Espaces et sociétés. Où est passé le peuple ?

lundi 21 juillet 2014
par  CP
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Espaces et sociétés

Où est passé le peuple ?

Double numéro coordonné par Anne Clerval et Jean-Pierre Garnier

Nous sortons d’une première phase électorale — les municipales — durant laquelle les incitations au vote sur fond de menace frontiste et sur l’air de la citoyenneté responsable n’ont guère innové dans la manipulation grossière de la part des politiques et des médias mainstream, comme on dit.

Des analyses politiques, des débats contradictoires sur les enjeux ou sur les problèmes existants, qui pourraient éventuellement déboucher sur une réflexion ou un questionnement… Point. Il ne reste que les slogans, le jargon, la COM, la pub, car il s’agit avant tout de mettre en place des écrans de fumée. Je vous passe la promotion récurrente du pacte de « responsabilité » et, depuis les résultats, du pacte de « solidarité »… Il faut bien dire que dès que ce genre d’annonce « flon flon » revient en litanie dans le discours politique et se répercute dans le langage, le plus souvent c’est qu’il y a une lacune, dans ce cas précis, de responsabilité et de solidarité. Évidemment, c’est en général destiné à faire passer une pilule amère, celle de la réduction des acquis sociaux, par exemple et entre autres.

Dans ce contexte électoral lobotomisant et navrant de vacuité, mais à rebondissement — la campagne pour les élections européennes commence bientôt —, la revue Espaces et sociétés publie un double numéro au titre
« accrocheur » : Où est passé le peuple ?

Certains et certaines peuvent être tenté-es par l’amalgame entre peuple et populisme en guise de critique, pourtant, comme le souligne l’éditorial d’Anne Clerval et Jean-Pierre Garrnier,
« le terme “populisme” manié à l’envi par les politologues et les éditorialistes pour justifier l’amalgame entre les forces politiques de l’extrême droite et de la gauche radicale sert simplement à dessiner l’image répulsive d’un certain peuple, celle d’une masse ignorante manipulée et poussée à la violence par des “démagogues”, image qui permettra de discréditer au passage tous ceux [et toutes celles] qui persistent à situer le peuple du côté de l’émancipation. Or, se préoccuper du sort réservé aux classes populaires par l’urbanisation du capital, analyser la manière dont elles vivent la situation qui en résulte et à laquelle elles font face s’inscrit dans cette dernière perspective, et c’est pour délibérément l’assumer comme telle, que le vocable “peuple” a été préféré. »

Où est passé le peuple ? se présente comme un dossier qui soulève de nombreuses questions, notamment sur les sciences sociales, des questions trop rarement abordées de nos jours, des questions qui dérangent, des questions qui fâchent…

Entretien avec Anne Clerval, Jean-Pierre Garnier et Violaine Girard