Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails et Visionnaires de Taïwan. Art brut, art populaire insolite et visionnaires autodidactes de l’île de Taïwan de Rémy Ricordeau. L’AUTRE 8 MAI 1945

dimanche 8 mai 2016
par  CP
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Un livre, un film…

Après Benjamin Péret, poète c’est-à-dire révolutionnaire, Rémy Ricordeau, réalisateur et passionné de l’art brut, nous propose Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails (L’Insomniaque).

Un couple de paysans de l’Aubrac crée et installe des centaines d’épouvantails autour de leur maison. Tout un monde que Rémy Ricordeau va filmer. Liberté et création, c’est le nœud de l’histoire d’une balade pas comme les autres.

Autre publication de Rémy Ricordeau, qui poursuit sa recherche sur l’art brut, populaire et insolite avec :

Visionnaires de Taïwan. Art brut, art populaire insolite et visionnaires autodidactes de l’île de Taïwan (L’Insomniaque).

Magique et fascinant !

En seconde partie des chroniques rebelles :

L’AUTRE 8 MAI 1945

avec Olivier Le Cour Grandmaison et M’hamed Kaki qui présentent un appel à rassemblement pour un autre 8 mai, place du Châtelet.

«  Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants. » Les manifestations pacifiques de Sétif, Guelma et Khératta réprimées dans le sang.

Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails Rémy Ricordeau (1 livre et un DVD)

Et toujours dans la collection la petite brute de L’Insomniaque

Visionnaires de Taïwan.
Art brut, art populaire insolite et visionnaires autodidactes de l’île de Taïwan

Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails. Et voilà que sous nos yeux se dressent des personnages sortis de terre et des songes, une communauté étrange de lutins, de djins, de gardiens de la nature et d’une maison paysanne nichée sur la pente d’une colline. Les mannequins s’intègrent au décor comme les personnages d’une comédie bucolique et fantasque, dans une immobilité en mouvement. Les vaches passent pour rejoindre leur pâturage sans prêter attention à tous ces épouvantails qui semblent les surveiller du coin de l’œil, grand ouvert et bordé de longs cils candides.

C’est l’ouverture du film, Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails, réalisé par Rémy Ricordeau, passionné d’art brut, d’art «  instinctif ». Pour Denise et Maurice, il s’agit de récupération créative et d’inventivité à partir de matériaux inattendus et recyclés pour cause d’« embellir la nature ». Autrement dit, c’est un art simple, naturel, spontané, comme jailli d’une imagination à la fois enfantine, vécue, libérée du besoin de reconnaissance et donc sans limites.

Parce qu’il en faut de l’imagination à Denise pour donner du caractère à toutes ces formes, ces personnages, ces animaux imaginaires qu’elle crée. Elle les peint, les maquille, les grime, les habille comme si elle anticipait, à partir d’un simple morceau de bois, la mutation qui va s’opérer. Denise a déjà tout en tête et décide : « Ça, ce sera une nénette. »

Tous ces personnages — et « Y en a du monde !  »— ont une personnalité propre ; les voilà qui sortent aux beaux jours pour fêter le printemps, animent le flanc du coteau, se perchent aussi dans les arbres, et tout ce petit monde se retrouve dans un décor recréé à partir de bouchons, de capsules et autres objets usuels — vive la récup ! —, qui finalement se transforment, se recyclent et s’enjolivent dans une nature simple et rude. Et Denise de constater : « C’est un peu notre famille ».

Quand même : « il faut avoir un peu d’idées dans sa tête et savoir occuper ses mains » ajoute-t-elle, tandis que Maurice prépare la matière brute, le bois, avant la transformation, la naissance d’une multitude d’épouvantails, de poupées, de mannequins, d’animaux qui demeurent et même s’entassent dans un hangar, un « musée », enfin dans une sorte de caverne d’Ali Baba où l’on s’attend à les voir s’animer d’un coup pour aller se faire une balade dehors et se planter devant le paysage de l’Aubrac.

Mais bon, il faut attendre le printemps !

Et

APPEL À RASSEMBLEMENT
L’AUTRE 8 MAI 1945

Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Khératta et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. C’est après cette répression massive que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes Européennes.
Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’État ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire.

Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était «  injuste  » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945. Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. TODESCHINI, demeure très en deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’État de reconnaître ces massacres comme crimes d’État. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre et d’Ivry-sur-Seine.

Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d’État de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s’est constitué. Outre cette reconnaissance, il demande : l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’État et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Éducation nationale comme dans les médias publics.

Nous appelons à un RASSEMBLEMENT UNITAIRE, le 8 mai 2016 à 16h00 Place du Châtelet.