Suzie Justice d’Isabelle Langerome. Et textes lus par Nicolas Mourer

La règle du jeu de Marie-Victoire Louis. Ils ont tué l’albatros d’André Bonmort
mercredi 29 mars 2017
par  CP
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Suzie Justice Isabelle Langerome (éditions Pierre Philippe)

La trame de l’enquête policière de Suzie Justice est le prétexte pour l’auteur, d’aborder d’une façon toute personnelle, une réalité sociale malheureusement toujours d’actualité. Petite fille, adolescente, mère, quelle femme n’a pas été victime de la violence des hommes au cours de sa vie ? Partant de ce constat, le roman soulève cette question cruciale : doit-on se faire justice soi-même ?

4 novembre 1992, au matin est découvert sur un lit de feuilles et de terre trempée un cadavre atrocement mutilé, dévoré dans les bois de Piégut-Pluviers, petit village de Dordogne. Là-même où Suzie Lange, 13 ans, vagabonde et s’entraîne au tir au fusil. A-t-elle un lien avec ce meurtre ? L’enquête ne le dira pas…

12 novembre 2014, l’orage éclate dans le 12e arrondissement de Paris. Une autre Suzie, aussi toquée que timorée, orpheline à 18 ans, brave la pluie pour se rendre comme chaque après-midi à son magasin d’alimentation. Mais sous le tunnel Proudhon, un homme l’agresse, lui montre son sexe, promène ses mains sur ses seins. Comment lui échapper ?

Au même moment, la capitaine Lange, tout juste promue au commissariat de Police Daumesnil, se débat avec l’affaire d’un serial killer, lorsqu’elle reçoit un appel anonyme qui la replonge brusquement dans les affres de son enfance douloureuse, un certain jour de novembre…

Entretien avec Isabelle Langerome.

La règle du jeu de Marie-Victoire Louis par Nicolas Mourer


Ils ont tué l’Albatros d’André Bonmort (2 extraits lus par Nicolas Mourer)

Aujourd’hui, la langue semble se réduire au spectaculaire, vide de convictions, de poésie et de sens critique. On ne parle pas assez de poésie, surtout si elle se fait résistante à l’appauvrissement de la langue, des images et de l’imagination.
Or voici qu’un texte, un manifeste plutôt, nous surprend par son écriture créatrice et son envie de bousculer les habitudes consensuelles de ce que l’on doit applaudir ou pas, aimer ou pas.

Ils ont tué l’albatros est une suite de textes poétiques d’André Bonmort (publié aux éditions Sulliver). Interprétation : Nicolas Mourer.

Musiques : BO Étoile du jour, Soleil noir, et Philip Glass, Choosing Life

Cinéma :

Jazmin et Toussaint de Claudia Sainte-Luce (Mexique - France, 2016, 1h41) (29 mars)
À 60 ans, en raison d’une santé fragile, Toussaint doit s’installer chez sa fille Jazmin, qui vit à Mexico. D’origine haïtienne, Toussaint n’a jamais été capable de prendre racine nulle part. Il n’a pas été un père aimant et est un parfait inconnu pour Jazmin. Au gré de cette cohabitation forcée, Toussaint recompose le puzzle de son passé sous le regard tantôt sévère, tantôt bienveillant de sa fille. Il permettra à Jazmin d’aller de l’avant avec sa propre vie. Un film intimiste sur la relation fille/père.
Jazmin et Toussaint a été sélectionné pour les 29e Rencontres de Toulouse, Cinelatino qui se terminent le 26 mars.

Félicité d’Alain Gomis (29 mars 2017). Une femme paye cher son autonomie, comme artiste et comme mère déterminée à sauver la vie de son fils. Entre les séquences rêvées, la réalité et des émotions intenses, se déroule une tragédie ordinaire, ponctuée par un orchestre classique dans un rôle de coryphée. C’est la tragédie de Félicité, chanteuse, et un portrait de femme indépendante dans une Afrique que l’on voit rarement. Le film d’Alain Gomis, foisonnant et intense, a obtenu le Grand prix du jury à la Berlinale. (29 mars 2017)

Les mauvaises herbes de Louis Bélanger (5 avril 2017). Comédie ironique et irrévérencieuse sur une amitié intergénérationnelle et… la culture du cannabis. Elle met en scène Jacques, comédien de théâtre endetté et accro au jeu, Simon, vieil ermite planteur de cannabis et Francesca, jeune femme lesbienne. Et voilà notre trio improbable en plein délire et s’occupant avec soin de culture illicite quand, soudain, apparaît le méchant, l’usurier de Jacques venu de Montréal lui faire la peau… Beau langage, le canadien dans toutes ses belles expressions… Surprises et rire assurés.

L’Opéra. Film documentaire de Jean-Stéphane Bron. (5 avril 2017) C’est toute une saison filmée, entre scènes et coulisses de l’opéra, Bastille et Garnier. Étonnant, passionnant, féerique, critique, drôle, le film se penche sur les aspects multiples de la création : l’organisation, les difficultés, les défis surmontés, les engagements d’une prestigieuse institution de service public. Mais l’opéra est-il abordable pour tout le monde ? La production est-elle compatible avec cet engagement ? Le film de Jean-Stéphane Bron va au-delà du travail des artistes, et propose plus largement une réflexion sur l’importance de l’art dans une société. Un documentaire absolument génial par le fond, la forme, un montage remarquable, et l’humour. Une œuvre originale et inoubliable.

Corporate de Nicolas Silhol. (5 avril 2017) Un film très fort sur les dérives de ce fameux management dont le discours entrepreneurial est farci, et les sbires, des tueurs ou tueuses, qui font le sale boulot de virer les salarié.es à moindre frais. En l’occurrence, il s’agit d’une tueuse, ou d’une killeuse pour parler dans l’air du temps, une ambitieuse à souhait qui est utilisée pour la besogne. Ce qui pose la question : quelle est la part de responsabilité de ceux et celles qui poussent des salarié.es à quitter leur emploi pour éviter le paiement d’indemnités à l’entreprise ? Quelle est l’implication d’un/une DRH lorsqu’un.e salarié.e se suicide ? La « complexité de cet enjeu juridique et éthique » a initié le film et met en scène une femme ambitieuse, confrontée à la fois à l’inspection du travail et à sa hiérarchie. Une enquête incisive sur les pratiques actuelles dans le monde du travail. Un vrai suspens dans lequel qui est pris qui croyait prendre. Il faut choisir : rester corporate à tout prix, sauver sa peau ou pouvoir continuer à se regarder dans la glace ?

Dans le Monde Libertaire, on parle aussi de cinéma : dans le n° de mars :
— Une « PETITE LEÇON DE CINEMA » avec la 39e édition du Festival du court métrage (Clermont-Ferrand) ;
— Le cinéma roumain avec Fixeur d’Adrian Sitaru
— Terre de roses. Le combat de femmes kurdes pour la liberté de Zainê Akyol
— De l’après-guerre et de la difficulté à se reconstruire avec Cessez-le-feu d’Emmanuel Courcol, Les oubliés (Land of Mine) de Martin Zandvliet, Lettres de la guerre (Cartas da guerra) de Ivo M. Ferreira, Tramontane de Vatche Boughourjian, Tombé du ciel de Wissam Charaf et Wrong Elements de Jonathan Littell.

Dans le Monde Libertaire du mois d’avril, il sera question,
— de « sang, de sexe et de transgression » avec un retour remarqué des Teen moovies : Mate-Me Por Favor (Tue-moi s’il te plaît) d’Anita Rocha Da Silveira, Grave de Julia Ducournau, Mean Dreams de Nathan Orlando, Fiore de Claudio Giovannesi.
— de masculinité et homosexualité avec deux films : Les Initiés de John Trengrove et Plus jamais seul d’Alex Anwandter.