Comme un, Commune. Ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro

Bruno Bachmann (Petra)
samedi 22 août 2015
par  CP
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« Retrouvé au hasard d’un déménagement temporaire, non loin de ce qui fut la redoute des Hautes-Bruyères, au sud-est de Paris, ce vieux manuscrit poussiéreux comme il se doit, a été retranscrit tant bien que mal par un lointain parent de Théo Fischer… »

Comme un, Commune commence ainsi à la manière d’un mystère à résoudre, d’un roman d’aventures plongé dans le XIXe siècle de la révolte. C’est aussi un journal de la Commune qui raconte, jour après jour, la construction d’un autre monde, plus juste et plus égalitaire, un mouvement insurrectionnel et révolutionnaire qui laisse incontestablement des traces dans les consciences et les luttes.

En découvrant Comme un, Commune ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro, j’ai immédiatement pensé au Talon de fer de Jacques London parce que, d’une part, il y avait là une écriture simple, directe qui induit la promiscuité avec les protagonistes de la narration et, d’autre part, il y avait l’idée d’un journal interrompu et égaré, puis retrouvé.

Théo, Madeleine, Alexandre, François et les autres… En les suivant dans leurs aventures et leurs expériences, ils et elles deviennent des potes, des compagnons et des compagnes que l’on croise dans les luttes sociales, faisant partie de ceux et celles qui donnent envie de partager l’utopie, les rêves d’un monde meilleur, mais aussi les bagarres pour défendre des convictions et les plus faibles. Comme un, Commune ou rencontres avec des héros et des héroïnes ordinaires, avec aussi Gustave Courbet, Bakounine, Verlaine, Élisée Reclus, Louise Michel, Théophile Ferré, Nathalie Le Mel, Eugène Varlin et beaucoup d’autres… Au hasard des « tribulations ».

Sur ce livre, on pourrait dire aussi causes et conséquences d’une insurrection devenue révolution. La Commune, révolution méconnue que l’histoire officielle tente encore d’occulter, la Commune comme l’insurrection kabyle de 1871 sont des soulèvements et des élans de liberté qui dérangent les autorités.
L’histoire est écrite par les vainqueurs dit-on… En effet, qui se souvient de l’insurrection kabyle de 1871 ? D’où l’importance de romans qui offrent une autre vision de l’histoire, à travers des aventures humaines ; Comme un, Commune ou les tribulations de Madeleine et Théo Fischer, du Paris libre de 1871 à Rio de Janeiro de Bruno Bachmann en fait partie comme le roman d’Éric Michel, Pacifique, qui raconte l’amitié d’Akli, le Kabyle, et de Malaterre durant la Commune et jusqu’au bagne en Nouvelle-Calédonie.

Révoltes des peuples, massacres et répression…

« Ils ont adossé des enfants

Contre les murs où l’on fusille ;

Et les voilà tout triomphants

De sauver l’ordre et la famille » (Clovis Hugues)

Horreur et dérision d’une morale à la mesure de la domination et de l’exploitation.

Il n’en reste pas moins des moments où la conscience et l’évidence se retrouvent.

Journal officiel. Paris le 12 avril 1871.

« La Commune de Paris,

Considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité,

Décrète :

Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie. »


L’émission vue par Yona