Celles de 14 de Hélène Hernandez. Deux soirées dédiées à Armand Gatti au Vingtième théâtre

dimanche 20 mars 2016
par  CP
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Celles de 14

La situation de femmes au temps de la grande boucherie

Hélène Hernandez (Les éditions libertaires)

Durant la Première Guerre mondiale — la grande boucherie —, le quotidien de la vie des femmes a été bouleversé. Il est rarement question de l’histoire "enfouie" de ces oubliées. Par bribes, dans certains films, grâce à des témoignages, on apprend leurs luttes — elles sont les seules à faire grève —, leur engagement antimilitariste — les tracts distribués de la main à la main —, leur présence dans les usines — elles remplacent les hommes qui sont au front.

Comment vivent-elles la réalité sociale et économique en temps de guerre : les privations, la perte de leurs proches, les responsabilités nouvelles, une autonomie nouvelle peut-être, mais à quel prix ? Quel est leur rôle dans les mouvements politique, féministe, pacifiste ? Si ces années ont semblé représenter une avancée vers l’émancipation des femmes, qu’en est-il réellement ? La loi de 1920 va les remettre sans ambiguité à leur place… Au foyer pour faire des gosses !

Et

Armand Gatti

Le Cheval qui se suicide par le feu

Le poème de Berlin

Les îles

Deux soirées dédiées à Armand Gatti au Vingtième théâtre au Vingtième théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020

lundi 21 mars et mardi 22 mars à 20h

Par le collectif des metteurs en scène d’Armand Gatti : Mohamed Melhaa, Eric Salama, Matthieu Aubert, Jean-Marc Luneau.

Entretien avec Mohamed Melhaa, Jean-Marc Luneau…

Celles de 14

La situation de femmes au temps de la grande boucherie

Hélène Hernandez (Les éditions libertaires)

Pour illustrer l’ouvrage d’Hélène Hernandez, Celles de 14. La situation des femmes au temps de la grande boucherie, commençons par citer des extraits de la pièce de Monique Surel-Tupin, Guerrières pour la paix, sur la parole des femmes qui ont résisté à la propagande guerrière durant le Premier conflit mondial. Des militantes féministes et antimilitaristes, des femmes qui ont refusé d’être reléguées dans les représentations courantes de l’époque, à savoir la mère courageuse et éplorée, ou encore la munitionnette masculinisée mais toujours féminine, entre autres clichés, avec en prime une hypothétique émancipation par le travail, histoire de faire avaler une exploitation subie par la moitié de la population, c’est-à-dire les femmes, pour l’effort de guerre capitaliste.

« Les soldats qui croient se battre pour leur pays se battent et meurent pour du charbon, du pétrole, du fer, et quelques millions d’hommes tombent pour le profit de quelques industriels qui sortent de l’aventure, couverts d’argents et d’honneurs. » Madeleine Pelletier, féministe, antimilitariste et libertaire. Une déclaration à laquelle la journaliste Louise Bodin fait écho en écrivant : « C’est la guerre qu’il faut combattre. Chaque guerre nous fait faire un pas de plusieurs siècles en arrière ».

Ce en quoi elle ne se trompe guère, car aux revendications féministes pour « le droit à l’instruction, le droit au travail et à l’égalité des salaires, l’abolition de la prostitution, l’émancipation de la femme mariée, la protection de la maternité, parfois même la reconnaissance de l’union libre [et] le droit à la contraception »… Les réponses, à la fin du carnage, sont rapides et d’autant plus brutales : licenciements des femmes qui, durant les années de guerre, avaient tenu des postes réservés aux hommes, ordre de réintégrer fissa leur place au foyer, contrôle des ventres avec la loi criminelle de 1920, pour évidemment une incitation à enfanter en prévision d’une prochaine guerre. Il fallait bien reconstituer le réservoir de chair à canon.

Dans son ouvrage, Celles de 14. La situation des femmes au temps de la grande boucherie, Hélène Hernandez dresse un tableau, un bilan effrayant de la « grande boucherie » : « 18, 6 millions de morts, dont 9, 7 millions [parmi les] militaires et 8, 9 millions [chez les] civils. 1, 7 million pour la seule Francedont 1, 4 million de militaires et 300 000 civils, soit 10 % de la population active masculine, et plus de 4 % de la population totale française. » Sans oublier les 4 millions ½ de blessés militaires, de « gueules cassées » et les 600 000 veuves. « Les catégories les plus touchées par la mort concernent la paysannerie, la jeunesse des écoles et les professions libérales incorporées dans les corps d’officiers. » S’ajoute à ces chiffres qui donnent la dimension effroyable de l’absurdité de la guerre, ceux de la mortalité en augmentation, notamment la mortalité infantile, en raison des privations, et les victimes de l’épidémie de grippe en 1918 et 1919 qui touche une population exsangue et affaiblie.

Il n’en demeure pas moins que la lutte de ces femmes pour la paix est exemplaire dans leur détermination, malgré le retour de bâton et le déni de leur force de revendication dans les années qui ont suivi. Elles ont milité comme féministes, syndicalistes, politiques et pacifistes, elles ont montré le chemin à d’autres femmes, et comme le déclare l’une d’elles : « Pacifiste, oui. On l’a été avant la guerre, on l’est pendant, on le sera après. »

Et

Armand Gatti

Le Cheval qui se suicide par le feu

Le poème de Berlin

Les îles

Deux soirées dédiées à Armand Gatti au Vingtième théâtre au Vingtième théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020

lundi 21 mars et mardi 22 mars à 20h

Le cheval qui se suicide par le feu. Une métaphore du socialisme qui lui-même se détruit. L’utopie qui s’abîme en goulags staliniens et en internements. La métaphore a des résonances étranges aujourd’hui avec une idéologie totalement détournée, des mots ayant perdu leur sens véritable et ne conservant que les restes d’une façade, sans fond, ni contenu.

Une métaphore, un pamphlet et des allusions aux idées libertaires, on connaît la passion d’Armand Gatti pour Durruti, Makhno et d’autres…

Depuis plusieurs années, un groupe de metteurs en scène se retrouve autour des textes d’Armand Gatti, et leur démarche rend compte de la tension du poétique et du politique, imprimée dans son œuvre.

Le projet est donc de consacrer deux soirées aux créations d’Armand Gatti en réunissant plusieurs troupes venues de Montpellier, Strasbourg, Genève, Montreuil et Paris, plusieurs metteurs en scène, plusieurs facettes de l’œuvre du poète dramaturge.

Au programme : Le cheval qui se suicide par le feu, Le poème de Berlin, Les îles… Mise en scène : Jean-Marc Luneau, Eric Salama, Rachid Belkaid, Mathieu Aubert, Mohamed Melhaa.

Avec le concours de 32 comédiens amateurs, professionnels, étudiants, de l’association Ideokilogramme de Montpellier, du département théâtre de l’université de Strasbourg, du Groupe Topo de Montreuil, des amis de Neuchâtel (compagnie le Jardin qui rêve) et de Genève.

Deux soirées au Vingtième théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020 lundi 21 mars et mardi 22 mars à 20h Réservation : 01 48 65 97 90 et 06 12 25 52 85

Entretien avec Mohamed Melhaa, Jean-Marc Luneau…



Les 3 exils d’Algérie, une histoire judéo-berbère

par Manifeste Rien, d’après Benjamin Stora, mise en scène Jérémy Beschon

Dimanche 20 mars, 17 H, à la Bellevilloise Paris 20 ème

Un voyage entre mémoire et histoire, entre quête personnelle et enquête historique..

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Info et réservation : manifesterien@gmail.com