

Texte rare que ce Rapport Brazza, car peu de voix se sont élevées pour informer sur les méfaits de la colonisation, ses pratiques quant au traitement des populations autochtones et les exactions des « requins et des négriers ». L’idée de « mission civilisatrice » apportée aux
« sauvages » était évidemment mise en avant pour faire passer les horreurs perpétrées dans les pays colonisés. « Mais [autre conséquence et comme l’explique Patrick Farbiaz], la colonisation ensauvage aussi le colonisateur. »

Dans ce consensus de l’approbation et du silence sur ce qu’enduraient les populations sous contrôle colonial, Paul Vigné fut l’une de ces voix avec La sueur du burnous, publié en 1911 dans La Guerre sociale, Félicien Challaye en fut une autre avec les Souvenirs de la colonisation, republiés sous le titre de Livre noir de la colonisation, deux ouvrages réédités aux Nuits rouges. Et Cent ans de capitalisme en Algérie (1830-1930). Histoire de la conquête coloniale de Robert Louzon (réédité par Acratie). Le rapport Brazza. Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907) fait suite à ces ouvrages et les complète dans l’analyse et le témoignage sur le fait colonial.

Mais, finalement aujourd’hui, la représentation de l’autre, de l’étranger, de l’immigré-e, — arabe, rom, africain, ect. —, représentation diffusée et intégrée au XIXe siècle, a-t-elle changé ? Le racisme et la discrimination vis-à-vis des « barbares dans les cités » comme l’écrivait Jean-Pierre Garnier, les bavures… n’est-ce pas la conséquence ou la suite logique de l’idéologie coloniale du XIXe siècle ?

Nicolas : « Le colonialisme n’est pas mort. […] Le colonialisme, c’est-à-dire à la fois le phénomène de la colonisation (occupation territoriale), et l’idéologie qui l’accompagne, n’est pas mort. De nombreuses situations coloniales demeurent, et l’idéologie coloniale continue de produire des effets là où elle est réputée disparue. »

Il s’agit donc de « décoloniser les imaginaires » !

Avec Patrick Farbiaz

Lectures Nicolas Mourer



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