Walter Benjamin. Politiques de l’image. dir. Alain Naze. La Faute d’Ève de Nelly Roussel

jeudi 30 juillet 2015
par  CP
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Walter Benjamin. Politiques de l’image est un ouvrage collectif issu d’un colloque intitulé « Actualité de Walter Benjamin », et les textes présentés ici tournent autour du thème de l’image et de la relation à l’image, très présente dans la pensée de Walter Benjamin. L’image fixe, l’image en mouvement, la perspective, le geste… Beaucoup de questions qui amènent à s’interroger sur les dimensions politique et esthétique de l’image, qu’il s’agisse du cinéma, de l’architecture ou de la photographie…

« Il n’y aurait donc pas, d’un côté, la pensée de Benjamin, qui, à titre d’objets, privilégierait les images, mais il y aurait plutôt la pensée de Benjamin qui, en tant que telle, se déploierait au sein d’images — mieux, s’informerait comme image. »

En compagnie d’Alain Naze, Philippe Roy et Alexandre Costanzo

Walter Benjamin. Politiques de l’image

Sous la direction d’Alain Naze (L’Harmattan)

Alain Naze,

En parlant de cinéma, on entend généralement le film réalisé et diffusé. Rares sont les analyses de la fabrication d’un film, la conception, l’écriture, le filmage, la réalisation, le montage, le mixage, toute la phase « artisanale » et créative de la post production. Le cinéma est une juxtaposition d’images et de sons en évolution, projetée et partagée sur un écran. Sa spécificité réside dans le processus en mouvement qu’il implique, depuis l’écriture — le script, le synopsis, le story-board —, en passant par des strates d’évolutions successives durant le tournage et surtout au cours de la post production où le son et la technique peuvent avoir un rôle déterminant sur la création, c’est-à-dire sur la forme et le contenu cinématographiques.

Philippe Roy

« Le geste est mieux révélé par un film parce que filmer est gestuel » ? Peut-être. Mais « Pourquoi le cinéma aurait cette capacité de pénétrer dans le domaine gestuel ? » Philippe Roy [1]répond : «  Les images sont innervées par un certain nombre de gestes cinématographiques : plongées et remontées de la caméra, coupures et isolements, réductions. Plonger, remonter, couper, isoler, ralentir, accélérer, agrandir, réduire et bien sûr monter (le montage faisant retentir les gestes les uns avec les autres et dans les autres). »

Nous parlerons également, avec Alexandre Costanzo, du « cinéma de la révélation » de Philippe Garrel, un « catalogue de gestes, d’attitudes et de postures qui se succèdent, saturé par des paroles à blanc, nourri de mimiques, de jeux et de scènes de ménage ». Philippe Garrel décrit « les scènes primordiales d’une humanité générique ».

Alexandre Costanzo

Enfin, avec Alain Naze, il sera question d’articulation entre architecture et cinéma, des passages urbains magiques, propices « à toutes les rencontres », qui apparaissent dans trois films de Jacques Demy, Lola, Les parapluies de Cherbourg et Une chambre en ville. Autrement dit, quelle est la « perception face à une architecture, la perception face à un film, et enfin la perception face à un film mettant le spectateur [et la spectatrice] en présence d’une architecture. »

Les films exploreraient le monde que nous avons sous les yeux ? Sans doute soulignent-ils parfois des situations, des faits, des gestes que l’on préfère ignorer, de l’intime au politique. Et l’on revient au titre de l’ouvrage, Walter Benjamin. Politiques de l’image, «  “politiques” de l’image qui doit donc s’entendre comme ce qui pose aussi la question de la politique ».

Et

La Faute d’Ève

Pièce en 1 acte de Nelly Roussel

Interprétée par Nicolas Mourer (Adam), Audrey Jeannot (Ève) et Monique Surel (Ange-juge et metteuse en scène).

La pièce à été donnée dans le cadre du Salon du Livre libertaire, au cours d’une conférence « Théâtre et anarchie », en mai 2014.


[1Philippe Roy est l’auteur de Trouer la membrane. Penser et vivre la politique par des gestes (L’Harmattan).

Nous sommes à l’âge de la membrane, telle est une des thèses politiques que défend et explicite ce livre, ce concept se réclamant à la fois du biopouvoir de Foucault et des analyses de la membrane qui caractérise le vivant selon Simondon. Cette membrane est entrée, après la Seconde Guerre mondiale, dans une nouvelle époque, celle du « vivantisme » (où toutes les formes de vie se valent), du néolibéralisme et des réseaux financiers. Est-ce à dire que toute politique n’est plus que branchée sur la membrane, productrice de celle-ci ou résistance à ses déchirements ?