Théâtre, littérature et anarchisme

Salon du Livre Libertaire (10 mai 2014)
lundi 26 mai 2014
par  CP
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Théâtre, littérature et anarchisme

Le samedi 10 mai, dans le cadre du Salon du Livre Libertaire, au carré des Blancs Manteaux, s’est tenu une rencontre autour du théâtre et de la littérature anarchistes. La première partie revenant sur les origines du théâtre anarchiste à la fin du XIXe siècle, la seconde partie étant plus une réflexion sur ses résonances possibles, tant dans la littérature contemporaine que dans le théâtre.

Caroline Granier, Monique Surel-Tupin, Nicolas Mourer et Audrey Jeannot étaient les protagonistes de cette rencontre.

Depuis la fin du XIXe siècle, le théâtre apparaît aux militant-es anarchistes comme une tribune privilégiée pour diffuser leurs idées. Parce que le texte théâtral est mis en scène, il frappe les esprits davantage qu’un traité ou qu’une conférence. Il est en situation — les pièces libertaires sont souvent précédées de chansons ou d’appels à la révolution : on espère que l’émotion ressentie agira sur le public comme une étincelle.

Parfois, l’entrée est gratuite pour permettre à tout le monde d’y assister ; les acteurs et actrices sont des bénévoles, des amateur-es (ou les écrivain-es), qui jouent dans des universités populaires ou lors de réunions politiques. Toute cette production originale a contribué à subvertir les formes théâtrales.

Au XXe siècle, le théâtre d’agit-prop, le théâtre de rue, les conférences gesticulées perpétuent cette tradition de théâtre engagé.

Présentation Caroline Granier (Les Briseurs de Formules. Les écrivains anarchistes en France à la Fin du XIXe siècle) et Monique Surel-Tupin (Metteuse en scène et auteure). Lectures de Audrey Jeannot et Nicolas Mourer

Comment l’anarchie investit l’espace littéraire contemporain ?

Si l’anarchie est l’absence de structure hiérarchique et le combat contre tout ce qui pourrait
s’y apparenter, alors le refus ou la subversion des codes génériques du roman, du poème, du théâtre sont des actes anarchistes. Chez Louis Mandler,
Dévoration, dont les restants d’un
univers sont balayés par une écriture sangsue, de même pour Claude Guillon dans
Suicide,
mode d’emploi qui eut le mérite de préférer la seule propriété à laquelle l’anarchie laisse la
primeur : le corps.

Deux auteurs, essayiste et romancier, le premier récusant le cadre moral
et pénal, le second nous laissant hébétés face à une écriture hantée par le désir de sa propre destruction.

Présentation et lectures de Nicolas Mourer

Enregistré au Salon du Livre Libertaire le samedi 10 mai 2014.