Paradjanov de Serge Avédikian et Olena Fetisova.

lundi 5 janvier 2015
par  CP
popularité : 21%

Paradjanov ou le Scandale Paradjanov

Film de Serge Avédikian et Olena Fetisova

Sortie nationale du film le 7 janvier

Kamen. Les pierres

Film documentaire de Florence Lazar

Article 11, CQFD, Réfractions

À signaler un roman de Bruno Bachmann, Comme un, Commune ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro (éditions Petra) ; une réédition étonnante d’un ouvrage de Marcel Ollivier paru en 1933, Marx et Engels, poètes romantiques (Spartacus). Mais aussi, La Mémoire empoisonne mes puits, récit de Daniel Blanchard (l’une et l’autre), une réflexion à vif sur l’âge, sur la mémoire, sur le temps et sur une époque révolue. De ces ouvrages, nous reparlerons dans de prochaines émissions. Quant aux poèmes de Marx et Engels, Nicolas nous en fera la lecture le 24 janvier.

La revue Réfractions a choisi pour son numéro 33 de se poser des questions sur la nature humaine : « POURQUOI AVONS-NOUS RESSENTI LE DÉSIR DE PRÉPARER un numéro de Réfractions sur “la Nature Humaine” ? [Réponse] Peut-être parce que notre époque nous le sollicite à travers de multiples indices que la raison ne perçoit encore qu’obscurément. Peut-être parce qu’il il y a des fissures qui bougent dans l’imaginaire collectif, et que l’ancien repoussoir de la “nature humaine”, au service du pouvoir politique pendant des siècles, commence à être examiné de manière critique. » À suivre dans une prochaine émission.

Mais d’abord cinéma avec Paradjanov, le film a changé de titre depuis sa présentation en 2013 au festival Cinemed, et il est désormais intitulé Le Scandale Paradjanov. Réalisé par Serge Avédikian et Olena Fetisova, il est aussi interprété par Serge Avédikian, littéralement habité par le foisonnement et la fantaisie de son personnage. Sergeï Paradjanov est certainement l’un des réalisateurs les plus originaux avec des chefs d’œuvres comme Les Chevaux de feu et Sayat-Nova.

Le film évoque l’itinéraire créatif de Sergei Paradjanov, réalisateur arménien hors norme, imaginatif et provocateur, dont la soif de liberté et le refus de se plier aux interdits édictés par l’Union soviétique lui valurent la prison à plusieurs reprises.

« Si j’ai osé faire ce film, [déclare Serge Avédikian] c’est que Paradjanov est un personnage riche et ambigu. Pour qu’il ne termine pas au musée, il fallait lui donner une deuxième vie cinématographique. C’est trop tôt pour faire un film sur lui ».
On l’aura compris donc, le film n’est pas un biopic, c’est plutôt une plongée dans l’univers fantasmatique de Paradjanov.

Serge Avédikian, co-réalisateur et acteur, interprète avec un mimétisme troublant le rôle de Paradjanov, il l’incarne littéralement et l’on perçoit son admiration pour ce créateur cinématographique qu’il a rencontré en 1983. Paradjanov le surréaliste, l’internationaliste, le farceur aussi, prenait tous les risques pour exprimer sa verve et sa vision du monde. C’est cette détermination qui ressort dans le film, qui mêle à la fois ses créations, son travail, ses rencontres et certaines étapes de sa vie, mais lui-même faisait-il seulement la différence ?

Nous avions déjà rencontré Serge Avédiakian lors de la sortie de son court métrage d’animation, Chienne d’histoire, qui racontait le massacre des chiens de Constantinople en 1910. Paradjanov est son premier long métrage qui est un hommage au grand réalisateur : « Paradjanov est quelqu’un qui m’a permis de faire du cinéma. Je suis comédien au départ. » Une rencontre qui fut déterminante en effet, et qui, avec ce film, initie une réussite, à savoir mettre en scène une époque, le processus de création, incarner un personnage étonnant et « pluridisciplinaire » et replonger le public dans l’univers cinématographique de Paradjanov.

Cet entretien a eu lieu au Festival CINEMED de Montpellier le 30 octobre 2013.

et

Kamen. Les pierres

Film documentaire de Florence Lazar

Kamen, les pierres est un film documentaire sur la construction d’un passé fictif pour nier la présence historique de l’autre. Cela se passe en République serbe de Bosnie et la réalisatrice, Florence Lazar, dit s’être intéressée à la question en raison non seulement de ses origines serbes, mais de plusieurs découvertes qu’elle a faite avant l’écriture de son film documentaire.

Notamment que les monuments construits avec des matériaux anciens, des pierres retaillées, n’étaient pas datés et avaient été récemment intégrés dans les parcours touristiques comme pour revendiquer un passé historique. Déni de l’histoire, passé fictif, un urbanicide politique qui est constant depuis la guerre civile meurtrière en Ex-Yougoslavie. Des populations entières ont été déplacées, 32 % de la population bosniaque a disparu ou vit en exil.

Florence Lazar a choisi ce thème des pierres qui, pour elle, est symbolique de ce qui se construit actuellement, un passé fabriqué pour éradiquer une histoire commune et partagée. Et les enjeux politiques sont de taille.

Florence Lazar a présenté son film documentaire à Montpellier, lors du 36ème Festival du cinéma méditerranéen, le 26 octobre 2014.

Kamen. Les pierres a été primé à la 36ème édition du Cinéma du réel 2014.

Article 11

* REPORTAGES * ENTRETIENS * CHRONIQUES SOCIALES * CANARD SAUVAGE * DÉC 14 - FÉV 15 *

SOMMAIRE
* L’invité de l’édito : Bruce Willis, sauveur du monde et astrophysicien ;

* Sur les traces du « Dentiste de l’horreur ». Un dentiste hollandais, recruté par le conseil général, a fait des centaines de victimes. Premier volet d’un reportage en deux parties ;

* Des fous hors les clous ou une autre approche de la psychiatrie.
Reportage au Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) Antonin Artaud ;

* Récit : Dans un village du sud du Mexique, des Mexicaines viennent en aide aux migrants ;

* À propos de combines et d’illégalisme avec l’équipe de la revue Rafale ;

* Discussion sur la PMA et la reproduction artificielle du vivant avec Alexis Escudero ;

* Voyage introspectif à travers la cartographie radicale ;

* Chroniques portuaires : Cap d’Antifer. Petite histoire d’un fiasco ;

* Récit d’une manif romaine particulièrement explosive. Après une défaite politique, les « perdants » sont souvent mutiques et apathiques. Éclatés collectivement, anéantis personnellement. La douleur, intime, est recluse. Le silence est de mise.

* Rencontre avec l’écrivain Antoine Volodine ;

* Chroniques de société, aperçus historiques et ragoûtantes envolées littéraires, le tout entremêlé d’images.

Enfin évasion vers l’espace.

CQFD n° 128 Janvier 2015

- CQFD commence l’année 2015 avec un nouveau format, un dossier tout BD, une Une signée Tardi et sur les chapeaux de roue !
- CQFD illustré : « Un poilu entièrement équipé ». Rencontre avec Dominique Grange et Jacques Tardi autour de la guerre de 14-18, de la Seconde Guerre mondiale, de la mémoire, de la lutte, de la transmission. 

- Sani, un Nigérien à Angoulême : En prélude à leur très considérable festival de bandes dessinées. 

- Topor : L’art et la matière > Roland Topor continue pourtant à foutre la merde.
- Trapier et Ristorcelli : « Retrouver ce néant au cœur de l’image » > Stéphane Trapier et Jacques Ristorcelli viennent de sortir aux éditions Matière, deux ovnis littéraires, respectivement Tarzan contre la vie chère et Les écrans. Des œuvres bien différentes mais qui jouent sur un décalage entre image et histoire. Entretien croisé.
- Peutit Keupon a 30 ans > Interviou dessinée exclusive pour CQFD.
- Rémy aurait pu être mon fils > Un page BD de Baudoin.

Les articles

- Précarité : Une colère à contenir ? > Mardi 9 décembre, 7 h 15, ça caille sévère à Marseille. Devant le portail de l’Accueil de jour Marceau (ADJ), près de la Porte d’Aix, une petite foule de « sans » – sans-abri, sans-emploi, sans-Sécu, sans-papiers, sans-famille, etc. – attend patiemment l’ouverture de la grille.
- Droit d’asile : Petits papiers d’Arménie > Depuis le rejet de leur demande d’asile, la famille Boyadjyan est sous le coup d’un ordre de quitter le territoire français (OQTF) et le Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) Saint-Charles, à Marseille, les pousse dehors. Pourtant, en Arménie comme en Russie, leur vie serait en danger. La solidarité s’organise.
- Victor-Hugo rejoue les Misérables > Le ministère de l’éducation a trouvé que les Zones d’éducation prioritaires dataient. Elles ont trente ans. On allait donc les rebaptiser REP comme les régiments étrangers parachutistes. Ici où là, certains établissements, pourtant remplis de Gavroches boursiers et de Cosettes en haillons, passeraient à la trappe suite à la réforme.
- Tourisme : Faux marché provençal pour vrais Chinois > L’industrie ? Liquidée. L’agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu’à vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d’attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux marché provençal a été organisé pour près de 250 touristes chinois.
- Littérature : « Si tu ne déconstruis pas le genre, il ne peut pas y avoir de révolution. » > Retour avec une trilogie trash, les aventures de Vernon Subutex. Rencontre avec Virginie Despentes.

Les rubriques

- Mais qu’est-ce qu’on va faire de… la Charte des socialistes pour le progrès humain ? > Le socialo nouveau est arrivé… Et il a toujours le goût d’eau.
- Je vous écris de l’usine : Six Feet Under > « Quand je tousse, je me demande tout le temps si c’est une bronchite ou… » Dominique laisse sa phrase en suspens mais on comprend tout de suite de quoi il est question...
- Queen Kong : La gynécologie n’est pas un dîner de gala > Même avec toute la bienveillance du monde, on ne peut s’empêcher d’avoir régulièrement l’impression diffuse que loin de nous émanciper, la gynécologie sert surtout à exercer un drôle de contrôle sur les femmes et leur sexualité.
- Chronique du monde-laboratoire : Grothendieck : hommage au défunt ? > Beaucoup ont découvert Alexandre Grothendieck à l’occasion de l’hommage médiatique suite à son décès le 13 novembre dernier.
- Cap sur l’utopie : « Là où nul n’obéit, personne ne commande »
- Ma cabane pas au Canada : ZAD en Chambaran > Une nouvelle ZAD s’est nichée à Roybon, dans les Chambaran, entre Grenoble et Romans-sur-Isère. Son objectif : empêcher la construction d’un Center Parcs qui bétonnerait une zone humide.