Comme un, Commune. Ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro

Bruno Bachmann (Petra)
lundi 23 février 2015
par  CP
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« Retrouvé au hasard d’un déménagement temporaire, non loin de ce qui fut la redoute des Hautes-Bruyères, au sud-est de Paris, ce vieux manuscrit poussiéreux comme il se doit, a été retranscrit tant bien que mal par un lointain parent de Théo Fischer… »

Comme un, Commune commence ainsi à la manière d’un mystère à résoudre, d’un roman d’aventures plongé dans le XIXe siècle de la révolte. C’est aussi un journal de la Commune qui raconte, jour après jour, la construction d’un autre monde, plus juste et plus égalitaire, un mouvement insurrectionnel et révolutionnaire qui laisse incontestablement des traces dans les consciences et les luttes.

En découvrant Comme un, Commune ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro, j’ai immédiatement pensé au Talon de fer de Jacques London parce que, d’une part, il y avait là une écriture simple, directe qui induit la promiscuité avec les protagonistes de la narration et, d’autre part, il y avait l’idée d’un journal interrompu et égaré, puis retrouvé.

Théo, Madeleine, Alexandre, François et les autres… En les suivant dans leurs aventures et leurs expériences, ils et elles deviennent des potes, des compagnons et des compagnes que l’on croise dans les luttes sociales, faisant partie de ceux et celles qui donnent envie de partager l’utopie, les rêves d’un monde meilleur, mais aussi les bagarres pour défendre des convictions et les plus faibles. Comme un, Commune ou rencontres avec des héros et des héroïnes ordinaires, avec aussi Gustave Courbet, Bakounine, Verlaine, Élisée Reclus, Louise Michel, Théophile Ferré, Nathalie Le Mel, Eugène Varlin et beaucoup d’autres… Au hasard des « tribulations ».

Sur ce livre, on pourrait dire aussi causes et conséquences d’une insurrection devenue révolution. La Commune, révolution méconnue que l’histoire officielle tente encore d’occulter, la Commune comme l’insurrection kabyle de 1871 sont des soulèvements et des élans de liberté qui dérangent les autorités.
L’histoire est écrite par les vainqueurs dit-on… En effet, qui se souvient de l’insurrection kabyle de 1871 ? D’où l’importance de romans qui offrent une autre vision de l’histoire, à travers des aventures humaines ; Comme un, Commune ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro de Bruno Bachmann en fait partie comme le roman d’Éric Michel, Pacifique, qui raconte l’amitié d’Akli, le Kabyle, et de Malaterre durant la Commune et jusqu’au bagne en Nouvelle-Calédonie.

Révoltes des peuples, massacres et répression…

« Ils ont adossé des enfants

Contre les murs où l’on fusille ;

Et les voilà tout triomphants

De sauver l’ordre et la famille » (Clovis Hugues)

Horreur et dérision d’une morale à la mesure de la domination et de l’exploitation.

Il n’en reste pas moins des moments où la conscience et l’évidence se retrouvent.

Journal officiel. Paris le 12 avril 1871.

« La Commune de Paris,

Considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité,

Décrète :

Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie. »


L’émission vue par Yona



Ouverture le vendredi 27 février à 18h au Centre Pompidou (Cinéma 2) :
Projection de "Chant public devant deux chaises électriques" (2004) d’Hélène Châtelain en présence de la cinéaste, d’Armand Gatti et de Jean-Jacques Hocquard - Entrée libre

Journées les samedi 28 février et dimanche 1er mars à La Parole errante

Une invitation à (re)découvrir l’oeuvre cinématographique d’Hélène Châtelain, artiste aux mille facettes et au parcours exceptionnel, entre écriture poétique et cheminement libertaire. Comédienne, inoubliable dans La Jetée de Chris Marker (1962), Hélène Châtelain est aussi scénariste, étroite collaboratrice d’Armand Gatti, réalisatrice d’une trentaine de films - citons "Les Prisons aussi" (1973), "Nestor Makhno, paysan d’Ukraine" (1996), "Chant public devant deux chaises électriques" (2004), et de nombreux films liés à l’histoire de la Russie, entrepris notamment avec Iossif Pasternak -, écrivaine ou encore traductrice du russe vers le français. Moment de rencontre fondé sur la projection de films rares ou
méconnus, ces journées amorceront un dialogue avec des cinéastes et ami/es ayant travaillé aux côtés d’Hélène Châtelain ou partageant ses engagements d’hier et d’aujourd’hui.

En présence d’Hélène Châtelain.

Avec la participation, notamment, de : Anne Brunswic (écrivaine), Alain Carou (conservateur des collections vidéo de la BnF), Jean-Jacques Hocquard (La Parole errante), Armand Gatti (écrivain, poète et dramaturge, La Parole errante), Stéphane Gatti (cinéaste, La Parole errante), Nathalie Nambot (cinéaste), Olivier Neveux (professeur en études théâtrales à l’Université Lumière-Lyon 2), Iossif Pasternak (cinéaste), Catherine Perrel (traductrice, co-directrice avec Hélène Châtelain de la collection « Slovo » aux éditions Verdier), Christophe Postic (co-directeur artistique des États généraux du film documentaire de Lussas), Nicolas Rey (cinéaste), Nadja Ringart (sociologue et réalisatrice), Étienne Sandrin (programmateur du cycle « Vidéo et après », Centre Pompidou), Anne Toussaint (cinéaste, Les Yeux de l’ouïe)…

Journées organisées par Hélène Fleckinger (EA ESTCA / Université Paris 8 et Labex Arts- H2H), Isabelle Marinone (Centre Chevrier / Université de Bourgogne-CNRS), Monique Peyriere (Centre Edgar Morin-IIAC/EHESS-CNRS
et Université d’Évry Val d’Essonne) et la Parole errante en partenariat avec le Centre Pompidou / Vidéo et après, la BnF, la Direction du patrimoine du CNC,
le CERCEC (CNRS-EHESS) et l’Association Carole Roussopoulos.

INFORMATIONS PRATIQUES

CENTRE POMPIDOU (CINÉMA 2)
19 rue Beaubourg - 75004 Paris

LA PAROLE ERRANTE
À LA MAISON DE L’ARBRE
9, rue François Debergue - 93100 Montreuil
Métro : Croix de Chavaux (Ligne 9)

PROGRAMME DÉTAILLÉ
http://www.labex-arts-h2h.fr/
http://la-parole-errante.org/

ENTRÉE LIBRE



Appel à l’abrogation de la Loi privant de leur droit d’expression les prisonniers de Pennsylvanie

Pétition en ligne : http://act.rootsaction.org/p/dia/action3/common/public/?action_KEY=10521



Blogue "généraliste" de Claude Guillon :

http://lignesdeforce.wordpress.com