Une histoire oubliée, des événements autour de la mémoire, un concert, un album, La Nueve montée par Gatti, du cinéma, etc… Un livre de nouvelles et des chats à foison

Serge Utgé-Royo, Armand Gatti, Daniel Pinos, Cristine Hudin…
mercredi 25 juin 2014
par  CP
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Concert de Serge Utgé-Royo

22 juin, à l’Européen

Présentation d’un nouvel album

Memorias Ibericas

Lancement de toute une série d’événements jusqu’en septembre : manifestations, colloque, cinéma, théâtre autour de La Nueve avec l’association du 24 août 1944.


Armand Gatti et Serge Utgé-Royo en répétition de la Nueve

Avec
Serge Utgé-Royo, Daniel Pinos et Cristine Hudin…

Mais tout d’abord un livre :

La griffe et le velours

(éditions Noirs coquelicots, Edito Lives, Divergences)

Contre le déni de l’histoire, l’association 24 août 1944 a pour but de faire connaître et de cultiver la mémoire historique (écrite, enregistrée, iconographique, artistique, etc.) de la Libération de Paris en 1944, en liant cette célébration à la participation des antifascistes espagnols de la 2e DB, en exposant toutes les facettes de cette lutte commencée le 19 juillet 1936 en Espagne et continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique, et plus particulièrement dans les maquis en France. Pour beaucoup de femmes et d’hommes, elle se prolongea dans le combat contre le franquisme, jusque dans les années 1960.

«  Aucun de ces hommes n’avaient la prétention d’écrire l’Histoire. Chacun d’eux, cependant, participa à elle comme combattant et témoin d’exception. Les historiens et les politiques se sont très peu intéressés à eux. »
Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944 : ces Républicains espagnols qui ont libéré Paris, Cherche Midi, 2011.

Quand la Catalogne tombe, en janvier 1939, après deux ans et demi de combats contre l’armée putschiste de Franco, aidée par Hitler, Mussolini et Salazar, un demi-million d’Espagnols, sous les intempéries et les bom- bardements, franchissent la frontière française. Ils sont internés dans des camps de concentration improvisés, clos de barbelés : Gurs, Argelès, Bram, Saint-Cyprien, Le Vernet-d’Ariège... Au cours des premières semaines, près de 15 000 de ces exilés, désespérés, meurent de faim, de maladie, de froid...

Devant l’imminence de la guerre avec l’Allemagne, plusieurs dizaines de milliers de ces Espagnols sont incorporés à l’effort de guerre dans les compagnies de travailleurs étrangers (CTE) ou dans la Légion étrangère. Seule alternative : le retour en Espagne franquiste, au péril de leur vie !

Avec l’Armistice, la situation s’aggrave. Aux yeux de Vichy, ces réfugiés sont des « rouges », potentiellement dangereux. L’Afrique du Nord « accueille » nombre d’entre eux ayant échappé à la répression fasciste en traversant la Méditerranée depuis les côtes espagnoles. Les autorités françaises en envoient environ 20 000 vers les camps d’internement et de discipline du Maroc, de Tunisie et d’Algérie. D’autres périssent dans des geôles vichystes ou sont déportés dans des camps nazis (comme Mauthausen, où sont morts les deux tiers des 7 200 internés). Sortis des camps français, des milliers de soldats espagnols se battent contre les Allemands, sur tous les fronts : dans les Forces françaises libres au sein de la Résistance française...

En Afrique, après des batailles contre Vichy et les divisions allemandes du général Rommel, une partie de ces milliers d’Espagnols est intégrée à la 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc. Au sein de cette division, la 9e compagnie, la Nueve, est commandée par le capitaine français Dronne, mais les autres postes de responsabilité sont tenus par des Espagnols ; la langue de la compagnie est le castillan et une forte composante des hommes est anarchiste, antimilitariste...

Unité d’avant-garde en raison de son expérience de la guerre en Espagne, la Nueve est dotée de l’armement le plus moderne : depuis sa base, au Maroc, avec ses 22 véhicules chenillés — des half-tracks —, elle est transportée en Angleterre pour participer au débarquement. À l’aube du 1er août 1944, la compagnie débarque en Normandie. Elle participe à de violents combats et libère diverses agglomérations, au prix de nombreuses pertes. Puis elle se dirige vers Paris. L’après-midi du 24 août 1944, la Nueve traverse la ceinture de feu qui protège la ville et fonce vers le centre. De nombreux Parisiens acclament les libérateurs : en tête de la colonne, le Guadalajara est le premier véhicule à atteindre l’Hôtel de Ville, et le lieutenant « français » Amado Granell est le premier soldat de la 2e DB à rencontrer les représentants de la Résistance. La radio annonce l’événement ; les cloches retentissent et les Parisiens sortent dans la rue. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, la foule chante la Marseillaise et les Espagnols entonnent des chants de la résistance au fascisme.

Nouvel album de Serge Utgé-Royo (en espagnol) Memorias ibericas

Et

La griffe et le velours

Trois nouvelles de Serge Utgé-Royo (éditions Noirs coquelicots, Édito Lettres, Divergences)

La griffe et le velours. Trois nouvelles d’humanité, trois nouvelles de félins, trois nouvelles à propos de chats et de chattes…

De Paris à Liège et jusqu’en Catalogne, les chats sont à l’image d’une sagesse millénaire, intemporelle. Ils et elles regardent les humains avec une toute autre perspective, des couleurs qui jaillissent et des profondeurs de champ bien différentes. Vous savez ce que les chats voient lors de l’observation et du guet ? De l’étrange, c’est sûr, comme ces histoires que Serge nous conte au travers de ses rencontres, de ses voyages, je dirai plutôt de ses pérégrinations…

Pérégrinations, voici un mot qui sied parfaitement au félins agiles et silencieux se mouvant sur des coussinets doux comme de la soie, et les félines je ne vous dis pas… Elles peuvent être plus douces, plus curieuses, plus fines et déterminées… Enfin, je ne sais pas si cela fait partie des clichés que se font les humains en quête de différences de genre ou si la maternité influe ou pas sur les comportements des chattes et des chats…

Bref, il est question ici de réflexion sur un monde en danger, de sentence sur la gent meurtrière et chasseresse et sur le don d’ubiquité que possèdent le clan félin, toutes appartenances de couleurs, de sexe et de formes, allez et même de classes, confondues…

Trois histoires donc, étranges, poétiques, facétieuses, sociologiques, philosophiques, dans un style thriller parfois… En un mot, surprenantes.

La griffe et le velours de Serge Utgé-Royo. Trois histoires de chats, de chattes et d’humanité… Vous ne pouvez pas le louper, il y a le chat rebelle des IWW et de la CNT sur la couverture.